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Auteur : Phalanx Disclaimer : Du premier mot à le dernière insanité, tout m'appartient. BO : Fight Club - BO Notes : Dans la joie et la bonne humeur, un premier texte. Le tombeau des aspioles Moi je regarde défiler les rails, tout le jour. Je suis, comment dire… quelconque. Les gens m'oublient à peine cinq minutes après avoir fait ma connaissance. Ils me croisent dans la rue, à chaque intersection. Je suis l'Anonyme. Du premier au dernier métro tu m’aperçois, visage figé dans la contemplation de ces fils désespérément linéaires auxquels je m’accroche comme d’autres couchent avec leurs secrétaires et se droguent, hypocrites mondains tolérés par la bienheureuse société. Le matin, quand toi tu t’enfile ta femme ou une ligne, moi je balance mon DSM IV par terre et je choisis la maladie qui va me ronger aujourd’hui selon la méthode du vieux Tender, avant d'appeler chez toi et d'extorquer un don à ta femme de ménage. Je suis le clochard que tu repousse chaque matin, je suis la clocharde à qui ta femme lâche quelques pièces chaque soir avant de courir chercher ses mômes, je suis le désespéré que tu tente de dissuader de sauter jusqu'à ce que les pompiers arrivent et que tu puisse te barrer et raconter " oh là, l'histoire en rentrant du boulot !". Je suis ton collègue que tu déteste parce que sa Rolex est en or massif et la tienne en plaqué, je suis ta maîtresse qui a rien à foutre de ce que tu lui raconte et qui pique de la thune dans ton portefeuille en croco pour faire sa pétasse dans le resto à la mode avec sa sœur mariée à un compte bancaire italien nommé Max. Je suis la lame de rasoir qui rippe et t'ouvre la joue à la veille d'un déjeuner d'affaire, ton gosse qui te dit que t'as l'air d'un pirate, et je suis aussi la mandale que tu lui décroche, à ce petit merdeux. Je suis aussi le type qui annonce la fin du monde en courant à poil dans les rues, les marginaux qui dorment dans le métro et que tu enjambes d'un air absent chaque matin. La femme qui renverse de la sauce tacos sur ta cravate à 200$ c'est encore moi, comme le gosse qui court à travers la route pour récupérer son ballon, si, celui que t'envoies à l'hôpital et dont la mère va te coller un procès. Je suis la lettre de ta femme, celle où elle te quitte après trois pages d'injures. Je suis ta vie de merde, ton fric qui te sert à rien et tout ce que tu rates. Je suis les sept minutes de retard au spectacle de ta fille, et le juge qui affirme que t'es pas capable de t'occuper à plein temps de tes gosses.
Je suis le dernier grain de sable. Je regarde ces putains de rails à travers la vitre, et après je ferme les yeux en priant fort pour passer à travers. Histoire de ralentir un peu le prochain métro. Histoire que les quelques larbins qui le prennent arrivent en retard, et se fassent virer. Histoire de baiser la prochaine génération de maîtres du monde. Putain d'envie d'exploser l'ordinateur contre un mur. Est ce que tu te doutes à quel point j'ai envie de t'envoyer te faire foutre, toi avec tes jugement de merde bien pensants, et ouais je suis toute seule, et ouais je t'emmerde, et viens un peu par là, histoire que je m'amuse à voir quel est le coefficient de pénétration de ta gueule sur le sol ? Et toi, t'es rien, rien qu'un pauvre mec à moitié pourri, dégeulasse, et fier de ça. Parce que ta baraque de merde veut plus que celle de ton voisin, parce que ta fille va faire arranger ses cheveux dans un salon de coiffure à deux zero, tu crois que tu veux mieux que les autres ? Allez, pauvre con, réveille toi. T'es pas meilleur, t'as pas plus intelligent. T'as juste compris plus tôt quelles bottes il faut lecher, avec qui baiser, le nom du dernier décorateur en vogue. T'es même pire, parce que tu te satisfais de ton existence achetée à coup de Gold, et que tu jouis de savoir que le nombre de ceux qui te baisent est inférieur à la normale, voire même au nombre de ceux que toi tu montes. --------------------------------------------------------------------------- Je suis aussi en train de créer un blog pour les Analectes et quelques autres petites choses. Plus de nouvelles au prochain texte. |