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Auteur : Sasha Titre :Der Schlüssel Zu Meinem Paradies ( La clé de mon paradis, merci à X-HEILIG-Xpour la traduction) Disclamer : Ben les membres du groupe Tokio Hotel ne m’appartiennent pas... heureusement pour eux d’ailleurs... par contre le reste de ma fiction oui, alors si vous voulez en utiliser des bouts, ou l’intégralité pour... ben chais pas moi, qu’est-ce qu’on peut faire avec une fiction ? A méditer... Bref, prévenez moi Rating : Yaoï/Slash et twinceste, vous êtes prévenus.
Chapitre 5 Le crépuscule trouva les deux adolescents pelotonnés l’un contre l’autre, sous une épaisse couverture, au creux du canapé, regardant la télévision. Aucunes paroles n’avaient été échangées depuis la fin des explications de l’orphelin, et celui-ci regardait la boite noire, essayant de se noyer dans ces images qui défilaient trop vites, tentant d’oublier son désespoir dans ces mouvements incessants et dans la douce chaleur du corps de Tom à ses cotés. Ce dernier avait lui aussi arrêté de se triturer l’esprit. Cela ne servirait à rien de ressasser le douloureux récit de Bill, ce n’était pas comme ça qu’il pourrait l’aider. Tout ce qu’il pouvait faire à présent, c’était de lui offrir un avenir. Lui offrir un avenir… Etait-il seulement assez fort pour lui-même, pour pouvoir aider le fugueur ? Le jeune homme en doutait, mais au final ça ne changeait rien, il l’aiderait malgré tout…il s’était perdu dans ce besoin de réconfort, de protection, qui émanait de l’orphelin, à présent plus rien ne pouvait l’empêcher de lui venir en aide. Trop de contradictions dans cet être contre lui, beaucoup trop pour qu’il n’ait pas envie - pour qu’il n’ait pas besoin ? - de se plonger dedans… Une étrange impression, comme la sensation qu’il avait attendu cela depuis longtemps…trop longtemps…il vacilla sans même s’en rendre compte. La nuit s’était étendue sur la froide capitale allemande, et les deux adolescents s’étaient endormis dans la douce chaleur de l’appartement. Ce fut une désagréable sonnerie stridente qui les réveilla en sursaut au matin suivant. Le maître des lieux bah oui, faut changer de temps en temps se leva aussi vite qu’il le put et attrapa un téléphone sans fil qui traînait au pied de la table basse. - Hallo…mmm ‘lut…ouais…nan pas envie…désolé…ouais…aut’ chose à faire…bof…mmm…ok…ouais à lundi…salut… Le dreadé raccrocha et laissa tomber l’appareil sur un pouf avant de bailler comme un hippopotame. Un bruit de froissement de tissu attira son attention et il vit Bill émerger de sous la couverture en se frottant les yeux, encore perdu dans les limbes du sommeil. - Désolé…c’était Andreas, un pote… - …mmm…pote ? - Ouais, un ami…enfin And’ c’est mon meilleur ami… L’orphelin le regarda avec de grands yeux de hiboux, apparemment il n’était pas trop du matin. Tom se contenta de lui sourire, avant de se diriger vers la cuisine en lui proposant à manger. Ils se retrouvèrent bientôt attablés, toutes sortes de choses à manger devant les yeux, et le dreadé eut encore la surprise de voir le fugueur manger voracement tout ce qui lui tombait sous la main. Cela ne le dérangeait pas, au contraire, il était fasciné par son protégé, et le voir engloutir toute cette nourriture était un vrai spectacle. Ils ne se parlaient pas, ou si peu. Non pas par gène, mais parce qu’ils n’en ressentaient pas le besoin. Et ce fut dans ce silence chaleureux et intime qu’ils débarrassèrent la table, et que Tom refit les pansement de l’orphelin une fois qu’ils se furent lavés et