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au 8 Juil. 19 :
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pour 4052 fics écrites
contenant 15026 chapitres
qui ont générés 24299 reviews
 
     

     
 
Sincèrement Votre
Par Fanny
Père Noël Surprise '07  -  Romance/Humour  -  fr
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    Chapitre 1     21 Reviews    
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Ho Ho HOOOOOOOOOO
En ce jour de Noël, me voilà affublée du lourd fardeau du Père Noël :
Offrir un cadeau et prier pour qu'il plaise.
Voilà, donc ma mince contribution au Père Noel'07 de Manyfics, et Dédale elle est pour toi cette fics :D

J'ai vu dans ton profile que tu adorais les Severus/Sirius, alors j'ai essayé un instant d'emprunter ces personnages. Je t'avoue n'y être arrivée qu'a moitié...
J'ai beau les adorer tous les deux, aucune idée me venait, donc excuse si le récit est décalé ou décousu... j'ai fait ce que j'ai pu :)

J'espère tout de même que ce cadeau te plaira :-)
Passe un excellent Noël :D
Et bonne Lecture :).

oOooOooOooOooOooOo


"Tu me le paieras Black, dussè-je vendre le peu d'âme qu'il me reste au Diable, je t'assure que tu me le paieras."
Voilà ce que marmonnait le détesté professeur de Potion de Poudlard, Severus Snape de son nom. En effet, Black avait toujours été sa bête noire (sans mauvais jeu de mots), il lui avait pourri son adolescence, détruit sa jeunesse et s'escrimait vaillamment à lui rendre la vie totalement ... invivable!
Un genre de passion, un sacerdoce, une vocation en somme. Mais ce qui pouvait passer comme des idioties d'adolescent pubère et dominé par des  hormones un peu trop présentes devenait complètement grotesque à leur âge.
Mais ça Black ne le comprenait pas...
Bien entendu, comment espérer qu'il comprenne un jour quoi que ce soit.

Alors oui, c'était les périodes de Noël. Oui, tout n'était qu'amour, don de soi et dévouement. Et Oui, lui aussi était, je cite, "transporté par les élans de partages et de sérénités qui flottaient dans les couloirs de Poudlard"... Enfin du moins avait-il acquiescé à ces inepties, espérant qu'ainsi Albus daignerait lui lâcher la grappe ( pour rester poli ).
Mais il y avait des limites, il y avait des bornes, et là Sirius Black venait allègrement de les dépasser, enjamber ou autre.

Il aurait du dire non, dès le départ...
Il le savait pourtant que ça ne pouvait pas marcher, c'était Impossible que cela marche!
D'ailleurs... s'il y réfléchissait, il AVAIT dit non! Et plusieurs fois!
Mais personne ne l'avait écouté, pour changer...
Albus avait souri en l'assommant de paroles toutes aussi inutiles qu'insipides et Black, lui, s'était juste contenté de hocher la tête bêtement.
Il avait dit non, et ça n'avait rien changé... comme d'habitude d'ailleurs.

Et puis il ne voyait pas en quoi sa façon d'enseigner était répréhensible, ou sujette à caution. Il ne dénigrait pas tant que ça les Gryffondors, c'était eux qui avaient un QI en dessous de la moyenne. Ce n'était pas sa faute si des huîtres ne pouvaient pas comprendre ses cours. Il était déjà bien gentil de les accepter dans sa classe.
Pour Black c'était différent, il était clair et net que ce dernier faisait preuve d'une discrimination notoire envers les élèves de sa maison.
Pas une journée sans qu'un Serpentard ne vienne se plaindre à son sujet. Pourtant c'est connu que les Serpentards sont doués contre les forces du mal. Mais Monsieur Black ne semblait pas l'entendre de cette oreille.
Et toute poilue soit-elle, son oreille est totalement partiale.
Alors oui, qu'Albus en vienne à la conclusion que Black devait changer ses méthodes c'était justifié, mais que lui doive le faire, c'était impensable.

Et puis cette fâcheuse tendance à rapprocher les maisons ET leur dirigeant ... Surtout leur dirigeant... c'était d'un ridicule...
Franchement, Black et lui se détestaient depuis leur naissance, à quoi bon vouloir changer des bases aussi solides que celles de ce château. Détruire des bases n'était jamais bon, c'était comme renier une vérité séculaire. Et lui, aimait la vérité.
Non pas que le fait de travailler avec Black puisse lui donner envie de devenir son ami. Merlin l'en préserve, il n'était pas si influençable. Mais fouiller dans le passé était très mauvais pour la santé... surtout pour la sienne.

Car la dernière folie d'Albus était de faire un Noël de l'ancien temps. Un Noël identique à celui passé par Severus et Sirius à l'époque de leur scolarité.
"Revivre des anciens souvenirs", "Resserrer les liens grâce au passé", "Replonger dans la nostalgie" et il en passait...
Ah! Il y avait été fort le Dumbledore cette année. Quand Severus y pensait, il en arrivait à la conclusion qu'Albus avait même atteint son record personnel de bêtise chronique.
Comment Black et lui pourraient bien faire pour organiser tout ça?... à deux?... Sans s'entre-tuer?
L'idée était grotesque et la fin ne promettait rien de bon, mais Albus avait tenu bon et Severus avait abdiqué.

Et maintenant ça faisait vingt bonnes minutes qu'il poursuivait Black dans les couloirs pour lui faire comprendre "gentiment" que faire transporter par des elfes de maison TOUTES ses affaires de classe des années 70, sentant bon le Gryffondor pubère, dans SES appartements totalement Serpentard n'était pas sa meilleure idée de l'année.
Son salon ressemblait à une énorme brocante sans queue ni tête... et cela bien entendu grâce à Black...
C'était toujours Black... toujours...

"BLACK!"
"Snivelus!"
"Ne commence pas Black, j'ai réchappé à Azkaban de peu à la fin de guerre, mais y aller pour ton meurtre ne me dérangerait pas plus que ça."
"Encore d'une humeur radieuse aujourd'hui à ce que je vois, un thé?"
"Ne te fiche pas de moi, que font toutes tes affaires chez moi?"
"Albus a voulu qu'on recrée l'ambiance de nos 17 ans, je me suis dit que tu avais dû oublier ce que c'était d'être jeune... alors je t'ai envoyé des "archives d'époques", ne me remercie pas, je n'ai fait que ma part du travail..."

