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au 31 Mai 21 :
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L'Å’il de Rê
Par Lilithc
Harry Potter  -  Romance/Mystère  -  fr
7 chapitres - Complète - Rating : T+ (16ans et plus) Télécharger en PDF Exporter la fiction
    Chapitre 5     Les chapitres     34 Reviews    
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D'Anges & De cuir

Voilà le cinquième chapitre de L'oeil de Rê. Comme promis, il est arrivé vite, pour me faire pardonner de ma lenteur de ces dernières semaines. 

Donc, dans celle-ci, contenu explicite. Pas un lemon pur et dur, tout simplement parce que ce n'est vraiment pas ce que je préfère écrire. Mais ça suffit pour justifier le rating 16+, donc si vous avez ignoré ce rating, maintenant est le moment de vous arrêter. 

Je ne pouvais décemment pas prétendre m'inspirer des films noirs et ne pas mettre de scène muy caliente avec une femme fatale. Bon, dans ce cas, c'est un homme fatal. C'est pareil. Même si je dois admettre que, comme dans Poursuites, la fic a pris une vie en elle-même et a un peu dévié de ce que je comptais en faire à la base. Mais je l'aime quand même. 

Ah, oui, et le chapitre est dédicacé à masamiya, parce qu'elle m'avait réclamé une description de Draco Malfoy il y a quelques temps, et que j'avais un peu déconné en lui donnant un truc bâclé de trois lignes et demie et j'avais un peu honte, donc je me suis rattrapée là dedans :)

Bonne lecture! 

Alice Saturne

 

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xXx

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Bip…Bip…Bip…Bip…

Harry tenta d’ouvrir les yeux.

Bip…Bip…Bip…Bip…

Il parvint à soulever ses paupières, l’espace d’une seconde. Il ne vit que du blanc. La douleur qui fusa à travers son crâne lui fit regretter son geste.

Bip…Bip…Bip…Bip…

Quelque-chose tintait à ses oreilles. Un bruit régulier, aigu, qui résonnait dans sa boîte crânienne comme une clochette ensorcelée.

Bip…Bip…Bip…Bip…

Je suis mort, songea Harry. Je suis mort et je vais entendre ce bruit pour l’éternité.

Son esprit était embrumé et il avait l’impression d’être empli de coton. Peut-être que quelqu’un m’a empaillé ?  

Au prix d’un ultime effort, il parvint à rouvrir les yeux.

La première chose qu’il vit fut un plafond.

Harry fronça les sourcils. Ses sourcils ne bougèrent pas d’un poil. Son visage était inexistant. Quelque part, ça a un sens. Les morts n’ont pas de visage, pensa Harry. Mais, est-ce que les morts avaient un plafond ?

Il n’eut pas le temps  de se pencher sur la question, car le visage flou et soucieux d’une jeune femme envahit son plafond. Harry tenta de lui demander « Ou suis-je ? Qui êtes-vous ? Un ange ? »

« Nghhh… » Fut tout ce que sa bouche pâteuse parvint à articuler. Le coton dans son corps se transformait en pierre, il se sentait lourd. Terriblement lourd. Il ne sentait plus son visage, mais ses jambes pesaient sur le lit comme si elles étaient de roche.

« Chhhht… n’essayez pas de parler. Vous êtes sous morphine. » Dit l’ange d’une voix douce. D’accord. L’ange s’appelait Morphine. Drôle de nom,  et drôle de façon de se présenter, « Tout va bien, monsieur. Vous n’êtes plus en danger.  Je vais vous donner quelque chose pour que vous dormiez. Vous allez vous sentir un peu étrange, mais essayez de ne pas bouger. »

Harry, qui aurait été incapable de bouger même si sa vie en dépendait, lâcha un grognement d’approbation et  ferma les yeux. Les rouvrit aussitôt à la sensation de brûlure qui lui traversait le bras. Yeux qui s’écarquillèrent en voyant que l’ange lui avait enfoncé un tube dans le bras. Harry décida que ce n’était vraiment pas un comportement digne d’un ange.  Les anges n’enfonçaient pas de putain de tubes dans les bras des morts. La femme était vraisemblablement un imposteur.