changés. Il était près de midi, quand Tom eut fini de ranger les désinfectants dans la salle de bain, et que le téléphone sonna à nouveau. C’était sa mère, qui demandait à être rassurée et prenait des nouvelles de son fils, et de son sauveur. Une fois qu’il eut raccroché, Tom confia au fugueur qu’il devait ranger sa chambre au plus vite, sa mère allait bientôt rentrer et l’état de son « antre » risquait d’amener des conflits au sein de la petite famille. Bill ne proposa pas son aide, il rangea malgré les protestations de Tom, sans céder aux demandes du jeune homme qui le considérait comme encore trop faible pour ça. Mais l’orphelin s’en sortit bien, et au final les deux adolescents s’amusèrent plus qu’autre chose devant les découvertes, souvent farfelues, qu’ils faisaient en rangeant la chambre. Le dreadé lui fit goûter une des rares choses qu’il savait cuisiner, et Bill apprécia beaucoup (et même un peu trop, au grand dam de Tom qui en raffolait aussi…) la pizza surgelée rapidement réchauffée au micro-onde. Mais l’état de son corps meurtri et la fatigue accumulée, eut raison de Bill on dirait que j’annonce sa mort là… qui s’endormi de nouveau après le repas sur le canapé. Ce fut de la musique qui fit frémir ses paupières quelques heures plus tard. La nuit était à nouveau tombée sur Berlin, et le salon demeurait plongé dans l’obscurité. Tom n’était en vue nulle part, mais une douce lumière filtrait depuis le couloir accompagnée d’une mélodie quelque peu étouffée. Le fugueur se leva en frissonnant, et préféra garder la couverture du canapé enroulée autours de lui, avant de s’aventurer dans le reste de l’appartement. La lumière venait de la chambre de Tom, tout comme la musique, et l’orphelin poussa sans bruit la porte de la pièce pour y jeter un coup d’œil. Le dreadé jouait de la guitare, assis en tailleur sur son lit, ses longues dreads détachées glissant sur son dos nu. Il ne portait que ce qui ressemblait à un vieux pantalon de pyjama, et était si concentré sur ce qu’il jouait qu’il n’entendit pas son protégé entrer dans sa chambre. La dernière note retentit, et résonna quelques secondes dans le silence de la pièce avant que la voix douce de l’orphelin ne résonne elle aussi. Tom tourna brusquement la tête vers lui. Il n’avait pas écouter ce que lui avait dit Bill. En vérité il ne l’avait même pas entendu. Tout ce qu’il avait entendu c’était cette voix un peu trop rauque de ne pas beaucoup parler, étonnamment douce et pourtant qui avait sous-jacent une force impressionnante. Il l’aimait cette voix…et bizarrement cette pensée ne le gêna pas, au contraire. Un frisson de bien être lui parcouru l’échine tandis qu’il tentait de reprendre pied dans la réalité. - Tom ? - Oui…je t’écoute… - Tu n’as pas froid, habillé comme ça ? Tom haussa les épaule avec un vague sourire, et tapota le matelas en face de lui pour invité le fugueur à s’asseoir, ce qu’il fit avant de reprendre la parole. - Est-ce que tu pourrais…jouer de nouveau…s’il te plait… Le musicien sourit de nouveau et se remit à pincer les cordes de son instrument, sous l’écoute attentive de Bill. Ils ne savaient pas combien de temps était passé, et au fond ça n’avait aucune importance. Le temps…ce n’était qu’une autre invention de l’homme pour ne pas se perdre dans l’oubli…et eux avaient juste décidé de se perdre dans cet abîme…le temps de quelques morceaux… Un claquement de porte les fit sursauter. Ils s’étaient endormis tout les deux sur le petit lit, roulés en boule pour se réchauffer. Dos contre dos. Une voix féminine