Assis sur son fauteuil d'un marron agréssif Sirius Black, cabotin né, regardait Snape avec tout le calme et la courtoisie dont il était possible. Éclater de rire en voyant son visage déformé par la haine n'était vraiment pas très poli... Enfin du moins le pensait-il.

Cela faisait deux ans maintenant qu'il avait repris le poste de professeur de défense contre les forces du mal. Et malgré le train-train ennuyeux de cette vie professorale, il aimait avoir enfin un chez lui, et surtout il aimait avoir son souffre-douleur favori à portée de main.
Snape était si facile à ennuyer, énerver, exaspérer, désespérer même, que c'en était une joie sans cesse renouvelée...
Et Merlin savait à quel point il pouvait la renouveler...

Préparer ces festivités lui déconvenait autant qu'a son vis-à-vis, mais il y avait trouvé un bon coté, rendre Snape complètement chèvre. Et à première vue cela marchait à la perfection.
Envoyer tous ses vieux cartons de classes gardés précieusement par Moony avait été une introduction, ma foi, fort bien réussie. Snape semblait fulminer, il détestait qu'on envahisse son espace vital. Surtout quand cet envahissement comportait des affaires certifiées Gryffondors et sentant bon la poussière et le renfermé...
Des fois son propre génie l'épatait.

"Écoute Snivel..."
"BLACK!"
"... Écoute Snape, franchement je ne vois pas pourquoi tu t'emballes, ce ne sont que des vieilles affaires, des photographies, des cours et que sais-je... Ça nous servira, les photos ont quasiment toutes été prises lors des fêtes de fin d'année..."
"Black, je t'assure que ton sourire de chien mal dressé n'a aucune chance de marcher sur moi, alors tu as intérêt à virer tes affaires de chez moi dans la minute sinon Poudlard devra encore chercher un nouveau professeur de défense contre les forces du mal l'an prochain."
"Parce que tu crois me faire peur Snivelus?"
Le ton qui au début aurait pu paraître normal et presque courtois pour une oreille entraînée, avait monté d'un cran, et le fait que Black se soit levé pour maintenant fixer son "invité" droit dans les yeux, ne voulait dire qu'une chose... que les objets aux alentours allaient encore subir un sort funeste.
Ce fut quand la chemise de Severus fut agrippée avec force et que la première baguette fut sortie que le premier vase commença à trembler... Mais il fut sauvé de justesse par trois coups guillerets frappés à la porte... Trois coups juste assez insistants pour permettre aux deux hommes de comprendre qui les avaient donnés.
Rapidement Sirius lâcha prise et Severus rangea sa baguette.
"Entrez Albus."

Et en effet, la porte s'ouvrit sur le directeur, tout sourire, regardant avec amusement les deux professeurs en face de lui.
"Ah, vous êtes là tous les deux excellent! Vous commenciez déjà les préparatifs à ce que je vois..."
"On peut dire ça" marmonna Sirius.
"Bien, bien parfait... Justement je voulais vous féliciter pour vos initiatives, ressortir vos vieilles photographies de l'époque est une idée de génie."
Sirius se contenta d'acquiescer avant de lancer un magnifique sourire de victoire à son collègue.
"Severus, quand allez-vous commencer à trier les photographies?"
"Justement nous en parlions Albus, et Severus m'expliquait qu'il comptait s'y mettre des maintenant... N'est-ce pas Severus?"
"Va te fa... Oui... j'allais m'y mettre."
"Par-Fait! Je sens déjà que vous vous entendez mieux! Rien de tel qu'un travail collectif pour resserrer des liens un peu distendus. Les élèves vont crier de joie en voyant tout ce que vous aurez fait pour eux."
"Ah mais nous aussi cela nous enchante Albus, n'est-ce pas Severus? N'es-tu pas heureux?"
"Extatique..."
"Là, vous voyez..."
La seule chose qui manquait à la scène selon Sirius, ç'aurait été un photographe pour l'immortaliser. La veine tapant en rythme sur la tempe gauche de Snape était, selon lui, du plus bel effet. Et vraiment, mais alors vraiment, très saillante...
"Je vais d'ailleurs vous abandonner pour rejoindre ma tache. J'aime fouiller dans les vieilleries de Black, c'est ma joie..."
"Allez-y Severus, amusez-vous bien..."
"J'en trépigne d'avance... Albus. Black. Bonne fin de journée."

oOoOoOo

C'était le dernier carton. Il avait trié toutes les vieilles photos, tous les vieux cahiers de classes, et en avait fait des tas à peu près cohérents.
Black n'avait pas menti sur un point, la plupart des photographies avaient été prises lors des fêtes de fin d'années à Poudlard. Ils auraient une bonne base pour recréer les décorations. Mais il y avait passé son après-midi, et ça Black aurait à le payer un jour ou l'autre.

D'un geste vif, il retourna l'ultime "container-de-la-vie-si-palpitante-de-Black-en-septième-année" et commença à chercher les photographies qu'il pouvait contenir.
C'était principalement des livres et des papiers mis en vrac, Black prenait soin de ses affaires d'une façon très Gryffondoresque. Pour résumer c'était un chaos infâme. Mais au bout d'un huitième carton il avait arrêté d'y faire attention.
Feuilletant le dernier livre de Charmes et Sortilèges, il fit tomber une enveloppe jaunie mais à première vue intacte.
Il allait la poser sur le tas de "lettres-d'amour-encore-non-ouvertes-de-cet-idiot-de-chien-en-rut" quand quelque chose l'interpellât.
Oh, pas grand chose, juste deux mots, écrits sur l'endroit de la lettre :
"Pour Severus"


D'abord il resta sans bouger, attendant certainement que la lettre se transforme en beuglante ou en mini bombabouse... Mais rien ne se passa.

À l'odeur et à la couleur, elle avait dû rester dans ce livre pendant des dizaines d'années...
"Pour Severus"... C'était aussi étrange de trouver ces mots dans un livre de Black que de lire " Made in china" sur un vase grec antique...

Sans plus se poser de questions il décacheta l'enveloppe, faisant sauter le bout de cire fermé du sceau si caractéristique des Black.

