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au 07 Jan 09 :
1117 comptes dont 390 auteurs
pour 1451 fics écrites
contenant 3718 chapitres
qui ont générés 7530 reviews
 
     

     
 
Der Schlüssel Zu Meinem Paradies
Par Sasha Hypnophile
Tokio Hotel  -  Romance/Mystère
9 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 9     Les chapitres     3 Reviews    
Chapitre 9

Après une attente qui s'est pas mal éternisée...voilà enfin le 9ème chapitre.

Vous le verrez assez vite, il n’est pas très long (en plus d'être super en retard --") mais je ne pouvais pas ne pas le finir à ce stade de l'histoire.

 

Mais, bonne nouvelle ! Le chapitre 10 est à peu près déjà écrit de moitié, donc celui-là vous l'aurez dans pas longtemps, ça c'est sur.

 

Un grand merci à toutes celles qui me laissent des reviews, ça fait vraiment plaisir surtout quand on voit le temps que je mets à écrire >.>

 

Bref, je vous laisse lire, en espérant que ça vous plaise.

 

 

Chapitre 9

 

 

 

Claire le fixa d'un regard profond et finit par lui sourire d'un air incertain.

 

- J'aimerais te parler de quelque chose... quelque chose en rapport avec...

 

Sa main vint attraper délicatement le cordon dépassant du pull du jeune homme, et d'un geste fluide elle tira la clé de sa cachette. Le petit objet de métal scintilla dans la lumière, et une expression de tristesse apparut sur le visage d'habitude joyeux de la jeune femme.

 

- ...en rapport avec ça...

 

 

Bill déglutit avec difficulté et tenta de réfréner son envie de s'enfuir à toutes jambes. Il devait l’affronter, quoique Claire lui dise il devait se montrer fort et encaisser. La styliste soupira et l'entraîna vers le canapé où elle s'installa en se passant nerveusement la main dans les cheveux.

 

- Écoute Bill, cette clé je la connais. En réalité je la connais même très bien, puisqu'elle appartenait à mon mari, Jörg, le père de Tom.

 

Bill n'eut aucune réaction, son visage n'exprimait rien, et les paroles de Claire résonnaient sans avoir de sens dans sa tête.

 

- Elle ouvre un petit coffret où Jörg rangeait des affaires personnelles, des souvenirs qui lui tenaient à cœur, ce genre de choses. Lorsque Tom a eu 11 ans son père lui a offert la clé, sans lui dire ce qu'elle ouvrait, en lui précisant juste qu'il en verrait l'utilité un jour.

 

Claire détourna son regard qu'elle avait plongé dans les yeux de l'orphelin, celui-ci comprit que c'était pour refréner ses larmes et il sentit une tristesse nouvelle l'envahir. La jeune femme soupira lourdement et profondément, avant de reprendre la parole.

 

- Tom avait prit l'habitude de toujours porter cette clé sur lui, un peu comme un talisman je suppose. Le jour de la mort de son père, Tom a perdu la clé alors qu'il courait dans la rue en jouant avec d'autres enfants. Il la portait au bout d'une chaîne d'habitude, un peu comme toi, mais ce matin-là on était en retard et il l'avait juste glissée dans sa poche... Je crois que... qu'il s'est sentit coupable pendant longtemps d'avoir laissé tombé cette clé.

 

Un silence prolongé prit place dans le petit salon. Claire ne disait plus rien et fixait une tache sur le canapé, Bill de son côté fixait Claire sans la voir. Derrière ses yeux éteints défilaient ses souvenirs... ce jour où il l'avait trouvée...

 

 

Il ne devait pas avoir plus de onze ans... L'orphelin avait été emmené à l'extérieur...

La matinée avait été magnifique, les bourgeons sortaient peine après le froid de l'hiver...les premiers rayons de soleil réchauffaient l'enfant qui essayait de tout voir, tout sentir, pour ne rien oublier...

Et puis... un jeune garçon l'avait bousculé sur le trottoir en courant... il avait regardé sur le sol... ses yeux s'étaient accrochés à un objet brillant sur le sol...

La petite clé qu'il avait trouvée ce jour-là... l'extérieur... la joie du dehors... le bonheur de découvrir le monde... la liberté...

Ce n'était pourtant qu'une petite clé ordinaire, avec un petit trou et une étoile gravée sur le métal. Mais pour lui, c'était la clé de son paradis.

 

Paradis... ce mot résonna à ses oreilles, comme une lointaine promesse. Il cligna des yeux et ceux-ci s'accrochèrent de nouveau à Claire. Alors lentement, comme on prend son souffle avant de plonger, il raconta comment il en était arrivé à posséder la petite clé.

 

- ...à partir de cet instant je l'ai toujours considérée comme... une sorte de talisman si vous voulez, elle me rappelle mon but, ce que je ne dois jamais oublier afin de... de... d'atteindre... mon propre paradis...

 

La styliste ne le regarda en face que lorsqu'il eût fini, et il put lire dans ses yeux un soulagement étonnant. Elle tendit la main vers son cou et attrapa une fois de plus la petite clé entre ses doigts fins.

