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au 07 Jan 09 :
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contenant 3718 chapitres
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Perle Grise
Par Missma
Harry Potter  -  Romance/Humour
6 chapitres - Rating : K (Tout public)
    Chapitre 1     Les chapitres     9 Reviews    
Quand les rivalités s'amorçent, le désir les surmonte

Annonce:

En remerciant ma Zouzou pour ses répliques qui m'ont bien servies, voilà une nouvelle fic qui, je vous rassure, est presque sur le point de se terminer. Elle ne comportera pas plus de 5 chapitres, sauf si je décide de modifier l'idée de départ.

Ceci est le conte de Cendrillon version "Harry Potter", pour ceux qui n'auraient pas fait le rapprochement, et est basée sur le couple Sirius Black/Emily Tomson.

Mélodramatique? Je ne pense pas. Cette fic commence certes sous de mauvais augure, mais ne remarquera-t-on pas la transformation d'Emily lors du bal si elle nous apparait tout d'abord comme une fille infortunée? Et puis, n'oublions pas que son point de vue est totalement subjectif!

Et ce n'est en aucun cas une expérience personnelle, je vous rassure..

J'espère qu'elle vous plaira, et je vous souhaite bonne lecture.

Chapitre 1: Quand les rivalités s'amorçent, le désir les surmonte

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- Tu es horriblement séduisante ce matin, le sais-tu?

Dans mon dos, cette voix si familière résonnait à mes oreilles, sans doute adressée à quelque blonde écervelée s'étant imposée sur le canapé voisin du sien, accompagnée de ses gloussements et, dans quelques rares cas, de ses amies. J'entend déjà vos cris de protestations, du genre "Mais voyons, peut être s'adressait-il à toi!". Et je me permet de vous répondre très aimablement en vous demandant quelle a été la drogue que vous avez fumé ce matin. Soyons honnêtes et réalistes, je n'ai rien d'une fille, du moins physiquement parlant. A la rigueur, s'il avait dit "Tu es horriblement horrible ce matin", j'aurais sans hésité pris cela pour moi. Sur le plan de la génétique, Dieu merci, je pense encore être porteuse du Chromosome X, mais c'est bien là la seule chose permettant de ne pas me jeter du haut d'un pont en maudissant Merlin de ne m'avoir donné aucune identité sexuelle.

Mes cheveux n'ont pas la lisse fluidité de toutes ces filles posant sur les magazines feuilletés par mes camarades, ni à la rigueur l'ondulation parfaite admise lorsque le sort de lissage de cheveux est la victime d'un trou de mémoire. Ni roux, ni noirs, ni même du blond brillant des filles de sixième année, tellement lumineux que j'ai souvent pensé à mettre mes lunettes de soleil sur mon nez avant de les regarder, mes cheveux sont d'une couleur indéfinissable, mélange de châtain et de blond délavé. Un peu comme si je venais de mettre ma tête dans une machine a laver qui a court circuité, comme dirait ma très chère soeur. Qu'ils sont mignons à 12 ans ces petits êtres..

Mes yeux, loin d'avoir la forme et le contour de celui d'un chat, étaient tout ce qu'il y a de plus normaux, ni trop grands pour paraître constamment étonné, ni trop petits pour ne pas à ressembler à un hibou mal réveillé. Voilà bien la seule chose équilibrée de ma misérable personne, des yeux tout ce qu'il y a de plus banals. Ils n'étaient pas d'un vert étincelant, ni d'un bleu à vous donner de vous noyer dedans comme ma voisine de table Miranda, ni même d'un subtil mélange entre la douceur d'une noisette et le liquide profond du chocolat. Ils étaient gris, bêtement gris. Et encore, pas du gris chaud et merveilleusement fondant de la personne assise là, quelque part derrière moi, tout simplement du gris dont on peint les murs des salles de retenues ou les cadres des miroirs pour qu'ils aillent avec tout. Un gris banal.

Ma peau n'a pas l'apparence de celle d'un bébé a peine sortie du lavage, elle est saine, sans bouton, mais n'a pas ce petit plus qui fait de vous un être merveilleusement beau et intelligent car, comme tout le monde le sait, le physique entre en compte lorsque l'on veut juger les capacités mentales d'un individu. Une peau banale.

