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au 07 Jan 09 :
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Der Schlüssel Zu Meinem Paradies
Par Sasha Hypnophile
Tokio Hotel  -  Romance/Mystère
9 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 4     Les chapitres     3 Reviews    
Chapitre 4

Auteur : Sasha

Titre :Der Schlüssel Zu Meinem Paradies ( La clé de mon paradis, merci à X-HEILIG-Xpour la traduction)

Disclamer : Ben les membres du groupe Tokio Hotel ne m’appartiennent pas... heureusement pour eux d’ailleurs... par contre le reste de ma fiction oui, alors si vous voulez en utiliser des bouts, ou l’intégralité pour... ben chais pas moi, qu’est-ce qu’on peut faire avec une fiction ? A méditer...

Bref, prévenez moi

Rating : Yaoï/Slash et twinceste, vous êtes prévenus.


Chapitre 4

- Pourquoi...est-ce que tu es comme...moi ?

- Je...je sais pas...

L'autre paraissait aussi troublé que lui. Le fugueur ne peut empêcher la question qui lui brûlait les lèvres de les franchir.

- Qui es-tu ? Pourquoi... pourquoi je suis ici ?...qu'est-ce que...je ne comprend...pas...

L'adolescent face à lui, lui sourit gentiment et alla s'asseoir sur le canapé en lui faisant signe de le suivre. Ce fut à cet instant que l'orphelin se rendit compte que cette impression d'aura dégagée par l'autre, cette sorte d'auréole autours de sa tête qu'il avait entraperçue dans les brumes de sa fièvre...

- Je m'appelle Tom.

...des dreadlocks.

- Tout à l'heure, tu as sauvé ma mère. Tu te rappelles ?

Il hocha la tête les yeux perdus dans ces longs cheveux entortillés sur eux-mêmes.

- Elle a du partir, elle avait un avion à prendre, mais comme tu t'étais évanouis dans mes bras je pouvais quand même pas te laisser dans la rue. Alors, ben, je t'ais ramené ici, chez nous. Voilà.

Un petit silence s'installa douillettement entre eux, avant que Tom ne le chasse en reprenant la parole.

- Et toi ? Comment tu t'appelles ?

Il hésitait visiblement à lui en demander plus, même si la curiosité brillait dans ses yeux. Un peu perturbé par tout ce qui l'entourait, l'orphelin répondit tout de même.

- Mon vrai prénom c'est Bill, mais celui qu'ils m'ont donné c'est Wilhelm.

- Qu'ils t'ont donné ?

La question lui avait échappé, et à présent il n'était pas sûr que ce fût vraiment une bonne chose. Bill l'observait, le scrutant ouvertement, ses yeux cernés le sondant profondément, et Tom avait l'étrange impression que l'autre fouillait son âme.

- Je suis orphelin. Ma mère est morte quelques heures après l'accouchement. Elle a juste eu le temps de me donner mon nom...Bill. J'ai été élevé par un orphelinat tenu par des religieuses, et Bill n'est pas un prénom biblique, mais la diminution de William. Alors ils m'ont rebaptisé Wilhelm, la version allemande de William, mais j'ai pu garder Bill comme deuxième prénom. Voilà.

Son ton neutre, froid et distant dénonçait un malaise profond, et Tom se sentait plus que gêné face à cet adolescent aux yeux perdus dans le vide. Celui-ci reprit pied et fixa de nouveau le dreadé, le regard quelque peu troublé cette fois-ci.

- Ce n'est pas que je n'aime pas Wilhelm...mais mon véritable prénom est la seule chose qui me reste de ma mère...
- Je comprends... tu sais moi non plus je connais pas ma mère biologique... j'ai été adopté bébé...mais je n'ai jamais su si elle était morte ou si elle m'avait abandonné...et puis à présent ça n'a plus vraiment d'importance...

Tom poussa un lourd soupir, comme pour chasser une veille tristesse, ancrée au plus profond de son âme. Il secoua doucement la tête, faisant danser ses dreads sur ses épaules, et releva les yeux vers son protégé en souriant gentiment.

- Bon...il est temps de soigner tout ça ! J'ai apporter un tas de trucs différents : antiseptiques, désinfectants, pansements, bandes... j'espère que ça suffira ! Et sinon la pharmacienne m'a dit que les cachets que je t'ai donné devrait faire l'affaire pour ta fièvre... mais si ça continue, on ira voir le médecin.

