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Der Schlüssel Zu Meinem Paradies
Par Sasha Hypnophile
Tokio Hotel  -  Romance/Mystère
9 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 3     Les chapitres     3 Reviews    
Chapitre 3

Auteur : Sasha

Titre :Der Schlüssel Zu Meinem Paradies ( La clé de mon paradis, merci à X-HEILIG-Xpour la traduction)

Disclamer : Ben les membres du groupe Tokio Hotel ne m’appartiennent pas... heureusement pour eux d’ailleurs... par contre le reste de ma fiction oui, alors si vous voulez en utiliser des bouts, ou l’intégralité pour... ben chais pas moi, qu’est-ce qu’on peut faire avec une fiction ? A méditer...

Bref, prévenez moi

Rating : Yaoï/Slash et twinceste, vous êtes prévenus.


Chapitre 3

Ce qui le réveilla, ce fut la faim. Il faisait toujours jour lorsqu'il ouvrit les yeux, mais le soleil commençait déjà à se coucher. Il avait du dormir six ou sept heures, peut-être un petit peu plus, il n'avait plus vraiment conscience du temps. Ses agresseurs avait prit toute la nourriture qu'il avait lui-même volé, il ne lui restait plus rien. Après avoir soufflé un bon coup, il se releva et remonta l'escalier en passant son sac autours de son cou et de son bras gauche. Grimaçant de douleur, il se faufila dans les rues la main droite appuyée contre ses côtes blessées. Son ventre criait famine, il n'avait rien mangé depuis la veille au soir, pourtant malgré ses recherches il ne pu trouver quoique ce soit à manger. La faim lui tiraillait les entrailles, et la douleur l'empêchait de réfléchir correctement. A bout de forces, il finit par se laissa glisser le long d'un mur, et s'endormit derrière un vieux camion garé sur le trottoir.

L'aube le réveilla le lendemain, il avait toujours terriblement faim, mais le sommeil qu'il avait rattrapé lui donnait à présent la force suffisante pour aller chercher de la nourriture. Par chance il trouva rapidement une petite place où plusieurs commerces entouraient un supermarché. Observant les allées venues depuis le recoin sombre d'une rue, il se rendit vite compte qu'il n'avait aucune chance de voler quoique ce soit dans le supermarché. Même pas sur que le vigil le laisse entrer. Ce fut un chat qui vint à sa rescousse, sans le vouloir. Maigre, famélique et presque redevenu sauvage, l'animal semblait suivre à l'odorat une piste qui le conduisit dans une petite ruelle derrière une boulangerie. Décidant de faire confiance à l'instinct du chat de gouttière, l'adolescent le suivit discrètement. Et il eut raison car il trouva bientôt les poubelles de la boulangerie, sur lesquelles le chat grignotait un vieux reste de ce qui ressemblait vaguement à de la pizza. Hésitant un instant, l'adolescent l'observait mi-résigné, mi-dégoûté, la faim au ventre. Un bruit de pas se rapprochant me décida, et il attrapa un bout de pain avant de s'enfuir en courant. La peur au ventre, il courut longtemps à travers les rues froides, le pain rassit serré contre lui. Lorsque après de nombreuses minutes il fut sur de pas avoir été suivit, il marcha plus calmement, mâchonnant le pain dur. Son flanc droit lui faisait affreusement mal, un mélange de tiraillements et de brûlures, mais le jeune homme s'efforçait de ne pas y penser, s'enfonçant dans les rues. Il avait marché jusqu'à ce que la nuit l'enveloppe à nouveau de son manteau d'obscurité et de froid, jusqu'à ce que la douleur et la fatigue l'empêchent d'avancer, jusqu'à ce qu'il s'effondre dans la rue, contre l'escalier branlant d'un échafaud.

Ce fut à nouveau la faim qui l'éveilla, la faim et le froid.

L'hiver était déjà là, et le froid acheva de plonger l'adolescent dans une longue nuit noire te solitaire dont il ne voyait pas la fin. Sa blessure ne cicatrisait pas bien et il fut rapidement prit d'une fièvre qui ne le lâchait pas. Dans les brumes de son esprit, seules trois choses restaient claires : il devait trouver à manger, toujours tout le temps la faim étant devenu une obsession tellement elle le tiraillait, il devait essayer de se protéger du froid, qui s'insinuait jusque dans ses os, et il devait avancer. Avancer toujours plus loin, ne jamais s'arrêter, fuir, échappé à ces mains invisibles qui voulait l'attraper et l'emmener quelque part où il se sentait enfermé... déchiré.