En soi, ma personne en elle-même était banale, mais j'ai eu le mérite de m'en rendre compte dès mon plus jeune âge. D'autres avant moi se sont crues belles et désirées, sans prendre réellement conscience que, malgré un charmant visage et un corps tout ce qu'il y a de normal tant en minceur qu'en taille, elles n'avaient pas la chance de faire partie du groupe des BG qui se moquaient d'elles dès qu'elles avaient le dos tournée. Les BG? Les Beautiful Garces, aussi belles que salopes, si vous voulez bien me passer le langage vulgaire. Quoiqu'à ce stade, personne ne devrait m'en vouloir, ayant tous été plus ou moins une fois victime de ce groupe démoniaque et surtout complètement inutile. Les belles filles sont-elle vraiment plus importantes que celles ayant un minimum de cervelle? Non, en fait oubliez ma question idiote. Le physique. Celui qui régit notre société depuis la nuit des temps. Pourquoi le voisin trompe-t-il sa femme avec la caissière du supermarché? Le physique. Pourquoi mon cousin prenait-il toujours ma soeur dans son équipe alors qu'elle ne savait même pas marcher sans tomber? Le physique. Pourquoi ma maîtresse d'école de primaire mettait des bonnes notes à ma voisine qui n'arrêtait pas de parler avec ses amies en classe et des notes moyennes à moi-même alors que je ne me débrouillais pas trop mal? Le physique, encore le physique.

Mais, entre deux séances d'insultes, n'oublions pas le principal, à savoir ma maison, et les conséquences m'ayant amenées à y aller. Beaucoup penseraient que je dois d'y être grâce à telles ou telles capacités reconnues pour en êtres symboles, mais non. Je ne suis ni rusée ni même ambitieuse, il m'aura fallu une scolarité entière pour savoir ce que je voulais faire plus tard. Et encore, les professeurs s'y sont mis à plusieurs pour me donner des idées. Pourtant je suis à Serpentard. La raison? Si je n'y étais pas allée, mes parents m'auraient tué. Et puis, de toute façon, je n'ai ni la hardiesse des Gryffondor, ni l'intelligence des Serdaigle, et je n'ai même pas les moyens d'atteindre une maison telle que Poufsouffle. Si je n'avais pas supplié le Choipeau d'entrer chez les vert et argent, je me serais retrouvée où? Dans la cuisine?

Cela dit, relativisons, il y a toujours une solution, je pourrais mettre fin à ça tout de suite, sans même réfléchir. Comme ca, rien qu'en sautant de la Tour d'Astronomie, comme l'ont fait, le font et le feront des dizaines d'élèves désireux, comme moi, d'en finir avec leur vie merdique et d'aller tenter de trouver un endroit où les gros, les binoclards et les intellos seraient respectés. Un rêve bien utopique, si vous voulez mon avis. Oui, se jeter du haut d'une immense tour. Une fin bien banale pour une fille banale. En somme, la mort parfaite. Mais, après coup, en y réfléchissant tranquillement dans ma chambre elle aussi banale, je me suis demandé ce que ca changerait à ma vie. Qui se soucierait d'Emily Tomson, la Serpentarde timide qui n'arrivait même pas à terroriser un première année de Poufsouffle? Et pourtant, malgré mon désir de sauvegarder l'unité entre les maison, j'avoue que ce genre de première année arrive a être effrayé par une tarte sortant du four. Un point de moins pour moi, me donnait sûrement un score négatif. La seule fois ou j'ai tenté d'en parler avec ma petite soeur, voilà ce qu'elle ma répondu: "Oh,tu pourrais arrêter de nous la jouer mélodramatique comme dans Urgence, qui retrace à la fois la naissance et la mort d'une personne dans le même épisode!" C'est ca, se confier à sa soeur de 4 ans votre cadette parce qu'on est en manque d'amis, surtout lorsque votre soeur s'y connaît un peu en techniques moldues. Mais dans le seul but de se moquer davantage d'eux, ne vous y trompez pas. Ma soeur est en passe de devenir une BG, j'en ai bien peur, ayant reçu en héritage la beauté que je n'ai malheureusement pas et le caractère teigneux qu'heureusement ici je n'ai pas non plus reçu.