Il déplia la lettre et commença à parcourir les phrases sans vraiment les lires, cherchant l'insulte ou le piège encore cachés.
Ce fut quand il arriva à la signature finale : "S.B." qu'il se décida à la lire pour de bon.
Qu'avait donc pu vouloir lui écrire Black durant leurs années de scolarité ?

oOoOoOo


Cinq bonnes minutes s'écoulèrent avant que Severus ne se décide à replier la lettre.
Il n'avait pas pu s'empêcher d'éprouver l'ancienneté de celle-ci avec un sort de son cru. Elle était bien d'époque, et c'était bien Black qui l'avait écrite. Nul piège dans l'encre, ni même dans le papier. Cette lettre était on ne peut plus authentique, et c'était ça qui le dérangeait le plus.
Car Black n'aurait pas pu écrire ça sans arrière-pensée. Il devait forcément y avoir une raison cachée, un piège, un traquenard. Peut-être que le sort qu'elle contenait s'était dissipé avec le temps, peut-être que Black avait loupé son coup à l'époque et ne lui avait jamais donné la lettre pour cela.
Mais malheureusement, il savait très bien que cette lettre était vierge de tout sort, éventé ou non... Et cela mettait son esprit en ébullition.

La lettre n'était pas plaisante à proprement dit, mais elle était troublante de sincérité. Elle était bien trop hésitante et bien trop blessante par endroits pour ne pas avoir été écrite sur un coup de tête. Certainement très vite regrettée.
Mais coup de tête ou non, Black lui avait écrit ces mots, les avait mis dans une enveloppe et avait pris la peine de la cacheter avec sa bague.
Cela révélait une certaine résolution dans ses actes. Il voulait qu'il la lise. Il voulait qu'il le comprenne dans un sens.
Et connaissant Black, et au regard de leur passif cela était improbable... même carrément impensable.

Pour la seconde fois il ressortit la lettre de son enveloppe, se persuadant soi-même qu'à la seconde lecture la lumière se ferait.
Après tout il avait très bien pu sauter une ligne, un paragraphe...
S'installant confortablement dans son fauteuil, il rapprocha la lettre pour mieux la lire... encore.

"Snape,
Ne crois pas que cette lettre soit un mea culpa de mes fautes ou une quelconque demande d'absolution de ma part. Ça serait te mettre la baguette dans l'œil jusqu'au coude.
Cette lettre n'a pas non plus la prétention d'accaparer ton intérêt; Après tout, tu n'es qu'un Serpentard, et c'est un fait établi que les Serpentards ne s'intéressent qu'à eux-mêmes.
Pourquoi est-ce que je prends la peine de t'écrire me demanderas-tu alors? Et bien moi-même je me pose la question.
Remus me dirait que c'est parce que je n'aime pas qu'on me déteste, James que c'est parce que je ne suis qu'un impulsif notoire, et Peter... Et bien Peter serait certainement de l'avis de James.
De mon côté, je pense que ce n'est pour aucune de ces raisons mais plutôt parce que cela me semble légitime.
En effet, que m'importent tes sentiments à mon égard... Je ne pense pas qu'un animal à sang-froid puisse ressentir une quelconque émotion. Alors des sentiments...

Mais je n'aime pas tourner autour du chaudron : Severus, je te hais. Sincèrement.
Ne prend pas ça comme une insulte, pour une fois ça n'en est pas une. C'est juste un fait, une vérité, un acquis sur lequel on peut fonder une relation, toute destructrice soit elle. Parallèlement je suppose donc que tu me hais aussi. En fait j'en suis sûr. Et sache que cela me rassure, et me convient.
Maintenant que les faits sont énoncés je peux arriver au sujet qui nous intéresse.
Le "pourquoi."

Sais-tu le pourquoi de ta haine envers moi?
Et moi? Comprends-je bien pourquoi ta simple présence fait ressortir en moi mes plus bas instincts?
Pas de réponse hâtive Snape, prends le temps d'y penser avant. Fouille dans ton esprit et dans cet organe qui bat dans ta poitrine... Juste un instant.
Et je t'en prie ne me sors pas cette solution bateau de "tu es un sale clébard de Gryffondor pas capable de réfléchir avant d'agir". La majorité de Poudlard est ainsi Snape, et pourtant tu ne nous hais pas tous.

Vois-tu, ces questions, je me les suis posées l'autre nuit, alors que Remus me blâmait encore une fois pour mes actes inconsidérés qui auraient pu causer ta mort.
Je me suis demandé pourquoi je n'avais pas réfléchi aux conséquences de mes actes, pourquoi ta mort ne m'étais jamais venue à l'esprit comme une possibilité.
Et tu sais quelle fut ma réponse?
Que nous nous ressemblions...
Je t'avoue que cette idée m'a tout d'abord donné la nausée.
Puis j'y ai repensé, essayant de comprendre comment mon esprit torturé en était arrivé à cette conclusion.
Et finalement je me suis rendu compte que c'était bien le cas. Nous sommes pareils, peut-être pas "identiques" comme le seraient deux jumeaux, mais comme deux faces d'une même pièce.

Penche-toi sur cette hypothèse une seconde, et dis moi...
Dis-moi que je me trompe!
Ose me dire que ta fierté de premier de classe ne rappelle pas mon orgueil d'être ce que je suis.
Ose me prouver que ta haine envers ta famille est différente de la mienne envers ceux qui m'ont engendré.
Ose contredire le fait que si tu aimes te fondre dans la masse pour que nul ne te connaisse, moi c'est dans le "m'as-tu-vu" que je me cache des autres.
Ose m'affirmer enfin que ta dévotion envers ceux que tu crois servir n'est pas la soeur jumelle de mon adoration pour mes amis.
Nous sommes pareils Severus Snape, et sache que je suis certainement celui qui en souffre le plus.

Cette lettre n'a donc pas pour but inavoué de t'ouvrir les yeux sur notre infortune commune. Elle est juste là car j'avais besoin de te voir souffrir comme je souffre. Après tout, à être identique on en perd le droit d'agoniser seul.

Remus dit que je me complais dans le mélodramatique pour dissimuler ce que je pense vraiment. En relisant mes dernières phrases je me dis qu'il a raison. Saleté de Remus... des fois j'aimerais qu'il se trompe...
Car oui je déteste être haï... même par toi... ( Ma plume a failli écrire "surtout"... voilà encore un autre sujet que je devrais approfondir...)