Il s'était affairé autours de la table basse tout en parlant, sortant les différents produits des sachets en papiers de la pharmacie et les étalant sur le bois verni. Bill l'observait en silence, un petit sourire heureux aux lèvres. Il se laissa docilement faire, et le dreadé entreprit de lui désinfecter ses diverses plaies et éraflures qui lui zébraient les bras et les joues, mais lorsqu'il demanda à l'orphelin d'enlever son T-shirt pour qu'il puisse continuer son travail, celui-ci refusa catégoriquement.

- Mais...tu es aussi blessé au torse ! J'en suis sur, j'ai vu que tu te tenais les côtes !

L'adolescent fixa d'un air accusateur la main du fugueur, crispée sur son flanc.

- Non ! Je n'ai rien, je ne veux rien !

- Je peux pas te laisser dans cet état, si ça se trouve c'est grave et...

- Ce n'est rien, rien du tout !

- Donc tu avoues qu'il y a bien quelque chose !

- ...

- Bon allez, arrêtes ça et montre moi ce que tu as.

Bill ne répondit rien et se contenta de fixer son vis-à-vis dans les yeux. Une détermination farouche brillait dans ses prunelles, attisant la curiosité de Tom. Il pouvait bien le fusiller du regard autant qu'il le voulait, le dreadé finirait bien par arriver à le soigner, une fois qu'il avait une idée en tête, rien ne l'empêcherait d'y arriver ! Et surtout pas un adolescent maigrichon et affreusement mystérieux qu'il avait recueilli dans la r...

- Hé !! Mais... qu'est-ce que tu fou !

L'orphelin, qui avait apparemment comprit au regard du dreadé que celui-ci ne cèderait pas, avait conclu que seule une réaction rapide pouvait le sortir de là. Il se leva donc d'un bond et couru à travers le salon en direction du couloir. Il ne fallait pas qu'il voit ce truc immonde sur son torse...il ne le voulait pas, hors de question... même lui avait du mal à le regarder plus de quelques secondes, il ne pouvait pas lui infliger ça... et en plus, soit il se sentirait obligé de le soigner avec la nausée, soit il l'emmènerait de force chez un médecin... et si il n'acceptait pas que Tom voit ça, il en était encore moins question avec un total inconnu...
Mais le fugueur avait à peine atteint le hall d'entrée que déjà Tom était sur ses talons. Il essaya de courir plus vite, et d'atteindre la porte, mais il ne réussis qu'à s'effondrer dessus, des cercles de couleurs tournoyant devant ses yeux. La main crispée sur son flanc blessé, il tentait tant bien que mal de reprendre ses esprits, mais le monde tournait trop vite autours de lui pour qu'il y parvienne, et il ne put empêcher Tom de le soutenir délicatement et de le transporter à nouveau jusqu'au canapé. L'adolescent essaya faiblement d'empêcher son « sauveur » de soulever son T-shirt, mais ses forces l'avaient quitté, et il ne pouvait que subir l'assaut de l'autre.
Il ne regarda pas son visage quand le dreadé souleva son T-shirt, puis la petite serviette de toilette. Il ne voulait pas voir le dégoût dans ses yeux, il ne voulait pas y voir de la pitié ou quoique ce soit d'autre. Mais rien de tout cela n'arriva.
Ce fut quelque chose à quoi il ne s'attendait pas qui arriva.
Quelque chose qu'il n'avait même pas envisagé.
De la colère, et même plus... de la fureur.

- Qui a fait ça ?! La voix de Tom trembla de rage contenue, et ses doigts tressaillaient contre la peau pâle de son protégé.

Bill ne dit rien, se contenta de le fixer, ses grands yeux étonnés et soulagés. Alors le dreadé ne posa aucune autre question, et se contenta de le soigner. Et lorsqu'il eut fini le pansement, il se rendit compte que l'orphelin s'était endormi, le visage enfoui dans les coussins, ses longs cheveux châtains étalés sur l'accoudoir. Longuement il l'observa.
C'était un mystère, mais cela n'empêchait pas le dreadé de trouver en lui une certaine fragilité étonnante...