Mais revenons-en à moi, voulez vous. Ne me gâchez pas l'immense bonheur de savoir qu'il y a ici une personne, voire même plusieurs, prenant la peine de se renseigner du peu d'intérêt que peut procurer ma maigre expérience de la vie. J'étais a demi couchée sur une pile épaisse de parchemin, depuis tellement longtemps que je me demandais si les mots écrits à l'encre n'allaient pas traverser le papier et venir s'installer sur la peau de ma joue. Mais, fort heureusement pour moi et ma peau, cela ne se fit pas, car entendre cette voix si près de moi m'a fait sursauter si fort que j'en ai détaché mon visage de mon oreiller moelleux. Mais personne n'a semblé le remarquer. J'étouffais un soupir. Qui me remarquerait un jour? Je relevais donc le nez, regardant discrètement derrière moi afin de distinguer la "conquête du jour" de Sirius Black. Certains restaurants servaient des plats du jour, lui c'étaient les filles, chacun son truc. Je faillis vomir en voyant la fille se coller à lui de plus en plus. Je pensais aussitôt à une moule s'accrochant désespérément à son rocher afin de ne pas être emportée par la marée. Pitoyable non, lorsqu'on savait qu'elle ne serait qu'un souvenir dans quelques jours. Mais la joie et l'euphorie l'empêchait de s'en rendre compte, et ce serait alors trop tard. Bah, à part quelques rires de la part des groupies qui n'étaient pas "passées à la casserole", je vois mal une personne avoir pitié d'elle, ce qui résout le problème.

Voilà peut-être la seconde raison pour laquelle cette phrase n'aurait pas pû s'adresser à moi. Je suppose que vous avez déjà tous deviné, et je vous en félicite du fond du coeur. Sirius Black est en effet un Gryffondor, et suite à mes supplications très poussées, j'étais une Serpentarde. Avez-vous déjà vu un rouge et or adresser la parole à un membre de la maison ennemie? Surtout si cet élève s'appelait Sirius Black. Aussi étais-je assise a ma table, dans la bibliothèque si silencieuse que j'en entendais même le bruit des baisers qu'échangeaient sûrement cette fille et lui. Au bout de quelques minutes, et comme le bruit ne s'arrêtait pas, je me levais sans bruit et me dirigeais vers le couple qui, comme je l'avais prédit était caché dans un angle de la salle, au rayon Charmes et Maléfices. Non mais et puis quoi encore? Mon humeur n'était déjà pas forcément au beau fixe avant cela, mais elle avait atteint son maximum en un temps record. Cependant, par égards envers la bibliothécaire qui détestait qu'on élève la voix dans ce lieu saint, je murmurais:

- Non mais vous vous prenez pour qui vous, à faire ça dans la bibliothèque? Vous voulez que je vous enlève des points?

Oui, j'avais oublié de le préciser. Malgré mon évident manque de popularité et mon physique loin d'être parfait selon les dires des autres filles, j'avais été promue préfète de Serpentard. Un poste qui ne m'avait pas été envié, étant donné que je faisais souvent des heures supplémentaires et que cela aurait laissé moins de temps à une fille pour se maquiller, et à un joueur de Quidditch de s'entraîner. Même pour cela, je n'avais pas réussi à déclencher une vague de jalousie, incroyable n'est ce pas? J'en pleurerai de joie si je n'avais pas été autant absorbée par le spectacle se déroulant sous mes yeux. Ils ne faisaient même pas attention à moi, continuant de se bécoter comme si un trésor avait été caché au fond des amygdales de l'un et l'autre. La carte était-elle offerte en kit? Je toussais très fort, mais rien n'y faisais. Finalement, je me suis dit "Au diable la bibliothécaire, au diable les livres, au diable le règlement", et j'ai élevé la voix.

- Je vous parle!

En voyant Black lever vers moi un regard étonné, comme s'il venait de se rendre compte que j'existais, j'ajoutais mentalement une chose à ma petite litanie. Au diable la bibliothécaire, les livres, le règlement, mais également Sirius Black. Surtout Sirius Black à bien y réfléchir.

- Tu disais quelque chose euh.. Truc muche?

Truc muche. Truc Muche... Pourrais-je ajouter ce surnom à la liste des choses me qualifiant? Laide, intello sur les bords, seule, sans amis, aigrie. Surnom: truc muche. Quoique.. Seule, aigrie, sans amie, intello et laide serait beaucoup plus réaliste et aurait sans doute plus de facilité à toucher le coeur et la pitié de mes futurs lecteurs. Optons pour cet ordre alors.

- En effet Black, je te disais de t'en aller vite avant que je n'appelle la bibliothécaire.

