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Der Schlüssel Zu Meinem Paradies
Par Sasha Hypnophile
Tokio Hotel  -  Romance/Mystère
9 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 2     Les chapitres     3 Reviews    
Chapitre 2

Auteur : Sasha

Titre :Der Schlüssel Zu Meinem Paradies La clé de mon paradis, merci à X-HEILIG-Xpour la traduction

Disclamer : Ben les membres du groupe Tokio Hotel ne m’appartiennent pas... heureusement pour eux d’ailleurs... par contre le reste de ma fiction oui, alors si vous voulez en utiliser des bouts, ou l’intégralité pour... ben chais pas moi, qu’est-ce qu’on peut faire avec une fiction ? A méditer...

Bref, prévenez moi

Rating : Yaoï/Slash et twinceste, vous êtes prévenus.


Chapitre 2

Il avait marché le reste de la nuit, jusqu’à ce qu’il trouve un arrêt de bus qu’il considérait comme suffisamment loin de l’orphelinat. Le jour se levait à peine, et emmitouflé dans la capuche de son sweat, il attendait tous les sens en éveil. L’argent était quelque chose qu’il n’avait jamais eu, le seul qu’il ait vu c’était les pièces que donnaient les gens à la quête. Mais il avait eu de la chance, quelques pièces traînaient sur le coin d’un bureau du secrétariat, oubliées par un employé distrait. L’adolescent fit jouer les petits ronds de métal brillant au creux de sa paume. Il n’avait même pas deux euros, tout juste suffisant pour atteindre les banlieues plus proches de la ville. Il ne pourrait même pas atteindre le centre ville, lui qui voulait aller le plus loin possible il allait devoir s’en satisfaire.

Le bus arriva enfin, et l’adolescent après avoir prit son billet sous l’œil méfiant du conducteur, s’assit au fond contre la vitre, se tassant sur son siège, son visage fin enfoncer dans sa capuche. Il ne manquerait plus qu’on le reconnaisse et qu’on le force à y retourner. Normalement il pouvait faire ce qu’il voulait. Normalement. Mais bien qu’il ait eu dix-huit ans quelques semaines auparavant, sa méfiance restait éveillée. Après tout il s’était tout de même enfuit... on n’était jamais trop prudent.

Le ronronnement du moteur aurait pu l’assoupir, lui qui n’avait pas fermé l’oeil de la nuit, mais le jeune homme était trop avide de voir le monde pour dormir. Dans la nuit il n’avait rien pu observer, mais à présent il dévorait tout des yeux. Les maisons, pourtant modestes, l’émerveillaient et il enviait les gens qu’il voyait marcher sur les trottoirs tranquillement, sans sembler craindre quoique ce soit. Il épiait à la dérobée les autres passagers du bus, observant intrigué, les costards un peu froissés des bureaucrates fatigués, les sac à mains éraflés des vieilles dames ridées, ou encore les talons hauts des serveuses endormies. L’horloge du bus indiquait huit heures quand le véhicule pénétra dans les banlieues nord de la ville 1. Des adolescents grimpèrent dans le bus, et l'orphelin les détailla avec curiosité et étonnement. Ils ne paraissaient pas si différents de lui-même. Seuls leurs téléphones portables et leurs lecteurs MP3 qu'ils bidouillaient en permanence les différenciaient réellement. Leurs vêtements aussi, plus beaux, plus neufs.

Le regard de l'adolescent solitaire s'était accroché au blouson de cuir d'un garçons, et il ne pouvait s'empêcher de le contempler, fasciné par la matière à la fois sombre et luisante.

C'était beau et il aimait ça.

Il aimait ça, la liberté décidément.

Un sourire aux lèvres il caressa la petite clé attachée à un cordon autours de son cou.

Il était temps de l'utiliser.

Cette clé de la liberté.

Cette clé vers son paradis à lui.

Le jeune homme se mordilla anxieusement la lèvre inférieure. Bientôt le bus arriverait à l'arrêt au-delà duquel il ne pouvait rester dans le transport en commun. Bien sur il ne savait pas que personne n'allait contrôler son billet à sa sortie, ni que les contrôleurs ne travaillaient jamais sur cette ligne aussi tôt le matin. Il descendit donc à l'arrêt suivant.