Mais je vais m'arrêter là pour aujourd'hui. Je vais terminer cette lettre comme je l'ai commencée, sans vraiment savoir où elle devait mener. Je vais certainement la ranger dans un coin de ma chambre ou peut-être te la donnerais-je, juste pour voir ta réaction en la lisant, juste pour imaginer ta grimace de dégoût face à mes mots.
Peut-être viendras-tu m'insulter alors, et de mon côté je te traiterais de sale serpent graisseux et la vie recommencera...
Prends cette lettre comme une trêve, une trêve qui aura duré le temps que tu auras mis pour la lire, le temps que j'aurais mis pour l'écrire.

Comment finis t-on une lettre comme celle-ci?
Amicalement sonnerait faux, sincèrement peut-être...
Oui sincèrement a l'air parfait...

Sincèrement, donc...
S.B."


Il n'avait sauté aucune ligne, aucun paragraphe, il n'avait même pas sauté une virgule...
Et en effet il sentait un début de grimace déformer ses traits... ce Black... Ce fichu Black...
Il avait le don pour fendiller cette coque d'indifférence qui le protégeait... et ça devenait vraiment insupportable.
Lui? ressembler à ce chien errant mal léché? plutôt ressembler à un scrout à pétard, Plutôt ressembler à ce Longdubat qui briguait désespérément le poste de professeur de botanique. Plutôt...

Il ne ressemblait en rien à Black.
Jamais.
Ridicule.
Totalement impensable.
Lui avait un cerveau... détail notoire qui le différenciait forcément de ce Gryffondor à la noix, et ce cerveau avait été éduqué à réagir au quart de tour... même si pour l'instant il s'était mis plutôt en stand-by.

Il allait prendre cette lettre, prendre les affaires de Black, et les lui envoyer en pleine figure dès qu'il le rencontrerait. Cet acte pourrait passer pour puéril certes mais au moins ça le détendrait.
Ressembler à Black... une hérésie!

oOoOoOo


L'horloge marqua trois heures du matin quand Severus trouva enfin le sommeil. Il avait réussi à se convaincre lui-même que d'envoyer un mauvais sort à Black était le signe qu'il était tombé aussi bas que lui, et qu'il avait perdu déjà bien trop d'heures de sommeil pour un simple Gryffondor.

Bien entendu cette lettre avait dépassé la date limite de consommation depuis fort longtemps, et il y avait prescription d'un point de vue juridique. Mais il ne pouvait s'empêcher de penser, qu'à un moment donné de sa scolarité chaotique, que durant quelques heures, Black avait pris le temps d'écrire une lettre à son encontre, une sorte de trêve éphémère.
À quoi avait-il pu penser pour en arriver à faire ça?
À quel moment son cerveau mal oxygéné avait trouvé la force de sortir autant d'inepties, tout en désirant les lui faire partager ?
 Arrêter d'y penser aurait été une grande idée, il le savait, mais voilà son propre cerveau ne l'entendait pas de la sorte. Et comme quand une potion lui résistait, il ne pouvait s'empêcher d'y réfléchir, encore et encore pour en trouver la solution.

Ce fut quand son réveil sonna que celle-ci lui apparut. Claire et précise. Il allait essayer d'étudier Black. Non pas comme quand on a envie de connaître quelqu'un, non. D'une façon nettement plus scientifique, d'une façon nettement plus pragmatique.
Il allait prouver par a+b, que lui et Mr Black n'avaient rien en commun et peut-être en faire profiter le Gryffondor tout en se moquant de sa lettre.
Oui, il allait faire ça, et pas plus tard qu'aujourd'hui...

oOoOoOo


On était le vingt décembre et les préparatifs, bien que chaotiques allaient bon train. Les elfes avaient reçu des instructions précises pour décorer les couloirs et s'y attelaient avec joie et bonne humeur.
Severus avait réussi à regrouper des photographies assez précises du Poudlard de l'époque et Sirius Black avait joint les plus réputés des décorateurs londoniens.
Ça ne faisait que douze heures que Severus avait commencé son investigation sur le surnommé Black. Et ce qu'il voyait avait tendance à plus l'horripiler qu'autre chose. Tout dans cet homme était une source d'énervement. Et cela compromettait sérieusement ses observations.
Déjà sa démarche... Avait-il vraiment besoin de déambuler dans le château tel un vieux beau en manque d'émotions fortes. Le pas félin est un apanage qu'on ne devrait laisser qu'aux jeunes élèves. Les profs pourraient s'en dispenser.
Et il ne parlait pas des sourires enjôleurs qu'il distribuait sans compter à toute personne du sexe féminin un tant soit peu attrayant.
Le Sirius qui avait vécu Azkaban avait totalement disparu, et le détesté Black, tombeur de ses dames et baratineur en diable était bel et bien de retour. Et cela avait le don d'enrager Severus.
Mais le point positif c'était que là où Sirius charmait, Severus effrayait. Et sur ce point aucune ressemblance était possible... ou seulement pour un esprit dérangé.

Une chose encore qui l'exaspérait, c'était qu'en tant qu'espion, il savait comment observer sans être vu, il savait comment découvrir des secrets enfouis, mais Black avait la truffe aussi aiguisée que son cerveau était flasque, et il suffisait que son regard se pose sur ce Gryffondor stupide, pour que celui-ci se retourne immédiatement et le fixe à son tour, le sourcil légèrement relevé, posant une question muette.
Et cela arrivait souvent, trop souvent à son goût. Black allait finir par se douter de quelque chose...

Alors Snape avait trouvé une solution. Précaire certes, mais qui pourraient certainement tromper l'ennemi.
Albus voulait qu'ils soient amis?
Soit! S'il ne fallait que ça à son bonheur. Il allait devenir l'ami de Black, et ainsi ses oeillades et ses essais infructueux de comprendre la mécanique enrayée de son cerveau passeraient inaperçues.
Black n'aimait pas se sentir haï... et bien, il n'allait pas être déçu.

Bien sûr, ça allait lui en coûter. Il devrait prendre pas mal d'anti-migraine. Mais c'était la seule solution.
Et puis il avait été un agent double auprès de Voldemort, il pourrait très bien être un faux ami auprès de Black. Toute de même!

Commencèrent donc les premières approches amicales de Severus Snape, espion en service.
Tout d'abord être cordial aux repas, puis éviter de conspuer tout ce qui porte des couleurs rouges et or, enfin tenter des approches discrètes en souriant ou en parlant de sujets qui plaisent à l'ennemi.