Moi qui pensais avoir utilisé un ton étonnament agressif, il ne fit qu'en rire le bougre. Etait-ce parce qu'il était beaucoup plus grand et fort que moi, ou parce que tout simplement je ne faisais pas figure de menace avec mon petit mètre 63? Je pouvais comprendre qu'avec mon visage qui, malgré tous mes effort, ressemblait à celui des poupées en porcelaine de ma tante Christine, ma petite taille et mon poids plume qui était bien la seule que l'on m'enviait un tant soit peu chez les autres filles de Serpentard, je ne pouvais décemment pas être prise au sérieux s'il m'arrivait, comme maintenant, de m'énerver. Mais était-ce une raison de se moquer de moi nom d'un hibou péteux? Abandonnant l'idée de tenter de m'imposer, je croisais les bras sur ma poitrine et je réfléchissais. Oui, mon cerveau bouillonait. En cet instant, je me demandais si, après avoir assassiné Sirius Black et sa copine à coup de livres traitant des blessures pouvant être soignées grâce à des sortilèges de guérison, j'aurais le temps de sortir rapidement de la bibliothèque sans me faire repérer, et regagner la salle commune afin d'être lavée de tout soupçon. Malheureusement, mes calculs se révélèrent négatifs, je ne serais jamais assez rapide. Et zut.

- Voyons Tomson, on ne t'as jamais dit de ne jamais parler à des inconnus?

Voix suave et doucereuse. J'aurais reconnu cette intonation à des kilomètres et parmi une dizaine de filles différentes. Angélina McGrégor, Serdaigle de Sixième année, et faisant parti de la congrégation des garces de Poudlard. Bien qu'il n'y ait pas de "groupe des garces" à proprement parler, on pouvait tout de suite savoir si un élève s'entendait bien avec tel ou tel autre, et ainsi définir son "inclinaison". Pour ma soeur, je l'ai définie à la naissance, lorsqu'elle m'a mordu sauvagement le doigt alors que je la portais dans mes bras. Pour Angélina, cela avait dû être à peu près pareil, à peu de chose près. Curieux d'ailleurs que ce soit moi et non Angélina qui aborde en ce moment l'insigne des Serpentard, alors qu'elle l'aurait beaucoup plus mérité que moi. Elle était le genre de fille que vous avez envie d'étrangler à chaque fois que vous la voyez, non seulement pour sa méchanceté mais également pour sa beauté. Car on ne pouvait décemment pas dire le contraire, même en lui souhaitant d'être bouffée par un hippogriffe, ce serait faire preuve de mauvaise foi. Vraie blonde, j'entends par cela d'une couleur qui ne mélange pas plusieurs tons de jaune, des yeux noisettes à vous donner envie de les arracher à la petite cuillère, des lèvres pulpeuses et un corps à damner un saint. Non, en voyant Angélina McGrégor, on ne peut pas lui vouloir autre chose que la mort dans d'atroces souffrances, c'est impossible. Mais je ne me laissais pas ébranler par cette attaque voilée.

- Etant donné que je connais vos noms à tous les deux, et que même si je ne les connaissais pas, tes accumulations de conquêtes (je pointais le doigt vers Black) et tes coups de vache (je regardais Angélina) m'auraient suffit pour que vous ne soyez pas des inconnus, je me permet de te dire que ce que tu dis est inexact. De parfaits abrutis, peut être, mais pas des inconnus.

Peut-être était pour cela que j'avais finalement été acceptée à Serpentard. Dans toutes les situations, qu'elles soient ou non à mon avantage, je conservais tout mon sarcasme et ma virulence verbale. Il faut avouer que je n'ai pas souvent l'occasion comme ca pour décharger mon sac, aussi devais-je en profiter.

Et c'est là que j'ai eut un choc, chers lecteurs. Je m'attendais à tout, absolument à tout, mais pas à ce qui suivit ma déclaration. Sirius Black éclata de rire. Non pas contre moi, mais bel et bien pour ce que j'avais dit.

- Dis moi Black, qu'as-tu pris ce matin?

Comme il ne répondait pas, j'envisageais une réponse à sa place, tout droit sorti d'une des rares émissions moldues que j'ai réussi à voir durant mes interminables séjours chez ma tante Christine. Du moins, un seul épisode, car je fut démasquée et la télé fut aussitôt transformée en une table de salon, où trône désormais un vase ancien avec des inscriptions toutes plus horribles les unes que les autres.

- A, B, C, D, Ecstasy?