 

- Tu sais... si je croyais à ces choses-là je dirais que Tom et toi vous étiez destinés à vous rencontrer... mais comme je n'y crois pas, je dirai simplement que le hasard fait décidément bien les choses...

 

Et comme de telles coïncidences n'arrivent jamais seules, la porte d'entrée claqua à cet instant et Tom entra dans le salon, un sachet à la main.

 

- Bon j'ai pris une baguette française et un pain rond, j'espère que ça conviendra à Madame la duchesse parce que moi je redescends pas ! On se les caille sévère ><

 

Le dreadé releva la tête et observa sa mère et Bill qui n'avaient pas bougé d'un poil.

 

- Ben... qu'est-ce qui vous arrive ? Qu'est-ce que vous faisiez pendant que...

 

Ses paroles s'évanouirent dans sa gorge lorsqu’il posa les yeux sur la petite clé, toujours entre les mains de Claire. Celle-ci se reprit aussi vite que possible.

 

- T-tom... regarde, ta petite clé... Bill l'avait trouvée, tu sais le jour où...

 

Elle ne finit pas sa phrase et déglutit avec difficulté. Tom fixa la clé un instant, immobile, avant de s'avancer brusquement pour saisir l'objet entre ses doigts tremblants. L'orphelin, figé et le cou tendu, comme en suspens, ne pouvait détacher ses yeux du visage torturé du dreadé.

 

Puis sans un mot, Tom lâcha la clé et s'en alla. Une porte claqua et le silence revint dans l'appartement.

 

Bill sentit un poids énorme lui enserrer la poitrine, et une bouffée d'angoisse monta en lui. Ce sentiment de totale impuissance, et surtout ce remord qui le prenait à la gorge, l'empêchaient de comprendre la réaction de l'autre adolescent.

 

Claire soupira de nouveau et se tourna vers Bill. Elle vint avec douceur lui effleurer la joue pour qu'il la regarde, et reprit la parole d'une voix faible.

 

- Surtout ne crois pas qu'il t'en veuille... Tu sais, la perte de son père l'a énormément blessé... Je crois qu'il n'a toujours pas vraiment réussi à faire son deuil... C'est encore un sujet tabou, et cette histoire de clé l'a tourmenté pendant longtemps lorsqu'il était plus jeune. Je crois qu'il a juste besoin de réfléchir à tout ça, donne-lui du temps.

 

L'orphelin hocha la tête, et la boule qui lui obstruait la gorge fondit sous la douce caresse des doigts de cette mère qui n'était pas la sienne.

 

- Quoiqu'il en soit, je suis contente qu'il sache où elle se trouve à présent. Lorsqu'il sera prêt à affronter son passé de nouveau, il n'aura aucune excuse. La clé est là.

 

Bill releva la tête pour regarder la styliste qui le fixait intensément. Celle-ci finit par se redresser, et un sourire plus joyeux apparut sur ses lèvres.

 

- Bon avec tout ça j'ai oublié de te dire que j'ai fini d'aménager ta chambre ! Tu vas voir, j'espère que ça va te plaire, viens avec moi.

 

La jeune femme l'entraîna dans le couloir, et ne jeta qu'un coup d'œil triste à la porte close de la chambre de son fils. Ils entrèrent dans l'atelier avant de monter l'escalier qui serpentait le long du mur. La trappe fut poussée et ils pénétrèrent dans la nouvelle chambre de Bill. Il l'avait déjà vu, et y avait même fait le ménage, mais le vieux grenier sombre était à présent transformée.

 

Le sol et les murs recouverts de parquet avaient été poncés, ce qui donnait à l’endroit une luminosité nouvelle. Le beau bois couleur miel rendait la pièce douillette et accueillante, et les meubles de bois plus sombre ajoutaient une touche originale. Le lit qui occupait tout un coin de la pièce était à baldaquin, et ses lourds rideaux pourpres renforçaient l’impression de cocon que dégageait la chambre. Un vieux bureau doté d'une multitude de tiroirs et d'étagères, ainsi qu'une bibliothèque ouvragée reposaient près de la fenêtre, tandis que la vielle armoire déjà présente lors de sa première visite trônait fièrement près du lit. Dans un coin, un fauteuil quelque peu élimé complétait le tableau. Alors que l'orphelin observait ce qui l'entourait d'un air ébahi, Claire s'enthousiasmait avec légèreté sur ses trouvailles.

 

- L'armoire était déjà là, tu l'avais vue d'ailleurs, mais je lui ai passé un bon coup de cirage, histoire de lui donner un peu plus d'allure. Le fauteuil il était dans ma chambre, mais je l'utilisais plus que comme porte-manteau, il te sera sûrement plus utile ici. Et le bureau et la bibliothèque, c'est un collègue qui voulait s'en débarrasser, je les ai eus pour trois fois rien ! Pourtant ce sont de beaux meubles.

 

Elle vit le regard émerveillé de Bill sur le lit et un petit sourire satisfait vint ourler ses lèvres.