Cependant, avant qu’il ne parvienne à trouver la parade adéquate face à une telle machination, Harry sentit la brume de son esprit s’épaissir, se transformer en un brouillard compact. La torpeur qui l’envahit fut immédiate. Il était fatigué. Très fatigué. Trop fatigué pour s'inquiéter d’affaires d’anges psychopathes. Il décida de faire une sieste. Très courte. Il serait toujours temps de s’occuper de ça plus tard.

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xXx

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Lorsqu’Harry se réveilla, le brouillard de son esprit s’était presque dissipé. En revanche, son corps entier protestait. Son visage était revenu en force, et avec lui la sensation douloureuse de son nez brisé. Harry grogna. Pourquoi les Médicomages ne l’avaient-ils pas réparé ? Ce n’était pourtant pas bien difficile.

Harry porta machinalement la main à sa poche pour en sortir sa baguette. Sa main se figea en cours de route lorsqu’il s’aperçut qu’il n’avait pas de poches.  Juste une chemise de papier si courte qu’elle en était obscène. Et rien d’autre.

« C’est encore un cauchemar » marmonna Harry. « C’est un cauchemar et je vais me réveiller. »

Il ferma les yeux, très fort, jusqu’à voir des étoiles danser sous ses paupières. Il les rouvrit. Malheureusement, la chemise était toujours là.

Tournant la tête vers la droite, il vit une table de nuit spartiate à côté de son lit. Dessus, rien d’autre qu’une petite boîte avec un bouton rouge. Fronçant les sourcils, Harry appuya sur le bouton.

Au début, rien ne se passa. Et Harry maudit les Guérisseurs de Sainte-Mangouste de ne pas lui avoir laissé sa baguette. Puis il se rappela avoir perdu sa baguette dans sa bagarre.

La porte s’ouvrit et l’infirmière qui lui avait enfoncé le tube dans le bras plus tôt entra. Harry lui jeta un regard noir et se promit de se plaindre à son supérieur. Ignorant le regard meurtrier, la jeune femme lui sourit :

« Comment-vous sentez-vous ? »

Harry répondit, fort à propos :

« Avez-vous retrouvé ma baguette ? »

La jeune femme parut d’abord scandalisée. Elle fixa Harry, comme si il l’avait mortellement offensée. Puis elle plissa le front, et l’inquiétude passa sur son visage.

« Vous avez pris de sacrés coups sur la tête, vous savez. Nous avons vérifié si vous n’aviez pas de commotion, mais il est possible que nous ayons manqué quelque-chose. »

Saisi d’un horrible doute, Harry lui demanda :

« Ou suis-je ? »

« À L’hôpital Saint-Thomas, monsieur. » Voyant la confusion sur le visage d’Harry, elle reprit : « à Lambeth, Londres, Grande-Bretagne, Europe, Planète Terre, Système Solaire. »

Harry ferma les yeux et grogna. Un hôpital moldu.  Merlin, comment avait-il pu se retrouver dans un hôpital moldu après une agression dans un quartier sorcier ? 

Inconsciente de son trouble, l’infirmière continuait :

« Nous allons devoir vous poser quelques questions, monsieur. La police ne devrait pas tarder. Ne nous en voulez pas, c’est la procédure. Nous sommes obligés de les appeler lorsque nous soupçonnons une agression. »

Au mot police, Harry sentit la panique l’envahir.

Oh. Il n’avait vraiment pas besoin de ça.

« Qui m’a amené ici ? »

« Un homme. Il avait l’air totalement paniqué. Il a dit qu’il vous avait trouvé dans une allée et a filé sans demander son reste. » Elle fit une pause et sembla réfléchir : «  Il a laissé quelque-chose pour vous. Un sac de cuir. Il a dit qu’il l’avait trouvé à côté de vous. » 

L’espoir envahit le cœur d’Harry.

« Puis-je l’avoir ? »

« Bien sûr, mais il était vide lorsque l’homme l’a amené. Nous avons cherché ce qui pourrait nous indiquer votre identité, mais il ne contenait qu’un vieux bout de bois. »

La jeune femme sortit et revint quelques minutes plus tard, une besace de cuir patiné à la main, qu’il n’avait certainement jamais vu de sa vie. 

« Voilà. Avez-vous besoin de quelque chose d’autre ? »

Harry secoua la tête.