retentit dans l’appartement. - Toooooooom ?! Tu es là mon chou ?! Ledit "chou" grogna en rougissant sous le regard interrogateur et ma réveillé de l’orphelin, et se leva d’un coup de reins avant de sortir de la chambre. Les voix arrivaient étouffées depuis le hall jusqu’aux oreilles du fugueur qui ne savait pas trop quoi faire. - Ouais chuis là…et arrêtes de m’appeler comme ça… - Ah ! Mon chou, tu m’as manqué ! - …--" - Est-ce que ça va ? - …ouais… - Et…euh… - …oui il va mieux…il est dans ma chambre là et… - Ah ! Tom se retourna face à la surprise de sa mère qui fixait quelque chose derrière son dos. L'orphelin venait de sa glisser dans le hall, silencieux et gêné, ses cheveux encore un peu ébouriffé lui retombant devant les yeux. - Bon bah…maman je te présente Bill, Bill ma mère… - Bonjour jeune homme…merci infiniment pour ce que vous avez fait l'autre jour…je m'appelle Claire… - … - …euh…j'ai dis quelque chose qu'il ne fallait pas ? Demanda en chuchotant la femme à son fils. - Nan nan…il parle très peu c'est tout…Viens Bill… Le guitariste avait tendu la main vers l'orphelin, qui visiblement n'attendait que ça, et marcha à petit pas vers ceux qui l'avaient recueilli. Il semblait intimidé devant la mère du dreadé et rougis violement lorsqu'il croisa son regard. Troublé il se cacha légèrement derrière Tom, ce qui fit doucement sourire la mère. - Ne t'inquiète pas…personne ne va t'obliger à parler ici si tu ne le veux pas… C'était apparemment ce qu'il fallait dire, car Bill se détendit et osa un timide sourire vers cette femme qui l'intimidait sans qu'il sache pourquoi. Soudain le sourire bienveillant de la mère se figea et ses sourcils se froncèrent au-dessus de ses yeux scrutateurs. D'un seul geste son bras fin se déplia gracieusement et releva une mèche de cheveux du fugueur pour mieux voir son visage. Ce dernier se tendit brusquement et se statufia, tremblant en sentant ces doigts fins effleurer sa joue. Il se sentait agressé, mais une telle douceur se dégageait de cette femme qu'il se savait comment réagir. Les yeux stupéfaits de Claire passaient du visage de l'orphelin à celui de son fils, sans qu'elle ne fasse d'autres gestes. - Vous…vous… - On est presque identique, ouais on avait remarqué aussi…,marmonna Tom en retirant doucement la main de sa mère des cheveux de son protégé. Il avait tout de suite vu que celui-ci ne se sentait pas du tout à l'aise, et préférait le faire comprendre tout de suite à sa mère. Celle-ci parut troublée, mais ne protesta pas et se laissa entraîner dans la cuisine par son fils. Le guitariste ressorti quelques secondes plus tard et s'approcha de l'orphelin. - Est-ce que ça va ? - … - …elle est un peu…étonnée tu m'étonnes……mais ça va aller…tu veux venir avec nous ? L'orphelin hocha la tête et Tom lui fit un sourire rassurant avant de l'amener dans la cuisine, une main dans son dos que le fugueur acceptait, puisque ça venait de Tom. Claire releva les yeux de ses mains croisées sur la table qu'elle fixait quelques instant plutôt. Elle semblait avoir repris le contrôle sur elle-même, et paraissait plus détendue. Bill se glissa sur la chaise en face d'elle sous la demande tactile de Tom dans son dos, et celui-ci s'affaira dans la cuisine. - Bill…je comprend que tu ais du mal à parler avec des gens que tu ne connais pas…j'était exactement comme toi à ton âge…Tom ne me regardes pas comme ça ! Je suis sérieuse ! L'orphelin eut un sourire amusé en voyant l'air sceptique du dreadé, et la mine faussement offusquée de sa mère. - Je suis moi-même