Il finit par ne plus faire la différence entre ses délires fiévreux et la réalité, tout semblait appartenir à un long cauchemar froid et douloureux.

Voler de quoi se nourrir devenait de plus en plus difficile, perdu dans les limbes de ses rêves éveillés, il ne faisait plus attention à l'heure, aux lieus et encore moins aux autres. D'ailleurs les autres ne le voyait pas... ou si peu.

Ce n'était plus qu'un adolescent blessé et fiévreux, délirant et voleur, frigorifié et encrassé, perdu et abandonné.

Et lorsque la première neige tomba, elle le recouvrit de son manteau blanc alors qu'il dormit d'un sommeil fragile, recroquevillé contre une benne à ordure. Le froid le transperça si cruellement, qu'il se réveilla en sursaut et se mit à courir aussitôt dans les rues, ne réfléchissant pas, son instinct lui hurlant de bouger pour ne pas mourir.

Il cessa de neiger, l'aube était apparut entre-temps, et l'orphelin se mit doucement à pleurer sous le doux soleil qui chauffait sa peau. C'était si douloureux, cette chaleur fragile après tout ce froid.

Ce fut à ce moment précis, que tout bascula.

Il se tenait là, debout sur le trottoir, il était encore tôt et pourtant de nombreuses voitures roulaient déjà sur la route. Il n'entendit pas la porte de l'immeuble s'ouvrir avec fracs derrière lui, il n'entendit pas la voix d'un adolescent crier quelque chose dans la brume du matin, il n'entendit pas les talons d'une femme claquer sur le trottoir alors qu'elle le traversait à grandes enjambées. Mais par contre il vit cette femme commencer à traverser la rue en fouillant dans son sac, et il vit la voiture arriver à toute vitesse. Et dans son esprit enfiévrer, une voix, sa voix, hurla. Sans réfléchir, il en était de toutes façons incapable, il attrapa violement le bras de la femme et la tire brutalement vers lui. Elle trébucha contre lui et la voiture passa en trombe, klaxonnant et faisant voler le manteau de la femme éberluée.

- Oh mon dieu... oh mon dieu...

Ce n'était apparemment tout ce qu'elle pouvait dire. L'adolescent qui avait crié depuis le perron de l'immeuble derrière eux, arriva en courant, et se mit à crier, la voix tremblante de peur. Elle se mit à pleurer.

Le bruit des sanglots, les cris angoissés du jeune à ses côtés, les voitures que roulaient si vites près d'eux, l'odeur forte de l'essence dans le froid, le vent glacial qui s'était soudain levé, et ce soleil, ce soleil sur sa peau, dans ses yeux, ce soleil qui brillait si fort, si fort dans sa tête...

Lorsque l'orphelin reprit connaissance, sa tête tournait tellement qu'il se demanda un instant s'il rêvait encore. Sa vision flou lui donna la vue de ce qui ressemblait à un ciel très blanc. Il eut quelques secondes de blanc, avant de se rendre compte qu'il s'agissait d'un plafond. Mais qu'est-ce qu'un plafond faisait dans la rue ? Il n'eut pas le temps d'y réfléchir, une douleur aigue lui transperça la tête alors qu'il essayait de la tourner. Il sombra à nouveau dans l'inconscience.

Ce qui le réveilla la seconde fois ce fut la sensation d'avoir un poisson mort sur le visage. Et il ne pouvait ouvrir les yeux car le poisson pesait trop lourd sur ses paupières. Ses lèvres sèches et craquelées par le froid s'ouvrirent difficilement et il ne réussis qu'à émettre un râle rauque. Cela sembla néanmoins suffisant pour faire comprendre au poisson qu'il était indésirable, puisqu'il disparut soudainement. Il se rendit alors compte qu'une voix résonnait autours de lui. Mais il n'arrivait pas à saisir le sens de ce qu'elle disait, tout allait trop vite, ou trop lentement, il ne savait plus.

Il avait soif, et pour l'instant c'était la seule chose dont il fût sûr et certain.

Ses lèvres sèches étaient si gercées par le froid qu'il avait du mal à les remuer, et sa langue pâteuse l'empêchait de déglutir et de soulager ainsi sa gorge en feu. La personne près de lui sembla comprendre qu'il avait soif, car il sentit un bras s'enrouler autours de lui pour le redresser légèrement. Rapidement la fraîcheur d'un verre rencontra ses lèvres meurtries et de l'eau vint doucement couler contre la langue. Il but lentement et longuement, sans avoir aucune notion du temps, appréciant seulement le liquide coulant dans sa gorge.