Lorsque quelques heures plus tard Bill se réveilla, la première chose à laquelle il pensa, avant même d'ouvrir les yeux, ce fut qu'il avait faim.
Terriblement faim.
Cette faim qui le tiraillait depuis des jours et des jours s'était réveillée, maintenant que la douleur s'était un peu atténuée. Et elle hurlait au fond de lui, elle hurlait cette faim dévorante qui lui tordait les entrailles et lui comprimait l'estomac.
La respiration haletante, les pupilles dilatées par l'envie de nourriture, il se fia à son odorat pour tenter de percevoir quelque chose de comestible. Une odeur de viande vint rapidement lui chatouiller les narines, et en quelques secondes il avait trouvé la cuisine et la barquette de steak sortie sur le plan de travail.
De la viande... il n'en avait pas mangé depuis l'orphelinat.
Quelques minutes plus tard, Tom entra dans la cuisine et découvrit le fugueur accroupi dans un coin de la pièce, un morceau de viande crue dans les mains, qu'il dévorait littéralement. Du sang et de la salive lui barbouillaient les joues et les lèvres, et en quelques seconde il avait fini d'engloutir la viande.
Il releva alors le visage et fixa le dreadé de son regard brillant et cupide... celui-ci se troubla un instant de ces yeux enfiévrés, mais se reprit bien vite en voyant l'orphelin s'écrouler sur le carrelage.
Il dormait à nouveau, comme un enfant.
Tant de choses semblaient se mêler dans cet être affalé sur le carrelage à ses pieds... il ne savait plus quoi penser... cette fragilité et cette violence qui s'enroulait autours de lui...

Que faire ?

Lui réapprendre à vivre ?

Mais le voulait-il seulement ?

Tom soupira profondément, se frottant les tempes à l'aide de ses paumes, comme si les mouvements circulaires de ses mains contre la racine de ses cheveux pouvaient l'aider à résoudre ses doutes. Il finit par se redresser, et hissa doucement l'orphelin sur son dos, avant de le transporter de nouveau jusqu'au canapé dans le salon.

En observant le visage fin et endormi du jeune homme, il se dit que de toutes façons il n'avancerait pas tant que le fugueur ne lui parlerait pas... ce dont il désespérait que ça arrive un jour, vu ses réactions pour le moins... imprévisibles.

Son regard sombre s'attarda sur l'horloge murale, et il se dit qu'une petite sieste ne lui ferait pas de mal, dès qu'il aurait mangé quelque chose.

Lorsque quelques heures plus tard Bill se réveilla à nouveau, aucun bruit ne venait troubler le silence de l'appartement. L'adolescent se redressa, se mordillant les lèvres où persistait un vague goût de sang, et finit par se lever poussé par la curiosité. Il se glissa dans le couloir et entreprit d'explorer le reste de l'habitation qui lui était encore inconnu. Il ne touchait à rien, mais dévorait tout des yeux, et bientôt il arriva au fond du couloir où deux portes se faisaient face. Sur l'une d'elle un panneau imitant ceux des sens interdits, l'appelait visiblement à appuyer sur la poignée. C'était une chambre, petite et encombrée, difficile d'accès à cause des divers vêtements, disques, bandes dessinées, câbles, enceintes, cordes de guitares, cannettes et autres chaussettes douteuses qui s'accumulaient entre un lit défait, un bureau croulant sous les feuilles volantes et les livres écornés, et une armoire ouverte d'où menaçait de s'effondrer une pile de T-shirt, vaguement repassés. Une guitare, visiblement soigneusement nettoyée et choyée par rapport au reste des affaires, trônait majestueusement au pied du lit, lit dans lequel ronflait d'ailleurs légèrement Tom. L'orphelin s'en approcha précautionneusement, enjambant une pile de magasines à l'aspect douteux et évitant de justesse un aquarium vide d'eau mais remplis de bonbon et chewing-gum en tout genre. Il s'assit finalement en tailleur près de la tête du lit, l'épaule appuyée contre la table de chevet, et observa attentivement l'adolescent endormi sous ses yeux. Ils avaient le même visage, il en était sur à présent, mais les longues dreadlocks éparpillées sur l'oreiller conférait au jeune homme une allure d'ange déchu assez... déroutante, décida Bill faute de trouver meilleur qualificatif. Quelques menus détails les différenciaient tout de même, un grain de beauté, une très légère cicatrice...ou encore ce curieux petit trou qu'il avait à la base de la lèvre inférieure. Etrange ce trou d'ailleurs...

- Un problème ?

Ce fut plus le mouvement des lèvres qu'il fixait, que le son des mots proférés, qui fit sursauter l'orphelin. Il releva les yeux et rencontra ceux, encore un peu , endormis, de Tom. Un grand sourire lui fendit le visage.

- Non, non

Cette réaction surprit l'adolescent allongé, n'importe qui d'autre aurait rougis, voir bégayé, un quelconque sentiment de gène, mais pas Bill, non. Comme si rien n'était plus naturel que de scruter avec autant d'attention quelqu'un dans son sommeil.