« Bien. Des policiers arriveront d’ici dix minutes pour vous poser quelques questions. Si vous vous sentez mal, appuyez sur l’alarme. Je vais juste vous demander votre nom. Pour l’assurance, vous comprenez. »

Harry marmonna son nom, songeant qu’elle pouvait toujours chercher une assurance. Il attendit qu’elle soit sortie pour ouvrir le sac.

L’infirmière n’avait pas menti. Excepté sa baguette, saine et sauve dans une poche de cuir, le sac était entièrement vide. Harry décida de l’examiner plus tard. L’important pour lui était de partir avant l’arrivée des policiers moldus.

« Vestirum » marmonna-t-il en visualisant une tenue moldue. Un jean trop large, un t-shirt délavé et une paire de chaussures dépareillées apparurent devant lui. Harry passa le tout en soupirant. La concentration n’avait jamais été son point fort. Il abandonna l’idée de récupérer ses lunettes, songeant qu’il avait dû les faire tomber dans la ruelle en se battant.  

Un rapide Tempus lui apprit qu’il s’était écoulé près de vingt-quatre heures depuis son agression.

Après un crac sonore, il ne resta plus dans la chambre qu’un lit aux draps froissés et une odeur persistante de cuir coûteux.

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xXx

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Lorsqu’Harry frappa à la porte de la maison de Ron et Hermione, il entendit une cavalcade derrière la porte.  Avant qu’il n’ait eu le temps de s’inquiéter de ce qui allait suivre, elle s’ouvrit en grand et une furie rousse d’environ un mètre de haut lui sauta au cou :

« Harry ! Je savais que c’était toi ! Je l’ai dit à maman mais elle ne m’a pas cru. Elle a dit que c’était Parking. Qui c’est Parking? Ils sont tous là, tu sais. Il y a même tante Ginny. Tu aimes bien tante Ginny, Harry ? Elle ne m’a pas ramené de cadeau, mais elle m’a promis que demain elle me ferait faire un tour avec elle sur son balai. Tu te rends compte Harry ? Sur son balai ! Tu m’as ramené un cadeau, pas vrai ? »

« R-Rose, tu veux bien serrer moins fort, s’il te plaît ? » Haleta Harry, dépassé par les babillages de la petite fille et son étreinte étonnamment solide pour un si petit être. Il fut immensément soulagé quand Hermione apparut dans le couloir, pâle et échevelée. Celle-ci écarquilla les yeux en le voyant, avant de se précipiter vers lui et de le tirer à l’intérieur.

« Harry ! »

Hermione délivra Harry de l’étreinte de Rose avant de le serrer contre elle à son tour. Un peu abasourdi, Harry se laissa tirer par le bras jusqu’au salon, ou il fut entouré par des cris de surprises et de soulagement. Rose avait vu juste. Tout le monde était là. Neville et Hannah, Colin, George, Ginny, Charlie et Fleur, Andromeda …

Saisi d’un vertige, Harry se laissa tomber dans la chaise, alors que fusaient les questions de part et d’autre de la pièce. Hermione fit taire le groupe d’un regard sévère, et Harry n’avait jamais été aussi reconnaissant envers l’autorité naturelle de son amie qu’à ce moment.

Hermione s’approcha de lui, baguette pointée en avant, et durant une seconde, Harry crut qu’elle allait lui jeter un sort. Au lieu de ça, elle toucha son nez de sa baguette et murmura « Episkey ». Harry sentit le cartilage de son nez se ressouder dans un craquement, et la douleur lancinante qui ne l’avait pas quittée depuis son réveil disparut complètement. Il arracha avec soulagement le pansement qui lui couvrait l’arête du nez. Un grand silence était tombé sur la pièce, et Harry se tortilla sur sa chaise, gêné :

« Que -»

Il fut coupé par Colin :

« Nom d’un chien, Harry, tu nous as fichu une de ces trouilles… Quand tu n’es pas venu ce matin je suis allé voir chez toi, et j’ai vu tous les sorts de protection que tu avais mis sur ton appartement. Tu ne répondais pas, alors je suis allé chez Ron et Hermione en espérant t’y trouver. Ils ne t’avaient pas vu. J’ai décidé de faire le chemin que tu fais à pieds en rentrant avec Ron, pour m’assurer qu’il ne t’était rien arrivé. On a retrouvé tes lunettes complètement bousillées dans une ruelle à cinq cent mètres de ton immeuble et on a…pensé qu’il t’était arrivé la même chose qu’à S-Susan. On a prévenu Perkins, et il a mobilisé la moitié de l’Agence pour te retrouver. On commençait à perdre espoir.  Ou étais-tu ? »

Harry prit une grande inspiration et leur raconta son agression, et son réveil dans un hôpital moldu, sans baguette. Il passa judicieusement sous silence l’absence de ses vêtements à son réveil, ne souhaitant pas donner à Ron et George une raison supplémentaire de se moquer de lui. Du coin de l’œil, il vit Hermione envoyer un Patronus à Perkins.  Lorsqu’il eut fini, le silence régnait sur la pièce.