Devant son air ahuri, je soupirais et haussais les épaules. J'aurais dû m'y attendre, personne ne regarde la télé de nos jours chez les sorciers. Non, je n'étais pas d'ascendance moldue, ni même ce que mes camarades de classe ont tendance à appeler sympathiquement des Sang-de-Bourbe. Seulement, à 10 ans, on a envie de tout savoir, et ce que regardaient les moldus en faisait alors partie pour la petite fille que j'étais.

- Laisse tomber, de toute façon tu ne connais pas cette émission.

Et je tournais le dos afin de partir. Je m'étais à peine éloignée de quelques pas que j'en oubliais quelque chose. Je revins vers eux et, dans une parfaite imitation du ton suave d'Angélina, j'ajoutais:

- Et ce sera 20 points en moins pour chacun de vous, pour actions louches dans un lieu public.

Maitrisant avec peine le fou rire qui me gagnait après avoir vu leur têtes, je courus ramasser mes nombreuses feuilles de parchemin afin de m'en aller. J'avais à peine mis mon sac sur mon dos que je sentis des mains se poser sur mes épaules et me retourner en un tour de main. Comme je le disais, avoir la corpulence d'une feuille de papier n'est pas vraiment un avantage. C'est fou n'est ce pas, de savoir que la nature, peu satisfaite des défauts qu'elle m'avait déjà accordé, ai eu l'idée géniale de rajouter "plate comme une planche à pain" aux dons désposés sur mon berceau. En plus d'être moche, aigrie et sans personnalité, il faut qu'on me refuse la possibilité de remplir un soutien gorge faisait plus de 80B de bonnet. Histoire que je ne me sente pas trop fière tout de même..

Je me retournais donc, bon gré mal gré, levant les yeux vers la personne en face de moi. Une grimace vint se placer sur mon visage. Et merde. Que me voulait-il celui-là? Ce n'était pas assez de faire battre mon coeur plus vite qu'il n'en avait naturellement la capacité, il fallait en plus qu'il ne respecte plus la distance de sécurité, la seule chose m'empêchant encore de lui sauter dessus. Avec l'air le plus froid et le plus impassible que j'ai pu trouver dans la partie de mon cerveau nommé "Complètement folle de Sirius Blac", c'est à dire pas grand chose, je répliquais:

- Qu'est ce que tu me veux Black? Que je t'enlève encore des points?

J'avoue que ca se révélait assez amusant de savoir qu'il y avait un domaine sur lequel j'avais irrémédiablement la victoire, quoi qu'il puisse tenter. Ah, jubilation intense, il aura fallu que je vive 16 ans avant de connaître une telle explosion de bonheur. Mais il ne le laissa pas le temps de m'apesantir sur cette pensée. Crétin de poulpe dégénéré, ne peux-tu pas me laisser quelques secondes en paix avec moi-même au lieu de m'imposer ta voix si chère à mes oreilles?

- Pourquoi tu nous a enlevé des points?

Peut-être parce que j'ai envie d'étrangler chaque fille qui se trouve dans tes bras, et que comme je ne peux pas le faire sans me retrouver aussitôt en position de faiblesse, je me venge en usant des maigres ressources que la nature, ou plutot l'autorité du collège, à mis entre mes mains. Ca te va comme explication? Bien sûr, je ne lui dit pas ça, j'ai encore un minimum de dignité à sauvegarder, et Merlin sait que c'est une tâche ardue dans ce monde régenté par des garces sadiques et des garçons pervers.

- Tu me demande ca à moi, alors que tu explorais la gorge de cette fille au milieu de livres ayant été écrits bien avant ta naissance et par des gens plus intelligent que ta foutue personne? Est-ce que tu te rend compte de la stupidité des paroles que tu profères Black, ou as-tu besoin d'aide?

Je m'en voulais au fond de moi d'insulter celui que je vénérais, mais la colère l'avait emporté sur la passion, et il fallait avouer que c'était diablement soulageant de lui dire ça. Je me vengeais à la fois de lui, des filles avec qui il sortait, et.. de lui, pour être aussi beau alors qu'il n'est rien d'autre qu'un crétin fini. Comment pouvait-on a la fois incarner la perfection masculin et le summum de la connerie? Voilà bien une contradiction, même si elle n'avait pas l'air de repousser la gente féminine, loin de là.