Le bus s'éloignait dans les rues, et le jeune homme le regardait angoissé depuis l'abribus. Et maintenant, que faire ? Il inspecta les alentours, la rue était déserte, bordée de hauts immeubles sur lesquels s'alignaient balcons et fenêtres. Une voiture passa et le bruit du moteur résonna longtemps dans le silence. Il était presque neuf heures, les enfants et les adolescents devaient être en cours, et les adultes au travail, pensa le jeune solitaire. Il avait eu dans l'idée d'aller chez son ancien professeur pour lui demander conseil, mais à présent qu'il y était il se rendit compte qu'il n'avait aucune idée d'où celui-ci pouvait bien vivre. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il habitait dans les banlieues nord. Mais il ne savait pas que les banlieues nord étaient aussi grandes.

La panique commença doucement à s'insinuer en lui. Que pouvait-il bien faire ? Il n'y avait même pas un passant à qui demander... demander quoi ? Il ne savait même pas.

Une idée lui vint soudainement. Il ne connaissait que le nom et le quartier où habitait le vieil homme, mais c'était suffisant pour trouver son adresse dans un annuaire. Tout content et tout fier de sa trouvaille, l'adolescent se dirigea d'un pas guilleret vers l'immeuble le plus proche. Il devait bien y avoir au moins une personne avec un annuaire à prêter dans cet immeuble.

Le hall d'entrée, plutôt lugubre, l'effrayait un peu mais ne fit pas faiblir son désir de monter les marches. Dix minutes plus tard il escalada les marches qui menaient au deuxième étage, personne n'avait répondu à ses coups de sonnettes au premier. Alors qu'il allait sonner à la première porte qu'il vit sur le palier, des bruits de vois lui parvinrent d'un autre appartement, au fond du couloir. Heureux d'avoir enfin trouvé quelqu'un, il se dirigea vers la porte d'où provenaient les éclats de voix. Il allait sonner quand il se rendit compte que la porte était déjà entrebâillée, et cédant à la curiosité il jeta un coup d'œil dans l'habitation. Plusieurs hommes, assez jeunes d'après ce que pouvait voir l'orphelin, semblaient se disputer, deux d'entre eux étaient dos à la porte, un autre de profil. Leurs voix résonnaient dans la pièce, et bien qu'il ne comprenait rien à ce qui se disait, la tension palpable donna des sueurs froides à l'adolescent caché dans le couloir. Une quatrième voix retentit soudain, faible et suppliante, et il bougea derrière la porte pour voir la quatrième personne. Il eut à peine le temps de se demander pourquoi le dernier homme était à genoux par terre, qu'un des trois autres lui donna un violent coup de poing dans la figure. Et soudain les trois hommes se mirent à le frapper, le rouant de coup, les pieds et les poings s'abattant sur le corps de l'homme recroquevillé sur le sol.

L'adolescent contemplait la scène avec horreur, c'était la première fois qu'il voyait autant de violence s'abattre sur un homme. Il recula dans le couloir, mais le crissement de ses vieilles baskets sur le sol attira l'attention d'un des agresseurs. Et quelques minutes après, le jeune homme courrait de toutes ses forces dans la rue, poursuivis par deux des hommes. Se faufilant entre les voitures et les bancs publics, il s'enfuyait à travers des rues qu'il ne connaissait pas. Malheureusement pour lui, les deux hommes eux connaissaient le quartier, et il se retrouva bientôt dans un cul de sac.

Les coups se mirent à pleuvoir, les insultes aussi, sans que le jeune homme ne comprenne rien à ce déluge de violence qui s'abattait sur lui. Un coup plus fort lui fit heurter un mur de plein fouet, et il s'évanouit.

Lorsqu'il rouvrit les yeux un peu plus d'une dizaine de minutes plus tard, les deux hommes avaient disparus, tout comme son sac. Hébété il se redressa douloureusement, une belle bosse à l'arrière du crâne, des hématomes sur tout le corps et notamment un sur la pommette gauche, accompagnés d'éraflures, et une coupure assez profonde à la lèvre inférieure. Mais ce qu'il l'inquiétait le plus c'était son flanc droit. Il s'y était déjà fait un beau bleu en s'évadant par le soupirail la nuit d'avant, mais là ça lui faisait beaucoup trop mal pour un simple bleu. A travers ses souvenirs entrecoupés de l'agression il se rappela nettement d'une barre de fer rouillée qui s'abattait sur lui. D'ailleurs elle était juste là cette barre de fer, un bout hérissé et piquant traînant sur les pavés sals. Un frisson glacé lui traversa soudain le dos. S'ils l'avaient frappé avec ça... il n'osait à peine imaginer l'état de son corps.

