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Harry était au café depuis maintenant deux heures et observait un des clients d'un oeil curieux. -Qu'est-ce qu'il t'a fait ce gars pour que tu le mates comme ça? demanda Jack. -Hum... fit Harry, rêveur. Rien, mais ça fait une semaine qu'il vient tous les jours, et de plus en plus tôt Ce matin il est même arrivé avant Mathilde et Camille. -Oh si c'est ça, je peux te dire qu'il reste jusqu'à tard aussi. -Ah bon? s'étonna Harry. -ça fait une semaine que je pars après toi, donc je peux te le dire! Ed a essayé d'engager la conversation avec lui, mais il s'est fait envoyer sur les roses... -Charmant... De toute façon, je verrai bien: ce soir c'est moi qui ferme. -Pourquoi tu t'y intéresses tant? s'enquit Jack. -Je ne sais pas... Il m'intrigue. Jack haussa les épaules et repartit laver des verres, laissant son ami à ses réflexions. Harry avait effectivement un étrange pressentiment depuis qu'il avait rêvé de la Grande Bataille. Et ce sentiment s'était emplifié lorsqu'il avait aperçu ce petit homme nerveux pousser la porte du café. -Bizarre... murmura le Brun en allant prendre la commande d'un couple. En fin de journée, Harry s'apprêta à aider son ami à rentrer les tables. Il jeta un coup d'oeil dans un coin de la pièce avant de sortir. L'étrange client était toujours là, face au grand miroir mural du café. Le malaise du Brun s'accentua et il préféra se retourner. -Au fait! lui cria Jack depuis la terrasse, Kate est passée pendant ta pause. -Ah oui? Qu'est-ce qu'elle voulait? demanda Harry en se dirigeant vers une table. -Humpf! Savoir si on n'avait pas vu Ed aujourd'hui. Harry lui répondit en déplaçant sa table que Ed devait aider le Révérend Matthew dans il-ne-savait-plus quelle entreprise bizarre que le dit-Révérend avait encore imaginée. -Organiser des Confirmations n'a rien d'une "entreprise bizarre", Harry! se moqua Jack. Et c'est ce que j'ai répondu à Kate. Mais c'est pas pour ça que je t'en parle. -Ah? -Non, elle m'a aussi dit que Yannick cherchait désespérement à te joindre. Comme tu ne répondais pas chez toi, il a dû penser que peut-être, tu serais chez elle... -Il m'a appelé cinq fois hier soir, dit sombrement Harry. J'ai mis le répondeur. -Qu'est-ce qu'il voulait? -Me dire qu'il était désolé, qu'il aurait dû me faire confiance, et il veut je lui laisse une chance. Ce qui n'est pas très crédible s'il essaie de me joindre chez Kate... ajouta-t-il plus pour lui même que pour Jack. -Je vois... Tu devrais peut-être lui répondre et l'envoyer paître une bonne fois pour toutes. -Dis-donc, jeune homme, je te trouve bien prévenant! Qu'est-ce que tu as encore fait comme connerie? -Boaf! soupira Jack; Si on peut même plus s'inquiéter pour nos proches sans qu'ils y voient une arrière pensée! Bon, moi, je rentre! A demain! -Ouais, bonne soirée, répondit Harry. Ne fais pas la bringue toute la nuit, c'est toi qui ouvre demain! Jack se mit au garde-à-vous et partit. Harry le regarda s'éloigner et retourna à l'intérieur. Son regard se tourna vers l'endroit où se trouvait son mystérieux client quelques instants plus tôt. Il haussa les épaules en constatant qu'il n'était plus à sa place et alla débarasser sa table. Harry commençait à ranger la salle lorsque des éclats de voix lui parvinrent depuis les toilettes. Il tourna la tête vers l'origine du bruit et supposa que l'étrange client devait se disputer avec quelqu'un au téléphone. Le Brun fronça les sourcils et se remit au travail. Une exclamation plus forte que les autres le força à relever la tête. Le ton était passé de la colère à la terreur. Harry reposa sa chaise et se dirigea lentement vers les toilettes. -Pitié! fit la voix de l'homme; Je vais continuer à chercher! Je vous en prie! Harry n'ententit personne répondre, mais l'homme se mit à crier. Une sourde angoisse le poussa à courir. -Est-ce que tout va bien? demanda-t-il en poussant la porte. Harry eu à peine le temps de croiser le regard à la fois surpris et apeuré de l'homme qu'un éclair vert jaillit de derrière la porte pour heurter l'inconnu qui tomba inanimé. Harry entendit le "Crack" caractéristique d'un transplanage et couru vers le corps étendu au sol. L'homme était mort. La porte s'ouvrit violemment sur une Hitomi à l'air contrarié. -Qu'est-ce que... commença la jeune femme. Mon Dieu! Harrison! Elle porta la main à sa bouche, l'air horrifiée, incapable de quitter le cadavre des yeux. -Hitomi! cria Harry, appelle la police! Vite! -Je... oui! La jeune femme ressorti en courant. Avec un peu de chance, pensa Harry; le ministère aura détecté l'Impardonnable et les Aurors prendront le relais sur les flics... Harrison. Le fameux bijoutier... Mais qu'est-ce qu'il foutait ici? * La police était arrivée sirènes hurlantes et avait bouclé le quartier. Harry s'était retrouvé enroulé dans une couverture at assis dehors à répondre aux médecins: oui, il voyait la petite lumière; oui, il savait combien le docteur avait de doigts. A présent, il priait Merlin pour que les Aurors arrivent tout en expliquant pour la quinzième fois à l'agent de Scotland Yard que oui, il y avait quelqu'un d'autre dans les toilettes avec la victime; non, il n'avait pas vu qui, parce que oui, il était sous le choc. Harry avait en effet pensé que l'agent MacKenzie aurait mal interprété son sang-froid face à un cadavre. Harry en était à son énième soupir lorsqu'une voiture ministèrielle arriva. Au nombre incongru de personnes qui en sortit, Harry comprit que c'était les Aurors qui arrivaient. Il se figea lorsque s'extirpa du véhicule un homme aux cheveux d'un blond presque blanc. Harry déglutit difficilement. L'homme se dirigea droit sur lui, ignorant MacKenzie qui voulait l'empêcher d'approcher. -Bonsoir, Potter, fit-il de sa voix grave et trainante. |