- C'est juste que...tu as un drôle de trou...là...

Un long doigt fin vint effleurer la commissure des lèvres du jeune homme et celui-ci fronça légèrement les sourcils, quelque peu troublé par le contact.

- Euh...ouais...je sais...c'est pour mon piercing.

Au regard de total incompréhension que lui lança l'orphelin, il eut un sourire. C'est vrai qu'il avait été élevé chez les sœurs...

- Attend, j'te montre.

D'un bond Tom s'était levé et traversa la pièce jusqu'à son bureau, enjambant avec la nonchalance de l'habitude le bazar de la chambre. Bill le suivit plus prudemment, et quand il arriva à sa hauteur l'autre se tourna vers lui.

- Regardes.

L'orphelin fixa avec stupeur le petit anneau de métal qui ornait à présent la lèvre inférieure du dreadé.

- Mais...c'est comme une boucle d'oreille !

- Oui, un peu. Répondit Tom avec un sourire qui fit briller l'anneau dans la lumière de cette fin d'après-midi.

Bill le fixa, un mélange de fascination, de crainte et de désapprobation dans le regard.

- Mais pourquoi...pourquoi tu mets ça ? Ce sont les...les femmes de petite vertu qui mettent des boucles d'oreilles.

- Les quoi ?! OO

- Les femmes de...petite vertu...

Et là Tom vit avec stupeur Bill rougir à ses propres paroles, comme s'il venait de dire quelque chose de honteux dont on ne devait pas parler (Ce-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Parler...).

- Et c'est quoi une "femme de petite vertu" comme tu dis ?

L'orphelin rougit encore plus si possible et se tortilla (tortillaaaaaaaaaa XP) les doigts nerveusement.

- C'est une femme qui...qui...

- Kiki ?

- Qui vend son corps pour les plaisirs de la chair...

Il débita la phrase avec une telle rapidité, que Tom eut du mal à tout saisir. Il semblait évident qu'il avait appris, ou qu'on lui avait fait apprendre, par cœur cette formule toute faite.

Le dreadé face à lui cligna des yeux sous la surprise avant d'éclater de rire sous le regard interloqué du fugueur.

- Tu veux parler des prostituées ? Mais ya pas que les put... les prostituées qui portent des boucles d'oreilles ! Qui t'a fait gober un truc pareil ?!

- Sœur Emmanuelle...marmonna Bill le teint rose.

Il y avait une telle candeur, une telle naïveté dans ses yeux, que Tom ne put s'empêcher de sourire avec douceur.

- Ecoutes, le monde est sûrement très différent de tout ce que l'on a put t'apprendre là-bas... Et pour les boucles d'oreilles, énormément de femmes en porte partout dans le monde sans que cela fasse d'elles des p-prostituées, et quand on a la peau percée ailleurs, on appelle ça un piercing.

Bill fixait toujours le petit anneau métallique, les sourcils légèrement froncés. C'est vrai que ça n'était pas laid au final, pensa le fugueur rêveusement. Mu par une pulsion soudaine, il déplia son bras et effleura de nouveau du bout des doigts les lèvres de son "sauveur".

Celui-ci ne bougeait pas, et se contentait de fixer son vis-à-vis, troublé par la légère caresse des doigts fins contre sa peau. Il ne savait plus quoi penser, tout chez Bill transpirait l'innocence et une naïve candeur, mais cette brutalité, cette bestialité qu'il cachait au fond de lui le troublait presque autant que ses gestes curieux et emplis d'une sensualité inconsciente...

Ce moment fragile d'une tendresse partagée entre ces deux adolescents si semblables et pourtant qui ne connaissaient rien l'un de l'autre, fut brutalement interrompu par une sonnerie rythmée de téléphone portable. Le dreadé recula en sursautant légèrement, et se précipita sur son lit, trébuchant sur son étui à guitare et renversant un sac à dos.

- A-allo ?...ah...oui oui ...euh ben ouais, enfin plus ou moins...quoi ?...euh, je sais pas...nan...mmm...bon ok j'le ferai...ouais...mais alors t'es d'accord pour que...?...ok...ouais à plus...bye...

Il raccrocha, et resta quelque secondes sans bouger, accroupis sur son matelas, avant de se tourner vers l'orphelin qui n'avait pas bougé.