Finalement, Rose pointa le bout de son nez à la porte et cria :

« Maman, Monsieur Parking est arrivé ! » elle baissa le ton d’une façon qu’elle pensait sans doute subtile et plissa le front : « Il n’a pas l’air très content. »

Hermione se dirigea vers le couloir, roulant des yeux et marmonnant « Parking. Vous m’en direz tant. »

Une minute après,  Harry répétait à Charles Perkins l’intégralité de son histoire. Il était une heure du matin passé lorsqu’il fut autorisé à se retirer dans la chambre d’ami de Ron et Hermione pour se laisser glisser dans les bras de Morphée.

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xXx

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Des mains épaisses comme des battoirs serrent sa gorge dans un étau. Dans ses poumons, l’oxygène se raréfie. Il perd connaissance.

« Stupéfix. »

Les mains le lâchent. Des pas accourent en sa direction, des mains froides attrapent son poignet pour vérifier son pouls.

« Putain de Potter. Putain de héros de mes deux. T’es content, maintenant que t’es à moitié crevé ? »

La voix est familière, même si elle a une intonation inhabituelle, même si les mots en eux même sont inhabituels, loin du vocabulaire policé et du ton glacial qui l’accompagne d’ordinaire.

Deux bras solides le saisissent par les épaules. Sa tête est posée contre quelque chose de chaud, quelque-chose qui bat. Il peut sentir une odeur familière. Une odeur de vin, de cuir et d’eau de Cologne.

A travers un brouillard de douleur et de confusion, il sent le pincement caractéristique du Transplanage, juste au-dessus de son nombril. A présent, les bras le soulèvent sans ménagement, le transportent :

« J’ai besoin d’aide ici ! Vite ! »

De nouvelles voix, parlant trop rapidement pour qu’il ne parvienne à les comprendre. Puis, plus rien.

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xXx

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Harry se réveilla en sursaut, le corps trempé de sueur. 

Tentant de calmer sa respiration irrégulière, il s’assit sur le lit.

« Putain… » Lâcha-t-il, estomaqué.

La voix de son rêve, si familière, résonnait encore à ses oreilles.

 « Putain, Malfoy… »

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xXx

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La silhouette imposante du manoir se découpait dans la nuit. Les grilles s’étaient lentement ouvertes devant Harry, lui accordant silencieusement le droit de pénétrer dans les terres qu’elles protégeaient farouchement. Il était plus de trois heures du matin, mais Malfoy était un oiseau de nuit. La lumière brillait à travers les fenêtres, orangée et frémissante.  Des chandelles.

Devant la porte massive, Harry hésita. Il ignorait la façon dont il serait accueilli. Merlin, il ignorait même si son rêve avait vraiment été autre chose qu’un simple rêve. Il se décida, actionnant le lourd heurtoir. Le serpent qui l’ornait fit un tour sur lui-même, comme pour souhaiter la bienvenue au visiteur. Harry frissonna.

La porte s’ouvrit, et un elfe de maison rabougri lui fit une courbette :

« Bienvenue au Manoir Malfoy, monsieur Potter. Maître Draco vous attend dans le séjour privé. »

Harry resta bouche bée. Comment Malfoy pouvait-il savoir qu’il allait venir ?

Ah. Bien sûr. Le portail devait être relié à un détecteur d’empreinte magique. C’était pour cela qu’il s’était ouvert devant lui.

Harry suivit l’elfe à travers un dédale de couloir éclairés par des chandeliers. Lorsque l’elfe lui ouvrit une porte et s’effaça pour le laisser passer, Harry prit une profonde inspiration, se façonna un visage impassible, et entra.