Loin de se vexer, ce qui était tout de même le but escompté de ma réplique, il eut un léger rire. Ses mains qui tenaient toujours mes épaules bougèrent, et je ressentis des frissons me parcourir. Oups, pas bon. Brusquement, je me dégageais de cette emprise délicieuse et je me remis mon sac sur mes épaules, lui envoyant un coup dans le torse au passage. Loin de moi l'idée d'avoir fait exprès de me positionner de cette façon bien entendu, mais le hasard fait bien les choses. Peut-être après tout que cette putain de fée qui m'a dotée de tant de "qualités" à ma naissance a ressenti une brusque bouffée de remord et de culpabilité, m'envoyant alors une aide précieuse afin de me libérer de ce fléau pour mon pauvre petit coeur.

Sans même me retourner, je courus de toute la force de mes jambes, et je réussis même à rattraper l'escargot ailé qui se déplacait tranquillement de tableau en tableau dans le couloir menant aux dortoirs des Serpentard. Quelle performance, dépasser un animal dont la capacité motrice équivalait à celui d'une pâte à la crème, c'est tout bonnement merveilleux. Mais le résultat était le même, j'avais échappé à Sirius Black. Il venait à peine de se rendre compte que j'existe, et il n'avait pas dû se rendre compte que j'étais à Serpentard, c'est sûr. M'aurait-il alors pris par les épaules comme il venait de le faire? Je rougis et secouais la tête pour ne plus y penser, accélérant encore plus le pas. A ce rythme, je dépasserai aisément une limace qui, elle, n'a pas le poids d'une coquille à traîner. Encore plus merveilleux. J'entrais dans la salle commune après avoir donné le mot de passe, pour tomber sur une grande conversation entre les filles de mon année. Lindsay, Mélanie et Charlotte, toutes trois aussi belles que de parfaites petites pestes. Enfin petites.. Du haut de leur mètre 75 et des poussières disons.

- Zack n'est vraiment pas mon style, commença Lindsay

- Qu'est ce que tu veux dire? demanda Charlotte en se remettant une couche de vernis à ongles

- Eh bien, le problème avec les mecs canons, c'est qu'ils sont incapables d'apprécier la beauté caché qui se trouve en chacune de nous. Tu ne trouves pas ca dingue?

- Autrement dit, tu l'as dragué et il t'a jeté, continua Charlotte, imperturbable

- Oui...

Je me retins d'éclater de rire. Voilà donc les sujets de conversations de jeunes filles de 16 ans, de Sang Pur et à Serpentard. Critiquer les Sang Impurs, pas de problème, mais il a été rpouvé qu'eux au moins avaient un intérêt de parole supérieure à celui d'une fourchette en plastique.

- Il n'en vaut pas la peine Lindsay, tu devrais te trouver un autre cavalier pour le bal de la Saint Valentin, autrement tu va complètement briser ta réputation, tenta Mélanie

- Que veut-elle dire par là? demanda Lindsay en plissant le nez

- Je ne sais pas, elle parle sushi des fois, tu ne trouve pas?

- La ferme Charlotte, j'ai très bien compris ce qu'elle disait, tu es sotte ou quoi?

Ca y est, c'était la fin. J'éclatais de rire sans même essayer de me contenir, presque pliée en deux. Qui a dit que le rire ne tue pas? J'étais en passe de mourir étouffée par mon propre rire si ca continuait. Oh mon dieu, mais dans quel monde suis-je en train de vivre? Saleté de physique qui est mis en première place partout. Je te hais, foutu physique de merde!

Je montais dans mon dortoir avant même qu'elles ne se rendent compte que c'était moi. Là, je m'étalais sur mon lit, les bras en croix. Le bal de la Saint Valentin. Je l'avais complètement oublié celui-là. Avec la chance que j'avais, la présence des élèves était obligatoire et je devrais y aller seule, sans cavalier à mon bras. Oui, vraiment poignant et réaliste, si avec cela mes lecteurs ne sont pas touchés, je ne vois pas quoi raconter.. La fois où ma soeur est tombée du haut d'une falaise et qu'elle a atterit sur une charrette de paille? Non, trop réjouissant. Rien ne serait aussi indigeste que le récit de mes mémoires, à n'en pas douter.

Les yeux fermés, je réfléchissais à tout ça depuis quelques minutes, lorsque le sommeil me gagna. Alors, doucement, je rentrais dans les profondeurs de ma couette et je fermais les rideaux. Avec un peu de chance, demain je me réveillerai avec 10 centimètres de plus, 3 tailles de bonnet supplémentaire et un petit ami fou amoureux de moi et mignon de surcroît à mes pieds. Non, faut pas rêver quand même...

 
 
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