On finit par le rallonger et il se rendormit sereinement cette fois-ci.

Quand pour la troisième fois il se réveilla, il avait l'esprit un peu plus clair, bien que ça vue reste toujours troublée par la fièvre. Lentement il cligna de yeux et se redressa difficilement sur un coude pour regarder autours de lui. Il se trouvait dans ce qui ressemblait à un salon, allongé sur un canapé, une table basse avec un verre vide à ses côtés et un peu plus loin ce qu'il identifia comme une télévision, mais ça vue était trop brouillée pour qu'il puisse distinguer quoique ce soit d'autre. Quelqu'un apparut soudain dans son champ de vision, c'était apparemment un adolescent, il souriait gentiment et une sorte d'aura dorée semblait émaner de son visage. Il s'approcha de l'orphelin, et celui-ci loucha pour mieux le voir, mais rien à faire ses yeux demeuraient trop brouillés. Il s'approcha de l'orphelin et lui offrit un nouveau verre d'eau, mais il lui glissa avant un comprimé entre les dents.

- Ça va faire baisser ta fièvre.

L'orphelin avala docilement le médicament et but goulûment le verre d'eau, fixant le jeune homme qui l'aidait, essayant désespérément de comprendre pourquoi il semblait avoir une auréole autours de la tête. Celui-ci posa le verre vide sur la table et s'adressa de nouveau à lui.

- Je vais à la pharmacie. Je reviens dans un quart d'heure environ. Reposes-toi, ok ?

Ce sourire gentil lui faisait tant de bien que l'orphelin se remit à somnoler calmement, avant même que l'autre ait quitté la pièce. Le bruit de clé dans la serrure le réveilla quelques minutes plus tard. L'autre était revenu et entra dans la pièce un sachet à la main.

- J'ai acheté quelques trucs pour tes blessures, dit-il en désignant les pommettes éraflées du jeune homme allongé. Mais avant de te soigner, il faudrait mieux que tu te laves. Je vais t'aider à aller jusqu'à la salle de bain.

Il l'aida à se lever, et à tituber jusqu'à une porte au fond d'un couloir. L'orphelin distinguait vaguement la poignée du reste de la porte, mais tout restait très flou. La salle de bain n'était pas grande, mais agréable, et bientôt il entendit le son caractéristique d'une baignoire qui se remplie. Il se demanda vaguement où était son sac, mais n'avait pas la force de le demander. L'autre lui parlait de savon et de shampoing, et finit par sortir, le laissant seul avec un bain chaud qui l'attendait gentiment. L'adolescent resta immobile plusieurs secondes, observant la buée se former sur le large miroir qui surplombait les deux lavabos. Il finit par se déshabiller avec des gestes lents et maladroits, avant de tremper le bout de ses orteils dans l'eau. C'était chaud, beaucoup trop chaud pour quelqu'un qui avait vécu dans le froid de la nuit un petit peu trop longtemps. De longues minutes d'hésitations et de grimaces furent nécessaires, pour qu'il se glisse enfin dans l'eau chaude. C'était agréable, il avait l'impression de se trouver dans une sorte de cocon protecteur... de se retrouver plutôt.

L'esprit à nouveau clair, il entreprit de se frotter doucement la peau à l'aide d'un gant de toilette et des divers savons à sa disposition. Rapidement ses gestes se firent plus brusques, presque violents, à mesure qu'il frottait sa peau rougie. Il tentait d'arracher ses dernières semaines d'errance et de souffrance de sa peau, des larmes qu'il ne comprenait pas coulant sur ses joues. Ses yeux brouillés rencontrèrent soudain quelque chose de brillant sur son torse nu, et il arrêta instantanément de racler sa peau. Sa petite clé pendouillait toujours au bout de la vielle cordelette autours de son cou.

Sa liberté, il l'avait à présent.

Maintenant il lui fallait apprendre à vivre avec.

Inspirant profondément, il reposa le gant sur le bord de la baignoire et son regard plongea dans l'eau du bain. Noire de saletés et de crasse, elle lui inspira un dégoût qui le fit presque vomir. Rapidement il retira la bonde, et observa, comme hypnotiser, l'eau s'échapper en tourbillons dans le trou. Lorsque la baignoire fût vide il la rinça en même temps que lui, laissant l'eau couler au dessus de sa tête jusqu'à ce qu'elle devienne de nouveau transparente.

L'eau froide qu'il avait utilisé pour se rincer avait fait disparaître la buée du large miroir, et en sortant du bain, le jeune homme se retrouva confronté à son image qu'il n'avait pas vue depuis plusieurs semaines.

