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au 07 Jan 09 :
1117 comptes dont 390 auteurs
pour 1451 fics écrites
contenant 3718 chapitres
qui ont générés 7530 reviews
 
     

     
 
Perle Grise
Par Missma
Harry Potter  -  Romance/Humour
6 chapitres - Rating : K (Tout public)
    Chapitre 4     Les chapitres     9 Reviews    
Quand l'une pense souvenirs, l'autre pense vengeance
 

Note:

Ca y est, le voilà, ce chapitre 04 que vous attendiez! Les POV de Sirius ne sont pas encore très développé, car j'enclenchais un peu l'intrigue. Maintenant, sur chaque chapitre venant à être publié, il y a aura le POV de chacun des deux personnages, plus ou moins long, suivant les situations. Mais vous comprennez que le point de vue d'Emily est le plus important étant donné qu'elle est le personnage principal, le POV de Sirius n'est là que pour nous renseigner sur ses sentiments, ce qui fait qu'ils seront de plus en plus étoffés au fil des chapitres.

Comme vous avez dû le constater, je compte faire beaucoup plus de chapitres que prévu, ce qui devrait réjouir certains et moins réjouir d'autres, étant donné que plus de chapitres signifie plus de temps avant de savoir la fin. Mais ne vous inquiétez pas, j'ai toutes les idées pour les deux prochains chapitres qui sont notés sur un carnet, je n'ai plus qu'à écrire. Etant donné que je reviens de chez le dentiste (qui m'a enlevé deux dents de sagesse, aouch) je n'ai que ça à faire, copier mes chapitres lol Pour ceux que ca intéresse, le prochain chapitre à etre mis en ligne sera le chapitre 3 d"Embrouilles et Mésaventures". Voila, tout est dit, je remercie mes revieweurs que voilà, pour leur soutien, leurs merveilleuses reviews, l'intérêt qu'ils portent à ma fic, et surtout leur infinie patience, car je peux comprendre, étant moi-même lectrice assidue, que l'on souhaite une suite rapide qui n'arrive pas forcément.

Bonne lecture!

Merci à:

Rika

&

Lulu

Chapitre 4: Quand l'une pense souvenirs, l'autre pense vengeance

POV Emily:

Bon, ok, elle ne s’y connaissait peut-être pas aussi bien en mode que je l’avais prédis. Mieux que moi, mais je me demande si cela sera suffisant à faire tomber ma sœur de son piédestal. Après tout, vous connaissez ma sœur, n’est-ce pas? Non? Bizarre, je pensais que n’importe quelle personne de cette planète en aurait entendu parler, elle a le chic pour faire parler d’elle. Aussi brune que je suis blonde -Dieu a dû se servir de moi comme brouillon avant de créer les vraies blondes, celles qui n’ont pas les cheveux mélangeant trois teintes de jaune-, et de grands yeux gris. A croire que les yeux gris étaient la marque de fabrique de cette famille, nous les avions tous de cette teinte, ma mère, mon père, ma sœur et moi. J’ai un point commun avec ma sœur, j’y crois pas.. Autant aller directement se suicider avec du yaourt périmé à la framboise pendant le repas. Oui, framboise, quitte à mourir, autant le faire le mieux possible. Cela dit, cela m’étonnerais que les elfes laissent du yaourt périmé dans les cuisines. Crotte tiens. Je ne vais tout de même pas devoir m’abaisser à embrasser Slugorn afin de quitter la surface de cette terre?

Oui, j’étais à la bibliothèque. Oui, je désobéissais de mon plein gré à l’article 56-A bis de la chartre mise en vigueur dans ce lieu, à savoir « ici tu travaillera, et rêvasser en dérangeant jamais tu ne feras, car sinon Mrs Pince te poursuivra ». Ouais, bon, j’ai déjà crié dans le rayon Enchantements il y a de ça deux ans, et je n’ai jamais vu le long de Pince se fourrer dans mes livres. Encore heureux d’ailleurs.

Le problème, c’était que je ne savais pas comment l’aborder. Surtout que nous n’étions pas forcément en bons termes. Non, dire que nous nous détestions cordialement serait un terme plus exacts. J’avoue, ce fut un peu de ma faute. Mais est-ce que j’aurais pû deviner que la fille avec qui je m’étais lié dans le Poudlard Express allait atterrir à Gryffondor? J’avais 11 ans, j’étais encore jeune et innocente! Bon, très bien, pas si innocente que cela en fin de compte. Mais toujours plus que ma sœur. 1 sera toujours supérieur à 0 de toute façon.

Pour comprendre cette histoire et les difficultés contre lesquelles je devais combattre, il nous faut remonter 6 ans en arrière…

- Émilie va rater son train, Émilie va rater son train!