Il posa avec douceur la paume de sa main droite contre son flanc douloureux, et sentit quelque chose d'humide contre ses doigts. L'ombre dans laquelle était plongé le fond de l'impasse, l'empêchait de voir exactement ce qu'il avait, et il avança précautionneusement jusqu'à la rue plus illuminée. Caché derrière un vieux conteneur abandonné, il inspecta avec réticence son torse. Son sweat bleu marine avait une tache plus foncé au niveau de ses côtes, et l'adolescent le souleva anxieusement en même temps que son T-shirt. Une bonne partie de la peau de son flanc droit était meurtrie et bleuissait, une coupure qui lui paraissait assez profonde saignait le long de ses côtes. Prenant son courage à deux main, le jeune homme entreprit de se tâter doucement, et après de nombreuses grimaces de souffrance et quelques larmes, il parvint soulagé à la conclusion qu'il n'avait rien de cassé. Une chance.

Par contre il lui serait beaucoup plus difficile de passer inaperçu dorénavant. Non seulement il avait les vêtements tachés de sang, sang qu'il perdait d'ailleurs même si l'hémorragie s'atténuait doucement, mais en plus il avait le corps et le visage couvert de bleus et d'éraflures. Etat qui dissuaderait n'importe qui de l'aider, constata-t-il en regardant son reflet dans une flaque d'eau boueuse à ses pieds. Il poussa un profond soupire et redressa la tête.

Son regard tomba sur la poubelle face à lui, la manche d'un pull en dépassait. Un pull qui lui semblait très familier. Se précipitant sur la poubelle, il constata plusieurs de ses affaires s'y trouvaient. Son vieux pull d'hivers, deux T-shirt déchirés par les soins de ses agresseurs, une paire de chaussettes, son vieux sac se cuir raidi par le temps (Sûrement invendable, pensa avec joie l'orphelin), et... son carnet ! Le petit carnet à la couverture en imitation cuir noir qui lui avait été offert à son dernier noël. Rare cadeau dans lequel il notait un peu de tout, ses pensées, ses espoirs, des phrases qu'il aimait, de lui ou d'autres... Carnet qui, avec la clé autours de son cou, était ce qu'il avait de plus précieux au monde.

Soudain plus joyeux, le jeune homme fourra toutes les affaires retrouvées dans le vieux sac qu'il passa en bandoulière, avant de s'éloigner en rasant les murs. Il fallait qu'il trouve un endroit sur, où personne ne viendrait le déranger.

Quelques rues plus loin, il trouva ce qu'il cherchait : un petit escalier qui menait à des caves visiblement plus utilisées depuis longtemps, protégé par un petit portique rouillé qu'il n'eut aucun mal à enjamber. Assis sur les dernières marches, à l'abri des regards, il entreprit de se faire un bandage autours du torse, espérant ainsi stopper le saignement de sa blessure. Les vieux T-shirts déchirés et la paire de chaussette furent réduit en bandes, et entourèrent bientôt le corps maigre de l'adolescent. Une fois le pansement rudimentaire fait, il y glissa sur le coté gauche (en plus ou moins bon état) son petit carnet ainsi que sa carte d'identité.

Mort de fatigue par sa fuite, la course dans la nuit, l'agression et ses blessures, l'adolescent se cacha aussi bien qu'il le pu derrière des cageots abandonnés au pied de la porte menant aux caves. Et roulé en boule, son sac serré conter lui, sa petite clé niché au creux de sa peau frissonnante, il s'endormit sur le béton froid et sal de son refuge, dans une rue sans nom de la grande ville.

A suivre...

1- Je n’ai aucune idée de comment est structurée la ville de Berlin, alors j’arrange à ma sauce ! Si vous connaissez, ou que vous y habitez, ne vous vexez pas s’il vous plait ^^"

 
 
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