Tout d’abord, il crut que la pièce était vide. Un feu brûlait dans l’âtre, seule source de lumière, plongeant la pièce dans une obscurité tremblotante. Sur une table basse était posée une bouteille de Whisky qui tenait plus de la pièce de collection que de la boisson conviviale. Ce ne fut que lorsqu’une bûche explosa dans la cheminée en une gerbe d’étincelle, créant une flamme lumineuse, qu’Harry s’aperçut que ce qu’il avait pris pour un jeu d’ombre était en réalité Draco Malfoy.

L’homme était assis sur le canapé, les yeux rivés sur le verre entre ses mains. Sa tête baissée et ses épaules voûtées lui donnaient un air curieusement abattu.

« Eh bien, Potter, tu attends une invitation écrite ? »

Harry se détendit sensiblement en entendant la voix impassible de Malfoy. Le Malfoy froid et sarcastique, il pouvait le gérer. Le Malfoy abattu,  il ne l’avait entrevu qu’une seule fois, et le souvenir était encore cuisant dans sa mémoire. Il traversa rapidement la pièce, s’installant sur le second canapé. D’un mouvement de baguette, Draco fit léviter un verre plein jusqu’à la main d’Harry.  Il portait une chemise blanche, dont les trois premiers boutons étaient défaits, lui donnant un air curieusement débauché. Il paraissait fatigué, les traits tirés et l’ombre d’une barbe sur les joues. Harry cligna des yeux et prit une gorgée de son verre, savourant le goût riche de l’alcool.  Il l’appréciait ainsi. Sans glace, sans fioritures, juste le liquide mordoré et la chaleur enivrante.  

Durant quelques minutes, aucun des deux ne parla. Malfoy fixait intensément les flammes. La lumière chatoyante accentuait les traits de son visage, les pommettes hautes, le nez pointu, la bouche fine, lui donnant cet allure altière que venaient confirmer ses longs doigts d’aristocrate.

Arrête de le fixer, s’admonesta Harry.

Puis il se rappela la raison de sa venue.

« C’était toi. »

Malfoy releva brusquement la tête, comme si Harry avait brisé le cours de ses pensées.

« Comment ça, c’était moi ? »

« Cette nuit. Qui m’a- » Harry tergiversa un instant. Il reprit : « Qui m’a sauvé.»

Malfoy ne répondit pas. Il fuit le regard d’Harry, préférant le replonger dans le feu. Il semblait mal à l’aise.

Rassemblant son courage à cette vue, Harry poursuivit, posant une question dont il connaissait déjà la réponse :

« Pourquoi un hôpital moldu ? »

Cette fois, Malfoy répondit avec un rire sans joie :

« Potter, est-ce que tu es vraiment aussi bouché que tu en as l’air ? Je ne pouvais décemment pas arriver à Sainte-Mangouste avec une bouillie d’Harry Potter sur le dos, clamant que j’avais trébuché dessus dans la rue ! J’aurais fini en cellule au ministère et Saddler –  » il s’arrêta net.

« Et Saddler t’aurait fait la peau, comme il a voulu me la faire. » Termina Harry à sa place.

Malfoy hocha lentement la tête, le rouge aux joues.

« Pourquoi ? »

La question parut prendre Malfoy au dépourvu. Il jeta un regard en coin  à Harry.

« Pourquoi, quoi ? »

« Pourquoi m’avoir aidé ? » Malfoy ouvrit la bouche, mais Harry le devança : « Ne me sors pas ton discours sur la conscience du voleur. Tu dois avoir une conscience, Malfoy. Mais je doute qu’elle aille aussi loin que me lancer un sort de Traçage et salir tes costumes avec mon sang pour m’amener dans un hôpital moldu, au risque de te faire prendre par tes partenaires en affaire. Ils ne seraient pas très contents de savoir que tu marches sur les plates-bandes de Saddler et sa clique nauséabonde mmppfff -»  Des lèvres brutales se posèrent sur celles d’Harry, étouffant la fin de son discours. Trop abasourdi pour réagir, il se figea. Malfoy recula, les mains toujours sur la nuque d’Harry, les joues rouges. De colère, de gêne ou d’autre chose, Harry l’ignorait. Il n’eut cependant pas le temps d’y réfléchir plus avant car Malfoy ravissait de nouveau sa bouche avec la même froide détermination qu’il mettait dans chacune de ses actions. Il mordilla sa lèvre inférieure, y promena le bout de sa langue. Il fit subir le même traitement à sa lèvre supérieure.