orpheline…je n'ais pas eu la chance d'être adoptée, mais une fois mes 18 ans passés, j'ai décidé de prendre ma vie en main. Bien sur ce n'était pas facile, mais j'ai eu la chance de rencontrer des gens formidables qui m'ont aidée. Un doux sourire nostalgique étirait ses lèvres, et elle semblait perdue dans ses souvenirs. - …papa… Tom n'avait que murmuré le mot, mais il résonna comme un hurlement dans la pièce. Et pourtant Claire conserva sur air rêveur, et son sourire s'accentua. - Oui…ton père… Devant l'air interrogateur du fugueur, Claire reprit la parole moins évasivement. - Mon mari, et le père de Tom, est mort il y a neuf ans. Dans un accident de voiture. Il m'avait aidé à sortir de ce qu'il appelait ma "bouderie butée"…c'est lui qui m'a vraiment apprit à voir le monde… - …les photos… Bill avait soufflé ces mots comme un secret, et Claire lui fit un grand sourire rayonnant. - Oui, c'est lui qui les a prises. Il était photographe professionnel…c'est comme ça d'ailleurs que j'ai découvert ce que moi je voulais vraiment faire… - Maman l'accompagnait aux séances photos, et à force de voir les fringues trop belles que portaient les mannequins elle a décidé d'en faire aussi. - Vous êtes styliste ? - Oui ! Répondit la mère avec un sourire ravi devant Bill qui prenait doucement plus d'assurance. Un silence agréable s'installa, et ils se mirent tout les trois à siroter le thé qu'avait difficilement préparé Tom. Alors qu'ils s'étaient plongés dans des rêveries solitaires chacun de leur côté, Bill reprit à nouveau la parole. - Je crois que…je devrai vous dire ce que j'ai dis à Tom… Claire ne répondit rien, et se contenta de le fixer au-dessus de sa tasse fumante. Et l'orphelin raconta de sa douce voix rauque. Et lorsqu'il eut fini, Claire ne dit qu'une seule chose. - Je crois qu'il est temps de faire le ménage dur la mezzanine. Et c'est ainsi que fut décidé que Bill resterait chez Claire et Tom, dormant sur la mezzanine au-dessus de l'atelier de la styliste que celle-ci avait aménagé dans une des trois chambre de l'appartement. Lorsque Bill pénétra pour la première fois dans l'atelier, il ne put s'empêcher de laisser échapper un petit cri de surprise. La pièce était remplie de vêtements, de mannequins de bois, d'épais rouleaux de tissus et de larges bobines de fil, des photos et plusieurs tableau de lièges recouverts de chutes de toutes sortes de tissus recouvrait les murs, et un bureau faisant toute la largeur de la pièce croulait sous les croquis, les crayons, les patrons et les ébauches de vêtements. Sur le mur de droite, un étroit escalier courait le long du mur jusqu'à une trappe au plafond. Claire expliqua à l'orphelin qu'il ne s'agissait pas vraiment d'une mezzanine, mais plutôt de ce qu'on pourrait appeler des combes. L'immeuble était très ancien, et il s'agissait en vérité de l'antique chambre de bonne. La mère du dreadé parut un instant gênée, mais le fugueur qui avait compris la cause de son mal être lui affirma que c'était bien plus qu'il n'aurait jamais osé le demander, et Claire parût un peu plus soulagée. Elle lui promit néanmoins d'aménager du mieux qu'elle pourrait la chambre. Ils passèrent toute la matinée à nettoyée la pièce qui s'était révélée spacieuse, bien qu'un petit peu sombre puisqu'une seule fenêtre éclairait la pièce. Il fut convenu que Bill passerait quelques nuits dans la chambre de Tom en attendant que tout fût au point. Claire avait quelques jours de repos et elle paraissait enchantée à l'idée de restaurer la vielle chambre de bonne. Le déjeuné était