 

- Le lit... en réalité je l'ai eu pour pas grand-chose non plus. Il a été acheté pour un shooting, expliqua Claire devant le regard étonné de l'orphelin, mais comme un tas de trucs une fois utilisé pendant quelques heures, il s'est retrouvé dans un entrepôt à prendre la poussière. Heureusement que j'ai un pote qui travaille dans les décors ;)

 

D'un geste elle désigna la bibliothèque puis l'armoire, continuant ses explications.

 

- J'ai mis quelques livres dans la bibli, à toi de voir si ça te plaît. Ce sont surtout des classiques que j'ai lus à l'époque où je faisais encore mes études, mais bon je pense qu'ils seront sûrement plus utiles ici qu'à moisir dans un coin du salon. Et dans l'armoire il y a bien sur ta nouvelle garde-robe ^^

 

Bill restait sans voix. Que pouvait-il bien dire devant cela ? Il lança un regard de pure reconnaissance à Claire, qui rougit avant de se diriger vers la trappe.

 

- Je te laisse découvrir ton nouveau « territoire » ! A tout à l'heure ;)

 

Il n'eut même pas le temps d'ouvrir la bouche qu'elle avait déjà disparu dans l'atelier. Une fois seul, le brun posa son sac de cours qu'il avait monté, et entreprit de faire le tour de la pièce. Tout était tellement beau à ses yeux qu'il ne savait quoi penser.

 

Plus par souci d'éviter de penser que par réelle envie, il sortit ses affaires de cours qu'il rangea sur son bureau, avant de se mettre à faire ses devoirs. Mais ceux-ci furent rapidement expédiés, et l'orphelin de retrouva à nouveau désarmé face à cet inhabituel temps libre qu'il ne savait occuper.

 

Après avoir déambulé sans but dans la pièce, observant tout sous tous les angles possibles, il se laissa enfin tomber sur son lit. Quelques secondes de silence s'écoulèrent puis il se fit rebondir sur le matelas, comme pour en tester la qualité.

 

Il finit par prendre son petit carnet, qu'il avait quelque peu délaissé depuis quelques temps, et s'installa en tailleur sur son lit un stylo à la main. Les minutes s'égrenèrent, et seul le grattement du stylo sur le papier résonnait dans le silence de la chambre sous les toits.

 

Un faible «toc toc» à la trappe qui lui servait de porte le fit sursauter. Comme il ne répondait rien, fixant le plancher où une poignée ouvragée dépassait, la voix de Tom lui parvint étouffée à travers la cloison.

 

- Bill ? Je peux entrer ?

 

- ...Ou-oui... bien sûr..., répondit l'orphelin d'une voix peu assurée en se redressant sur le couvre-lit sombre.

 

La trappe grinça légèrement alors que le guitariste la soulevait. Il se glissa dans l'ouverture et s'avança dans la pièce en observant attentivement autour de lui.

 

- ... Maman n'y est pas allée de main morte on dirait..., marmonna-t-il sans regarder Bill.

 

Celui-ci approuva d'un hochement de tête et déglutit le plus discrètement possible. Malgré les paroles de Claire, il craignait plus que tout la réaction de Tom, et lorsque le dreadé s'approcha et s'assit sur le bord de son lit, il ne put que remarquer que ce dernier évitait son regard.

 

Après un silence pesant, le guitariste finit par tourner la tête vers l'orphelin, et planta ses yeux dans les siens.

Bill n'y vit aucune rancœur, aucun ressentiment et surtout aucune accusation.

Tom ne faisait que le fixer, sans que son visage ne montre une quelconque émotion.

Et là, le fugueur comprit...

 

Il s'offrait à lui dans sa nudité la plus complète. Aucun sourire, aucune grimace, aucune expression ne venait masquer la nature brute et pure de l'adolescent.

 

Ses traits fins ne s’incurvaient pas dans une mimique, ils ne faisaient qu'"être", tout comme ses yeux qui semblaient miroiter de tant d'émotions en même temps qu'ils n'en reflétaient plus aucune.

 

Et au fond de ces prunelles, l'orphelin comprit que Tom souffrait encore de cette blessure infligée par la disparition de son père. Il aurait besoin de temps, et tout ce que l'orphelin pouvait faire c'était d'attendre et d'être là lorsque le moment serait venu.

 

Le guitariste leva une main hésitante, et posa avec douceur ses doigts glacés contre la joue veloutée de son protégé.

 

Ses mots s'égrenèrent entre eux comme une promesse à peine esquissée.

 

- Tu as complètement chamboulé ma vie… Je ne sais pas comment je pourrais te remercier assez.

 

Bill ouvrit la bouche, et sous l'impulsion d'un sentiment qui l'habitait sans qu'il en ait encore conscience, il répondit la simple vérité.

 

- Ne me laisse pas... Jamais.

 

La violence de l'étreinte qui suivit fut à la hauteur de leurs sentiments respectifs.

 

Et même si Tom souffrait plus qu'il ne l'aurait fallu dans ses souvenirs d'un autre temps, et même si Bill ne comprenait pas ce qui le poussait à vouloir ce corps contre le sien, tout cela n'avait plus d'importance puisque la douloureuse joie qui se diffusait dans leurs poitrines effaçait tout le reste.

 

 

A suivre...

 

 

 
 
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