- C'était ma mère. Elle voulait savoir si tout allait bien...elle est d'accord pour que tu restes quelques temps ici...mais euh...enfin on sait rien de toi...et ben...ç-ça l'inquiète un peu tu vois...

L'orphelin le fixait, le regard impassible, et le jeune homme avait l'impression d'être passé aux rayons X. Mal à l'aise il se remit à parler, la voix pas assurée.

- ...enfin c'est juste que...ben on se connaît pas et...tu était vraiment dans un état...'fin c'est assez...euh...louche...

L'orphelin tourna les talons et sortit de la chambre rapidement enjambant le plus vite possible le bazar de la pièce. Le dreadé lâcha un faible "merde" avant de s'élancer lui aussi dans le couloir, et si il partait ? Il ne pouvait pas le laisser s'en aller comme ça ! Il vivait sûrement dans les rues ! Merde, merde et remerde !

Mais lorsqu'il déboula dans le salon, Bill l'attendait tranquillement assis sur le canapé qui avait recueilli sa douleur et ses songes ces dernières heures. Le dreadé le regarda les yeux ronds, perdu.

- M-mais...tu...tu n'es pas...qu'est-ce que...

- Je me suis dis qu'on serait mieux ici, assis, pour parler. Et puis j'avais mal aux jambes.

- Ah...bon ben d'accord alors...

Il s'assit un peu maladroitement sur un fauteuil face au canapé.

- ...

- ...

- ...euh...tu parles pas ?

- Que veux-tu savoir ?

- Ben... d'où viens-tu ? Pourquoi tu étais dans cet état quand... quand tu as sauvé ma mère ? Pourquoi on dirait que tu as pas mangé depuis des semaines ? Pourquoi toutes ces blessures ? Pourquoi celle au torse ? Qui te l'a faite ? Pourquoi tu... tu a sauvé ma mère ?

La dernière question, il n'avait pas put la poser. Il aurait voulu savoir pourquoi il semblait si fragile, pourquoi une telle violence se cachait en lui, mais... ce genre de question ne se pose pas...

- Je te l'ai dis ce matin, j'ai été élevé dans un orphelinat...il y a eut un incendie...j'ai du aller ailleurs...là où il n'y avait pas d'avenir pour moi...où on voulait m'enlever tout espoir...l'espoir...quand on ne vit que pour ça, on ferait n'importe quoi pour le garder...ils voulaient m'enlever...je suis partit...mais dehors...le froid...la rue...et puis la faim...l'espoir, je n'arrivait plus à le voir...un matin, un autre parmi tant oubliés, ce drôle de soleil...j'avais oublié je crois la chaleur de l'aube...et ta maman, elle est juste passée au bon moment...je n'aurais jamais pu le faire si ça avait été un autre matin...

- ...

- ...pour mes blessures...je ne sais plus depuis combien de temps je suis partit mais, peu de temps après...j'ais été au mauvais endroit au mauvais moment...et puis pas d'argent pas de nourriture...donc j'ai du voler, et quelques fois...ça ne se passait pas forcément bien...et ça ne voulait pas cicatriser...sur mon torse...je crois que j'ai du avoir de la fièvre assez rapidement, mais je ne sais plus...les jours s'effacent les uns dans les autres...je crois qu'il en a que j'ai rêvé, et d'autre que j'ai oublié...je ne sais plus...

Il avait l'air si perdu, dans ce gouffre au fond de lui qui emportait tout et l'avalait peu à peu. Tom n'avait pas bouger, ni parler, il avait seulement écouté et ressentit à travers les mots...la douleur...la solitude...abandon...désespoir...

Sans vraiment réfléchir, il se leva de son fauteuil pour rejoindre l'orphelin sur le canapé où il le fixa sans rien dire. Le fugueur lui rendit son regard, les yeux vacillants, ne sachant plus que faire, si peur de tout à présent, sombrant si seul...

Alors Tom tendit la main, lui attrapa la nuque, un peu brutalement c'est vrai, mais lui non plus n'avait pas vraiment l'habitude d'offrir de la tendresse, et colla l'autre adolescent contre son torse.

Il lui offrait un refuge où peut-être l'orphelin se sentirait assez confiant pour se laisser aller un peu à sa peine.

Et si au début, il se réussit pas se détendre contre ce corps étranger, le fugueur finit par se laisser bercer par les battements de ce cœur qui n'était pas le sien, et doucement les larmes amères tant retenues roulèrent sur ses joues...

Enfin, la vie, la vraie vie, pouvait comencer.

A suivre...

 
 
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