Albus semblait aux anges de voir Severus en de si bonnes dispositions, Sirius lui paraissait plus perplexe qu'autre chose, et les élèves quant à eux se demandaient quand ce semblant de calme allait disparaître. En effet au bout de trois jours à ce rythme effréné de bons sentiments, les élèves trouvaient ça de plus en plus étrange, si ce n'était inquiétant. Enfin... surtout pour Sirius.

"Je t'assure Remus, il est étrange."
"Attends, tu me réveilles au milieu de la nuit pour me parler de Snape?"
"Non, pas de Snape, de son comportement... il m'a proposé du pain au repas! Tu te rends compte! DU PAIN!"
"Siri... je dormais..."
"DU PAIN REM! La fin du monde est proche, ou alors il a appris que j'allais bientôt mourir et il jubile tellement qu'il en devient agréable, je t'assure je crois bien qu'il m'a souri à un moment."
"Paddy, Severus ne sourit pas."
"C'est ce que je croyais aussi... Rem est ce que je vais mourir?"
"Bonne nuit Paddy!"
"Rem? Rem? Remus?"
Mais ce fut une cheminée des plus éteintes qui lui répondit.
Passant sa main dans sa chevelure noire, Sirius soupira bruyamment. Quelque chose clochait, il en était sûr. Severus n'avait jamais été cordial avec lui, et certainement pas sympathique.
Et ce n'était pas l'ambiance de Noël qui aurait pu le changer à ce point. C'était Severus Snape que diable, Severus Snape ne croyait pas à Noël... pas plus que lui d'ailleurs.
Bon, il était un maraudeur, et de ce fait il avait assez de matière grise pour étudier la situation dans son ensemble et résoudre l'énigme.

Depuis quand Snape agissait-il bizarrement? Le Sirius toujours prêt pour une bonne blague aurait répondu "depuis sa naissance", mais même si cette allusion comique était du plus bel effet cela ne l'aidait en rien.
Severus semblait le regarder bizarrement depuis à peu près deux jours. Oui, c'était cela. Deux jours pendant lesquels à chaque fois qu'il le croisait il sentait le regard du Serpentard s'attarder un peu trop sur lui. Comme s'il était une fiole de potion rare ou quelque chose du style.
Et que s'était-il passé il y a deux jours?
Pour aider ses réflexions, Sirius fit apparaître un peu de Fire Whisky et bu son verre d'une traite.
Il y avait deux jours, il avait parlé à Albus, puis il avait vu Remus au Chaudron Baveur, puis ils avaient fait transporter ses aff...
HA! Voilà!
Ses affaires personnelles, chez Snape!
Il avait du y trouver quelque chose, un certificat médical annonçant sa mort prochaine peut-être. Il ne savait même pas lui-même ce qu'il y avait dans ses caisses. C'était Remus qui les avait rangées et gardées toutes ces années.

"Remus il y avait quoi dans mes cartons?"
"Sirius... Je t'assure qu'il n'est pas dans ton intérêt de mettre un loup garou en colère une semaine avant la pleine lune."
"Remus allons, ne me dis pas que tu t'étais rendormi..."
"SI! Je dormais... encore! Et toi, tu es encore en train de penser à Snape, ça devient une obsession..."
"Je ne pense pas à Snape, je réfléchis! Il y avait quoi dans ces caisses?"
"Quelles caisses? Celles qu'on a fait parvenir à Severus?"
"Oui!"
"Des vieilles affaires de classes, des photos, tes livres de dernières années je crois. Rien de trop personnel je te rassure!"
"Quels livres? "
"... Siri... Merlin sait que je t'adore... Tu es ce qui se rapproche le plus d'un frère pour moi, je donnerais ma vie pour ta carcasse mais je te promets, encore une question aussi débile à ...trois heures du mat... et je te promets que ce n'est plus de Severus dont tu devras te préoccuper ces prochains jours."
"Pas mon livre de charmes de 7ème année?"
"Bo-nne Nu-it Si-rius!!"
Et encore une fois la tête de Remus fut remplacée par une flamme rougeoyante.

Cette fois ci Sirius s'effondra sur le canapé de ses appartements. Il l'avait jetée n'est-ce pas? Cette fameuse lettre... il l'avait certainement jetée.
Si ce n'était pas lui, certainement Remus.
Depuis le temps, elle avait pu tomber des centaines de fois de son livre de charmes. Tomber et se perdre à jamais dans une poubelle.
Il n'avait pas à s'inquiéter. Et puis il n'y avait rien de grave dans cette lettre en plus... n'est-ce pas?
De toute façon il ne s'en souvenait même plus....
Et puis Snape n'aurait jamais ouvert un courrier cacheté...
Et puis même, il n'aurait pas changé d'attitude pour si peu...
Il était stupide de s'inquiéter pour une faiblesse de jeunesse... non?
Doucement il se força à sourire, puis à rire de sa propre bêtise... il n'avait rien à redouter... Tout allait pour le mieux...
...
...
Il était fichu...

oOoOoOo


Qui pouvait bien oser taper à sa porte si tôt le matin... ou plutôt si tard dans la nuit. Cette personne devait certainement avoir perdu tout sens commun, ou juste désirer une mort lente et douloureuse, qui sait.
Resserrant un peu plus le manteau sombre autour de son torse, Severus se décida à ouvrir la porte, prenant soin tout d'abord d'afficher le regard le plus meurtrier qui soit.
"QUOI?"
"Snape, il faut qu'on parle."
Ses prédictions avaient donc été justes, Sirius Black était l'incarnation vivante de l'absence de tout sens commun!
"Black, tu as perdu la tête? Il est quatre heures du matin! Je dormais!"
"Qu'est-ce que vous avez tous à dormir ces derniers temps... Écoute Snape il faut qu'on parle, tu as de l'alcool?"
"Black! Sors de chez moi tout de suite!"
"Où est ma lettre?"
Sirius n'avait pas pensé à faire une entrée en matière aussi rapide. Mais le Fire-Whisky liquidé en quatre verres et l'heure tardive avaient eu raison de sa diplomatie.
Et, vu la tête de Snape au moment où il prononça sa question, il se dit qu'il aurait dû se forcer à tourner un peu plus autour du pot.
"Quelle lettre?"
"Tu sais très bien que quoi je parle Snivelus!"
"Black, tu débarques chez moi, en plein milieu de la nuit, pour me poser des questions sans queues ni têtes et tu oses en plus m'insulter? SORS D'ICI!"