en train de cuire, lorsque la mère sortit de la salle de bain après une bonne douche bien méritée. Des brides de conversations s'échappait de la chambre de son fils où les deux adolescent s'étaient réfugiés une fois lavés. La styliste se glissa dans le couloir et se figea sur le seuil de la chambre. - Qu'est-ce que c'est que ça ?! Les deux jeunes hommes sursautèrent et Bill grimaça de douleur. Tom était en train de lui refaire son pansement, et ils se rendirent tout les deux compte qu'ils n'avaient pas parlé deça à Claire. S'en suivit une discussion houleuse entre la mère qui voulait absolument amener Bill de toute urgence à l'hôpital et Tom qui parlait en faveur de son protégé. Celui-ci s'était réfugié derrière lui, terrifié à l'idée d'aller à l'hôpital. La styliste s'était quelque peu calmée, et Tom lui avait dit alors que de toute façon la blessure était en train de proprement cicatriser à présent, et qu'un médecin ne pourrait sûrement rien faire de plus. Claire avait finit par capituler, mais avait tout de même surveillé la fin des soins d'un œil critique. Le déjeuné s'était bien déroulé autours d'un repas convivial (préparé par Claire). Ils en étaient à déguster des pêches au sirop, quand Tom se frappa soudain de front du plat de la main. - Mais demain je vais en cours ! - Et oui Tomichou, c'est lundi… - Mais maman, et Bill ?! - … - … - On va pas le laisser là tout seul ! - Mais non, il va aller en cours avec toi voyons - Hein ?! - Tom…ta mère et moi en avons parlé tout à l'heure…tu était aller ranger l'aspirateur…je suis désolé…j'aurais du t'en parler mais… - Mais tu n'as pas à t'excuser ! Tom n'avait qu'à être là ! - C'est toi qui m'as dit d'aller ranger cet aspi ! - Tu aurais du le faire plus vite - Quoi ! Mais c'est impossible ! T'as pas vu la longueur du tuyau, j'ai failli m'étouffer avec, pire qu'un anaconda ce truc - …euh…Tom…si ça te dérange je peux aller dans un autre lycée tu sais… -Mais naaaaaaaan !! Ca me dérange pas du tout !! - C'est vrai ? Ca me fait plaisir - - - …euh…qui a-t-il ? - Tu as un très beau sourire Bill ! T'as vu comme il est mignon, hein Tom ?! - …euh…oui oui…très… - …m…merci… Une légère rougeur s'étalait sur ses joues, et il ne savait plus trop comment se comporter. Voyant sa gêne, Claire changea rapidement de sujet. - Par contre il va falloir te trouver d'autres vêtements…ceux de Tom sont trop larges tu nages dedans ! - C'est fait exprès maman ! - Je suis d'accord pour dire que ça te va bien, mais regardes Bill ! - …euuuh…ouais c'est bof bof… - Non, ne vous souciez pas de moi…tout va très bien…dès que j'aurai un peu d'argent je m'achèterai quelques vêtements et… - Mais non ! J'ai des dizaines de fringues dans mon atelier, et encore d'autres aux studios, ne t'inquiètes pas ! Et puis je me ferais un plaisir de t'habiller ! Bill regarda avec une certaine appréhension la mine légèrement fanatique de Claire. Mais il se laissa tout de même entraîner par la styliste dans son domaine où elle entreprit de lui trouver des vêtements à sa taille. L'après midi passa tranquillement dans l'atelier avec Claire pour Bill, et dans sa chambre avec sa guitare pour Tom, que les petits cris hystériques de sa mère avait finit par épuiser. L'ombre de la nuit envahissait doucement l'appartement, lorsqu'elle fit irruption dans sa chambre, échevelée et haletante, mais les yeux brillants et un grand sourire aux lèvres. Tom se fit la réflexion que ça faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vu aussi heureuse. - Tomi ! Ca y est, Bill a une garde robe