Mauvaise idée. Très mauvaise idée. Le cerveau d’Harry lui répétait avec constance ces deux phrases.

Son corps, cependant, ne semblait pas du même avis, et sans même le consulter, les lèvres d’Harry se séparèrent et laissèrent place à la langue de Malfoy.

«Tu veux savoir pourquoi, Potter ? » la bouche de Malfoy quitta ses lèvres et Harry tenta de se persuader qu’il n’était pas déçu. Il hocha lentement la tête, frissonnant sous l’intensité du regard gris qui le clouait au canapé aussi efficacement qu’un Incarcero.

« Merlin, tu es un abruti. » Il l’embrassa. « Un crétin, un ahuri, si plein de bonnes intentions que ça m’en rend nauséeux. » Il l’embrassa de nouveau. « Tu ne vois le mal nulle part. C’est assez fascinant. » Baiser. « Dans ce pays, dans ce monde ou tout et tout le monde est susceptible d’être corrompu. » Baiser. « Souillé. » Baiser. « Pour une poignée de Gallions ou une place dans la société. »

Harry fut tenté de faire remarquer à Malfoy que son explication était assez confuse et insultante. Mais une des mains de Malfoy quitta sa nuque et alla se poser sur sa cuisse, et Harry oublia toute velléité de débat. Dans les yeux de Malfoy, plus trace de sarcasme ou de colère contenue. Juste du désir, un désir brûlant qui traversa le corps d’Harry comme un long frisson.

Oh, et puis merde.

Harry poussa un grognement agacé et saisit Malfoy par le col de sa chemise. Il l’attira brutalement à lui, et bientôt ils furent entrelacés sur le canapé, Malfoy en équilibre précaire sur les genoux d’Harry, chacun explorant la bouche de l’autre avec un acharnement proche de l’avidité.

Harry sentait son érection presser douloureusement contre la couture de  son pantalon. Les mains de Malfoy se promenaient sur son corps, de simples effleurements sur son cou, des caresses plus osées sur sa taille et son ventre, puis plus bas. Trop de tissu, songea Harry, et ses doigts s’évertuèrent à déboutonner la chemise de l’autre homme.  

Les doigts de Malfoy passèrent sous la ceinture de son pantalon, et soudain, Harry prit conscience de ce qu’il était en train de faire. Il protesta :

« M-Malfoy, on ne peut pas – » La fin de sa phrase fut perdue dans un grognement lorsque  la main de Malfoy se glissa dans son pantalon. Haletant, Harry rendit les armes. Il plongea sa tête dans le cou de Malfoy, respirant cette odeur de cuir et d’alcool coûteux, s’en délectant. La main de Malfoy continuait sa caresse, trop légère pour faire monter le plaisir, trop présente pour être ignorée. Celui-ci murmura fiévreusement :

« Si, on peut le faire, et on va le faire. »

La caresse cessa, et Harry retint un gémissement de protestation. Malfoy commença à déboutonner le pantalon d’Harry. Celui-ci décida de l’imiter.

Un coup d’œil à Malfoy lui arracha un soupir languide. L’homme avait l’air positivement dissolu. Les cheveux en désordre, les joues rougies, la chemise ouverte et le sexe dressé, il fixait l’entrejambe d’Harry avec sur le visage une expression lascive. Un sourire paresseux étira ses lèvres. Harry l’entendit marmonner quelque-chose comme « Enfin… » , mais avant qu’Harry ait pu lui demander une explication, l’homme saisit leurs deux sexes dans sa main. La dernière pensée cohérente d’Harry fut « Ou a-t-il trouvé du lubrifiant ? », avant que son cerveau ne s’éteigne définitivement, le laissant dans un océan de sensations qu’il n’avait pas ressenties depuis longtemps. Harry se retrouva à rouler des hanches sous la pression de la main de Malfoy, suppliant silencieusement pour plus de force.

« Je suis fou », pensa Harry.

Le plaisir monta, commençant dans sa colonne vertébrale pour se répandre  dans son corps.  Il entendit le râle de Malfoy à travers la vague de béatitude qui l’avait envahi.

Il était possible qu’il vienne de faire quelque chose qu’il allait regretter plus tard.

Mais, à ce moment précis, Harry s’en fichait complètement. 

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A suivre...

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