Mais Sirius les mains fourrageant dans ses cheveux passa devant son hôte, faisant peu de cas de l'air furibond de ce dernier. Ni même de sa baguette déjà sortie.
"Écoute Snape, j'étais jeune et un peu éméché je suppose, cette lettre est une bêtise qui aurait dû disparaître depuis longtemps..."
"Black, je t'assure que si je savais de quoi tu parles je me ferais une joie de te foutre à la porte de chez moi toi et ta lettre, mais pour l'instant tes paroles sont totalement obscures. Comme d'habitude finalement.
Et quant à ton état d'ébriété avancé, tu me vois forcé de te féliciter, tu es resté très jeune à ce niveau-là!...
Maintenant sors d'ici!"
"Et puis je ne sais même pas de quoi elle parlait. J'ai oublié tu comprends..."
"Black, est-ce que tu m'entends? Ou ton cerveau a définitivement rendu l'âme pour cause d'utilisation trop sporadique?"
La scène vue de l'extérieur avait une note décalée non négligeable. Snape, en robe de chambre, légèrement débraillé, sa baguette à la main, menaçant un Black, pas mieux habiller, nettement perturbé, marchant de long en large dans le salon regardant partout sauf vers son vis-à-vis.
Severus aurait pu trouver cela comique, s'il n'était pas quatre heures du matin...
Maintenant que Black se rappelait l'existence de cette lettre, la lui balancer à la figure et se moquer de ses réflexions d'adolescent devenait nettement moins facile. Après tout, il l'avait gardé...
Pire! Il avait changé son comportement!
Pourquoi tout devait être si compliqué?
En soupirant il rangea sa baguette, de toute façon il ne pouvait pas tuer son "invité", cela gâcherait les fêtes de Noël d'Albus.

"Écoute Snape, si tu l'as rends-la moi, et oublie ce que tu y as lu. Ça devait certainement être des bêtises."
"Comme si tu pouvais écrire des choses sensées..."
"Très drôle... Alors?"
"Alors quoi?"
"La lettre?"
"Je n'ai pas de lettre Black ni écrite par toi, ni écrite par Merlin lui-même!"
"Mais... et ton comportement? Le coup du pain?"
Sirius sentait bien que ses arguments faisaient pâle figure, mais l'alcool avait toujours eu tendance à affaiblir ses capacités cognitives... Un vilain défaut.
"Le coup du... quoi? Et mon comportement est juste celui que tout professeur doit avoir avec ses collègues, je ne vois pas ce qui te choque!"
"Tu as été ... sympathique! Severus! Limite amical! Tu vas pas me dire que c'est normal ça?"
"Peut-être ai-je envie d'enterrer la hache de guerre, je ne sais même plus pourquoi nous nous disputons..." Le ton de sa voix était calme et posé, Black s'enfonçait tout seul, et le voir s'enliser dans ses réflexions alcoolisées était un petit plaisir simple dont il ne se serait certainement pas passé.
Le Gryffondor maintenant assis sur la chaise en face de son bureau se massait les tempes avec application.
Geste que lui-même faisait un peu trop souvent pour ne pas savoir ce qu'il signifiait : le début d'un mal de crâne carabiné.

"On se dispute parce qu'on se hait, et on se hait parce que je suis Sirius Black et que tu es Severus Snape! Voilà tout, ça devrait te suffire comme explication, elle t'avait suffit toutes ces années!"
"Le grand Sirius Black aurait-il peur de perdre la seule base encore solide de son existence? Ma haine? Comme c'est attendrissant... Mais désolé Black, je pense que tu devras faire une croix là-dessus. Dis toi que je suis juste un collègue un peu froid. Et rentre chez toi!"
"Tu as décidé comme ça que tu ne me haïrais plus?"
"Oui, c'est ce qu'on appelle l'intelligence humaine, notion qui doit t'être encore étrangère!"
"Et cela n'a rien à voir avec ma lettre?"
"Mais bon sang Black, de quelle lettre parles-tu? Tu me crois vraiment capable d'ouvrir un courrier qui ne m'est pas destiné? Surtout vieux de trente ans?"
Intérieurement Severus Snape souriait, il souriait même de toutes ses dents. Torturer Black était agréable, mais le forcer à se mettre à nu était un délice.
"Justement..."
"Justement quoi?"
"Elle t'était adressée..."
Prenant une pause dramatique, Snape se dirigea vers le fauteuil qui faisait face à Sirius et s'y installa.
"Tu m'as écrit une lettre? Quand nous étions à Poudlard?"
"Oui."
"Ne t'inquiètes pas Black, une nouvelle lettre d'insulte de ta part ne risque pas de me troubler plus que ça..."
"Justement..."
"Justement quoi? Black, ne me force pas à te tirer les vers du nez, je t'assure que je suis à deux doigts de te foutre à la porte de chez moi, trêve ou pas!"
"Justement, elle parlait de trêve. De toi, de moi, de pourquoi on se hait."
"Certainement un excellent moment de littérature que je regrette de ne pas avoir lu... Et donc cette lettre selon toi pourrait expliquer que je me sois décidé à t'effacer de ma liste de personne à abattre?"
"Ben, c'était la seule solution que j'avais trouvé. Idiot hein?"
"... je me passerais de commenter ceci. Et pourquoi avais-tu écrit cette lettre à l'époque?"
"Je ne sais plus, une envie de comprendre..."
"Ou comment Black tenta de réfléchir... Émouvant!"
"La ferme Snape! Pour quelqu'un qui se targue de ne plus me haïr, tu agis comme un vrai salopard!"
"Tu sais Black, au-delà de la haine il y a le mépris..." Tranquillement, Severus alla ouvrir la porte d'entrée et se dirigea vers celle de sa chambre. " Sur ce, Sirius, tu m'excuseras, mais moi, j'ai des préparatifs de Noël à effectuer demain. Referme derrière toi."
Ne laissant pas répondre son invité, Severus se retira dans sa chambre. Laissant Sirius seul, et légèrement abasourdi.