Il s'observa attentivement dans la glace. Sa petite clé se retrouvait nichée au creux de son torse maigre, entre ses côtes saillantes. Il semblait y avoir si peu de choses entre sa peau et ses os, que ceux-ci ressortaient clairement. Son corps était recouvert d'ecchymoses et d'éraflures mal cicatrisées, qui avec l'eau chaude, le savon et l'acharnement de l'orphelin, avaient perdu leurs croûtes et le brûlait désagréablement. Son flanc droit avait reprit à peu près sa couleur initiale avec le temps, mais la coupure c'était elle aussi rouverte avec le bain et, au dégoût du jeune homme, il se rendit compte qu'elle s'était infectée. Il soupira et observa son visage, ses joues creuses et éraflées ainsi que ses larges cernes faisaient ressortir ses yeux bruns, où brillait encore une petite flamme fiévreuse. Un soupire franchit de nouveau ses lèvres éclatées par le froid, il n'avait pas tant changé finalement.

Il se rappelait avoir jeté un coup d'œil au miroir en rentrant dans la salle de bain, la vue troublée de son visage noircit par la boue et les saletés de la rue, les croûtes infâmes sur ses joues et ses cheveux dégoulinants de crasse, lui avait fait détourner les yeux de honte et de dégoût.

Comment quelqu'un avait pu le recueillir dans l'état dans lequel il se trouvait ?

Songeur et perplexe, il entreprit de se sécher en évitant ses blessures, et lorsqu'il fut sec il en était à se demander s'il devait remettre ses vêtements dégueulasses, quand on frappa à la porte. Le jeune homme sursauta tellement fort qu'il était sûr que l'autre l'avait entendu.

- Je t'apporte des vêtements propres. Bouges pas, je vais les poser par terre rapidement, ok ?

Sans attendre de réponse l'adolescent de l'autre côté de la porte ouvrit légèrement la porte et posa quelques vêtements sur le sol avant de la refermer.

L'orphelin attrapa les habits et les observa, curieux. Un caleçon vert, un jean, un T6shirt et un sweat-shirt épais et doux... le tout peut-être un peu grand pour son corps malingre, mais surtout confortable. Il se vêtit avec un plaisir évident, mais hésita au moment d'enfiler le T-shirt. Que devait-il faire pour sa blessure ? Elle ne saignait pas... c'était pire, elle suppurait.

Regardant autours de lui, il avisa une petite pile de serviettes de toilette propres et pliées avec soin sur une étagère. Il en attrapa une rapidement, ses réflexes de voleurs refaisant surface, et la cala contre son flanc, avant d'enfiler le reste des vêtements la main appuyée sur ses côtes.

Et maintenant, qu'était-il sensé faire ?

Anxieux il fit un petit tas avec ses habits sales sur le sol, et récupéra son carnet, dans lequel il glissa sa carte d'identité, qu'il coinça de nouveau sous ses vêtements, calé dans la ceinture de son jean.

La poignée de la porte s'abaissa sans bruit sous la pression de sa main, et l'orphelin se faufila dans le couloir sans savoir quoi faire. Ses pieds nus frémirent sur le parquet un peu froid, il n'était plus habitué à cette douceur du bois contre sa peau. Sa vue brouillée par la fièvre l'avait empêché de voir les photos accrochées aux murs. Photos de gens, de corps, de villes, d'intérieurs... épurées ou, au contraire, surchargées de détails il se dégageait de ces photos de la vie. Une vie extraordinairement simple, tout simplement belle. La vie de tous les jours. De chaques instants. La beauté cachée sous la banalité de notre regard.

Longtemps il les observa en silence, avançant lentement dans le couloir.

Et lorqu'il arriva dans le salon le choc fut brutal.

L'autre était là.

Accroupis sur le sol, près de la table basse, il regardait pensivement par la fenêtre.

A l'infime bruit des pas de l'orphelin sur le sol, il tourna la tête vers lui, un sourire aux lèvres.

Ces lèvres...

Elles étaient...

Ces yeux... ce nez... ces pomettes, la fome de ce menton l'arrondis de ces sourcils la courbe de cette machoire...

Le jeune fugueur ne se rendit pas compte que l'autre s'était relevé et le regardait aussi, tant il était absorbé dans sa stupéfait contemplation. Leurs yeux si semblables se scrutaient mutuellement, cherchant à comprendre.

Sa voix douce et rauque, encore enrouée par la souffrance résonna comme une délivrance entre eux.

- P-pour... pourquoi est-ce que tu... tu es comme moi ?

A suivre...

 
 
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