par-faite ! - …nnn…c'est cool, tu lui as trouvé des fringues à sa taille alors ? - Ouiiii !! Figures toi que, tu te rappelles d'Anthony ? Tu sais le grand, brun, avec les yeux très clairs et une paire de fesses à se damn… - Ouais ouais ouais !! C'est bon je m'en souviens, pas la peine d'aller jusque là ! - Et bien, Bill et lui font exactement la même taille, Anthony était presque aussi mince que lui. Bref, toute la collection qu'avait portée Anthony était restée là, et elle va à merveille à Bill ! C'est pas génial ça !! - Ben…si tu le dis…j'espère au moins que Bill aime bien ce qu'il porte, parce que bon moi j'accepterai pas de porter des fringues parei… Un cri aigu coupa le guitariste, et celui-ci se releva d'un bond en lâchant un bref "Bill" avant de s'élancer dans le couloir, suivit de près par sa mère. Ils trouvèrent Bill au milieu de l'atelier, la main droite sur le visage, et l'autre tenant ce qui ressemblait à une bombe aérosol. Le peu qu'ils pouvaient voir de son visage était rouge vif, tout comme une bonne partie de ses cheveux ainsi que le vieux T-shirt de Tom. Claire lâcha un "merde" sonore, et se précipita sur l'orphelin. En quelques secondes elle avait lu le nom du produit sur la bombe, blêmit, puis entraîné Bill manu militari jusqu'à la salle de bain. Elle lui avait rapidement enlevé le T-shirt avant de lui mettre la tête directement sous le jet d'eau…froide. De nombreux cris et hurlements plus tard, Bill se retrouvait tremblant et reniflant piteusement, assis sur le canapé enveloppé dans une serviette. Sa peau avait retrouvé sa couleur normale, ainsi que le T-shirt qui trempait à présent dans une bassine dans la baignoire. Par contre ses cheveux arboraient toujours le même rouge vif. - Je suis désolée Bill…malheureusement il n'y a rien à faire. Soit on coupe, mais bon là il faudrait carrément raser, soit on te teint les cheveux jusqu'à ce qu'ils aient assez poussé pour que le rouge disparaisse. - Mais, c-c'est moi qui est f-f-fautif…je suis désolé, ne m'en veuillez pas s'il vous plait…t-tellement idiot… - Mais non ! La curiosité, c'est tout à fait naturel ! Ne t'inquiètes pas. Que préfères-tu pour tes cheveux ? - Je ne sais pas… - Maman, il n'y a plus de châtain, seulement du noir…ça te dérange pas Bill d'avoir les cheveux plus foncés maintenant ? Le fugueur leva les yeux sur Tom qui venait de réapparaître dans la pièce un flacon à la main et un sourire à la fois bienveillant et malicieux aux lèvres. - Je…je ne sais pas…je ne crois pas non…ça m'est égal… - Ne culpabilises surtout pas ! Il n'y a rien de grave, rien n'a été abîmé, le seul problème c'est tes cheveux et encore si on peut appeler ça un problème - Mais votre bombe, et le T-shirt… - La bombe je m'en servais plus depuis longtemps, et le T-shirt il était vieux de toute façon, et d'ailleurs il a plutôt bien prit le choc ;) Allez ! Ne fais pas cette tête ! Tu vas voir, je vais m'occuper de tes cheveux, tu pourras parfaitement aller en cours demain ! - …d'accord… Un bras vint s'enrouler autours de ses épaules et Bill releva la tête vers l'autre adolescent qui lui souriait avec tendresse. Tout allait bien se passer à présent, n'est-ce pas ? Tout allait bien se passer… Et Bill se dit, au milieu des rires et des cris dans la salle de bain, alors que Claire lui shampooingnait la tête et que Tom rigolait assis sur le rebord de la baignoire, que oui tout allait bien…et il sentit à nouveau en lui poindre doucement cette tendre chaleur au creux de son corps blessé, cette chaleur d'un espoir nouveau… A suivre... |