Que faisait-on quand son meilleur ennemi vous claquait sa haine au nez? Cherchait-on un autre jouet? Une autre personne à haïr?
Et puis, cette histoire de mépris...
Sirius Black n'était pas quelqu'un qu'on méprisait. Loin de là!
Et ce n'était sûrement pas Snape, avec son nez crochu et sa coiffure aléatoire qui allait commencer!
D'un pas rapide Sirius se dirigea vers la porte et la referma bruyamment derrière lui.
"On ne me méprise pas, moi monsieur!"
Sauf que la porte qu'il avait claqué derrière lui n'était pas celle des appartements de Severus mais ceux de sa chambre.
"BLACK? Mais tu as complètement perdu l'esprit!"
"Je sais que tu me hais Snape, ça se voit dans tes yeux, tu m'as toujours haï, on n'oublie pas sa haine si facilement!"
"La situation est complètement irréaliste... je dois être en train de faire un de ces cauchemars sans fin où Albus me poursuit avec des bonbons au citron..."
"Moi je te hais!"
"Grand bien te fasse... maintenant... DEHORS!"

Mais loin de s'en aller Sirius s'approcha de lui. Ses yeux à peine ouverts n'indiquaient rien de bon. Et Severus n'avait jamais été supérieur à Black niveau musculature.
"Sale ptit Serpentard sans fierté, toujours prêt à ramper pour ne pas se faire écraser, tu dois te sentir bien seul sans maître à servir!"
Une main sur son cou, Severus se fit plaquer contre le mur le plus proche.
"Par Merlin Black, renouvelle tes insultes... Que vas-tu faire? Me frapper jusqu'à ce que j'avoue que je te déteste? Tu ne trouves pas cela légèrement absurde?"
"Tu me hais!"
"Tu m'indiffères Black, comme tu m'indifférais à l'époque. Cette haine quasi exclusive que tu me portes semble toujours avoir été à sens unique, désolé de te décevoir. Et franchement si tu n'étais pas si pathétique dans ta tentative désespérée de faire revivre le passé je te trouverais presque comique. Lâche-moi Black."
Mais il ne lâcha pas, resserrant un peu plus son emprise, il se rapprocha même dangereusement.
"Cette lettre je m'en rappelle maintenant. Je te disais que nous nous ressemblions, que tu étais comme moi, aussi sombre et inaccessible, aussi servile et orgueilleux. Mais j'ai dû me tromper à l'époque, tu n'es qu'une larve sans intérêt."
"Oh? Cela marquerait-il la fin d'une si magnifique relation? Serais-tu en train de m'annoncer que tu me quittes? Va rejoindre ton loup garou Sirius Black, et arrête de focaliser tout ce qui te reste d'énergie sur ma personne. Nous ne nous ressemblons pas, je ne suis pas ton côté sombre de la médaille.
Rien de romantique ne nous lie, comme tu sembles si intimement le croire. Rien de glorieux dans nos guerres intestines. Justes deux hommes qui ne peuvent supporter la présence de l'autre. Rien de plus.
Tu me fais pitié Black, crois-tu vraiment que nous sommes de la trempe des chevaliers qui se battaient au lever du soleil? Tu n'as aucun intérêt pour moi, pas plus qu'un caillou dans ma chaussure, et je ne suis qu'une écharde dans ton doigt. Ne te donne pas plus d'importance que tu n'en as.
Car je t'assure, tu n'en as aucune!"
"Ça te plaît de le croire."
Les deux hommes se fixaient maintenant sans aucune gêne, défiant l'autre du regard, attendant le prochain geste, le prochain coup à jouer.
Ce fut Sirius Black qui le fit, avançant doucement son visage vers celui de son opposé.
"Tes yeux ne mentent pas Snape, ils brillent trop pour ne pas me haïr. Je connais ces yeux, je les connais par coeur."
"En quoi cette haine est elle si importante pour toi Black? Tu la réclames trop pour que ce soit sensé. Personne n'aime se faire haïr tu l'as écrit toi-même. Encore une déviance à rajouter à ta liste?"
"Tu l'as lu alors?"

Un instant les yeux de Snape s'écarquillèrent. Ha il était beau l'espion de l'Ordre, se faire avoir si facilement. À l'époque de Lord Noir, ce genre d'erreurs lui auraient coûté la vie...
Mais maintenant?

"Lâche-moi!"
"Pas avant que tu ne m'aies enfin dit la vérité!"
Severus poussa un soupir de reddition, avant de clore ses yeux une seconde ou deux.
"Tu n'as pas un style très agréable à lire et cette lettre était plus une insulte cachée qu'un billet doux Black. Que veux-tu que je te dise de plus."
"C'est donc pour cela tous ces salamalecs ces derniers jours. Tu voulais une trêve?"
"Mais non, stupide Gryffondor, je voulais t'étudier, comprendre pourquoi ton esprit perturbé avait pondu cette prose... Mais je dois avoir perdu mon talent pour la discrétion..."
"Tu me hais donc?"
"Merlin me sauve de cette nuit. Oui Black, je te hais et je te haïrais jusqu'à la fin de mon existence, aujourd'hui et demain, jusqu'à ce que la mort nous sépare... Il faut que j'embrasse le marié?"
"Pas la peine je crois..." Et sans prévenir Sirius fit disparaître les quelques centimètres qui le séparaient du Serpentard. Déposant tranquillement ses lèvres sur les siennes.

Il avait fait ça sans réfléchir, son corps avait agi de lui-même. Severus Snape faisait partie de sa vie comme l'air qu'il respirait chaque jour, et le "perdre" avait eut un goût amer.
Il le haïssait, tout allait pour le mieux. Et ses lèvres se conjuguaient parfaitement aux siennes.
Juste un peu trop sèches, juste un peu trop fines, juste un peu trop agréables peut-être.
Le baiser se prolongea un moment, testant la résistance des deux hommes. Qui oserait mettre fin à cet étrange échange? Qui oserait l'approfondir?
La main de Severus se leva pour se poser sur celle que Sirius portait toujours à son cou. Et ce qui devait être un geste pour le repousser se finit en une sorte de caresse un peu brutale. La main voyagea vers la chevelure sombre du Gryffondor et le força à se rapprocher.
Aucun des deux n'aurait pu dire à cet instant précis ce qu'il se passait dans leur tête. Ni même s'ils appréciaient ou non ce baiser, mais ils y plongeaient sans crainte, regrettant juste de ne pas y avoir pensé plus tôt.

Les minutes s'égrenèrent avant que le baiser ne s'estompe. Sirius relâcha son emprise dans le dos de Severus alors que celui-ci laissa glisser sa main de sous le pull de Black.
D'autres qu'eux auraient pu être gênés, et même complètement effrayés par ce qui c'était passé... mais pas eux.
Non, ils se regardaient, yeux dans les yeux, défiant l'autre de faire un commentaire.
"Je suis heureux que les choses soient revenues à la normale!" déclara soudain Sirius, un léger sourire aux lèvres.
"Pareillement, Black. Rien ne vaut une bonne conversation pour raviver des vieilles inimitiés."
"J'allais le dire... Bon et bien... je vais y aller..."
"Ce n'est pas moi qui vais te retenir!"
"Bonne nuit Severus... Et euh Joyeux Noël!"
Tranquillement Black retourna vers la porte de la chambre, il était presque sorti de celle-ci quand il se retourna une dernière fois.
"Au fait, Je te hais pareillement."
Severus garda le silence avant de passer sa main dans ses cheveux. Tic qui était pourtant propre à Sirius.
"Espérons que ça durera alors..."
Et ce fut un Sirius tout joyeux qui sortit de la chambre.

Le lendemain, Jour du Réveillon de Noël. Tout Poudlard découvrait enfin les décorations concoctées par les deux directeurs des maisons Serpentards et Gryffondors.
Le résultat était splendide, et même si les décorateurs semblaient exténués les yeux ébahis des enfants valaient tous les efforts fournis.

La journée se passa donc en visite et en découverte. Les murs et les pièces ayant changés de places, les élèves se perdaient avec délices dans "l'ancien château".
Aucun recoin n'avait été oublié, et ce fut des élèves fatigués mais heureux qui se présentèrent au repas du réveillon.

Sirius et Severus avaient été tellement occupés à finir les préparatifs du soir, qu'ils n'avaient pas eu le temps de se voir, ni même de se parler. De toute façon, qu'auraient-ils à se dire.
Les ennemis s'embrassaient dans certaines Mafias non?
Rien d'illogique dans leur comportement de la veille, d'ailleurs il ne s'était rien passé qui porte à conséquence? Tout était redevenu normal.
Exactement.
Normal.

Neuf heures du soir sonnèrent dans la grosse horloge du château. Et tous les plats apparurent par magie sur les tables. Rien n'avait été oublié et tous les mets semblaient se concurrencer en excellence.
Albus n'eut même pas le courage de prononcer son éternel discours... tout le monde n'avait d'yeux que pour les victuailles.
Il laissa donc tout le monde manger en paix, mais félicita tout de même les deux hommes qui étaient à l'origine de tous cela.

À la fin du repas, le bal pu enfin commencer. Les musiciens étaient eux aussi dans le ton, exécutant des musiques de l'époque, mariant avec brio le rock et la funky music.
Les élèves s'amusaient comme des fous, et Albus tentait même de leur apprendre des pas encore inconnus.

Seuls Sirius et Severus semblaient ne pas vouloir se mêler à ces danseurs endiablés. Trop occupés à se chamailler, comme expliquait gentiment Remus à sa partenaire.

"Black tu as vraiment le cerveau atrophié. De quoi parles-tu encore?"
"Je dis juste qu'on devrait officialiser!"
"... Je ne devrais même pas te répondre. On ne parle pas aux légumes normalement."
"Non mais réfléchis Severus..."
"Justement je suis le seul ici à réfléchir à mon avis, toi tu hallucines complètement."
"Laisse-moi faire!"
"Sirius tu ne vas nulle part."
"Si si, tu vas voir."

Et se hissant en haut de la table des professeurs, Sirius se lança un sonorus.
"Professeurs et élèves, Invités et amis, avant toute chose je vous souhaite un joyeux Noël. L'heure des douze coups de minuit approche, et avant de céder complètement à la magie de Noël je tenais à vous annoncer une grande nouvelle."
"Black descend de la de suite!"
"Chut Severus, je parle."
"Je tenais donc à vous annoncer que Severus et Moi-même, nous nous haïssons et que cela ne changera jamais! Severus monte avec moi."
"Va mourir Black."
Mais une main puissante l'attrapa par le col et le força à grimper à ses côtés.

Un public légèrement abasourdi regardait sans bien comprendre la scène qui se déroulait devant les yeux. Seul Dumbledore et Remus avaient du mal à cacher leur hilarité.

"Bref je voulais juste vous l'annoncer pour que ce soit officiel. Passez une bonne soirée!"
Et sans plus de préambule il attrapa Severus par la taille pour l'embrasser avec force.

La foule poussa un " HAAAAAAAAAAAAAAAAAA" mi-étonné mi-horrifié. Puis voyant que le baiser continuait, les regards finirent par se détourner du couple, et finalement au bout de quelques minutes le bal avait repris comme si de rien n'était. Après tout on avait vu des choses plus étranges à Poudlard durant ces années...

"Black,peux-tu décoller ta bouche de la mienne"  réussit à murmurer Snape contre les lèvres de Sirius.
Celui-ci se recula donc un peu, un sourire victorieux sur le visage.
"Ils ont adoré!"
"J'AI DÉTESTÉ!"
"Tu dis ça parce que tu es en colère..."
"Je dis ça parce que JE SUIS en colère Black!. C'était quoi ça?"
"Un réveillon de Noël?"
Severus allait répliquer mais se tu... À quoi bon? De toute façon il ne l'écouterait pas.
"Joyeux Noël Black..."
"Joyeux Noël Snape..."
"Tu es complètement stupide tu le sais ça?"
"C'est pour ça que tu m'aimes."
"... que je te hais Black... que je te hais..."
Un sourire se dessina sur le visage de Sirius. Juste assez grand pour lancer un début de migraine chez Severus et un éclat de rire chez le directeur de Poudlard.

Finalement,pensa Dumbledore, avoir aidé Remus à retrouver cette lettre n'avait pas été une si mauvaise idée que ça...
Tout est possible à Noël... n'est ce pas?

Fin

 

Holalala...

C'est pas glorieux :(

J'espere que vous avez aimé tout de même, surtout toi Dedale ^-^.
Un enorme poutoux  tous et toutes et passez un Joyeux Noël!

Fanny *Ma cape est rouge et verte aujourd'hui* 

 
     
     
 
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