- Ferme la, immonde petit rat, grommelais-je

- Émilie, Cassandra, arrêtez un peu, souffla une femme à l’avant de la voiture.

- Mais c’est elle qui a commencé! Et d’abord, pourquoi vous avez mis autant de temps à vous préparer? ajoutais-je en collant mon nez contre la vitre de la portière, soufflant bruyamment par le nez pour évacuer les pulsions meurtrières qui me parcouraient.

Devant moi, ma mère, et mon père au volant. Ils étaient fatigués et je pouvais les comprendre. Depuis une heure, les seules choses qu’ils entendaient étaient les insultes que nous nous lancions à tour de rôle. J’avouerai qu’elle ne se débrouillait pas trop mal pour ses 7 ans, c’est à se demander comment elle sera lorsqu’elle en aura 15. Brrr, je préfère ne pas y penser, heureusement que je ne serai plus à Poudlard d’ici là. Ce petit scorpion semblait se délecter du fait que je puisse rater mon train pour Poudlard, et ne cessait de chanter son bonheur, comme vous venez sûrement de le constater. Elle devrait quand même réfléchir. Car, si je ne pars pas à Poudlard..

.. Je resterai à la maison..

Etonnant qu’elle n’ait pas encore fait le rapprochement. Je sens que je vais bien me marrer si je dois manger à la maison ce soir. Du moins, pendant une heure ou deux. Jusqu’à ce que je prenne conscience que j’étais bel et bien enfermée dans ce maudit manoir, en compagnie de ma sœur et de mes perruches. Ah, non, je n’ai pas de perruche. Ma sœur pourrait-elle faire l’affaire?

- Emilie va rater son train, Emilie va rater son train, Emilie va.. Maman! Emilie m’a frappé!

- Emilie, excuse toi.. soupira ma mère.

J’hallucine. ELLE m’énerve, JE m’excuse? Il n’y aucune justice dans ce bas monde. Enfin, si, mais pas pour celles ayant été maudites à la naissance, comme moi. Et même maudites après la naissance, si l’on considère que la venue au monde de ma sœur est une malédiction. Attendez voir. Oui, c’est bel et bien une malédiction.

- Excuse moi Cassy -j’esquissais un sourire mauvais en la voyant grimacer au surnom-

- Bien, dit ma mère satisfaite.

En regardant si elle me surveillait, et en voyant que non, j’ajoutais à voix basse à ma sœur:

- Excuse moi du fait que tu es et que tu resteras une sale petite peste pourrie gâtée, au QI d’une moule avariée.

- Maman!

Cette fois-ci, j’avais prévu le coup, et j’avais pris une attitude nonchalante, la tête appuyée contre la vitre, caressant du bout des doigts mon hibou noir. Ma mère ne se retourna même pas, en pleine conversation avec un écran dans la voiture. Un écran qui flottait dans les airs, si je puis me permettre. Certes, nous étions des sorciers, mais il y a des limites. Les portables existent, le savez-vous? Pas que je sois devenue une pro des moldus, ils ne sont que des êtres au QI embourbé -encore pire que.. Nan en fait, ma sœur restait la pire, oubliez ce que j’allais dire-, mais voir ma mère faire usage de ses sortilèges pour les moindres choses de la vie courante pouvait souvent devenir énervant. Je détestais quand ma mère se donnait ce genre là, la sorcière accomplie qui avait fait de sa vie une ode à la magie. En fait, je détestais ma mère tout court.

Le trajet me parut des siècles, que dis-je, des millénaires. A côté de moi, ma sœur grognait toujours, et mon hibou commençait à s’impatienter. Il faut dire que cela faisait des heures que l’on roulait. Rappelez moi pourquoi nous n’avons pas pris le réseau de cheminée? Ah oui, ces foutus problèmes au Ministère qui l‘avait contraint à tout fermer pour un temps indéfini, pile pour ma rentrée à Poudlard, comme de par hasard. Quant à transplaner, il ne fallait même pas y penser, j’avais mes valises, la cage de Nimbus -mon hibou, pour les nouilles à l’eau qui n’auraient pas fait le rapprochement-, et ma sœur en prime. Mais ça, je pouvais m’en passer, il suffisait de demander.

Soudain, oh joie, nous sommes arrivés à destination.

- C’est pas trop tôt, lança ma sœur en plissant le nez.

Je sortis comme une folle de la voiture, prête à embrasser la terre ferme tellement j’étais heureuse de ne plus devoir supporter cette atmosphère étouffante. Devant moi, ma sœur faisait à peu près la même chose. Encore un point commun, je sens que je vais vomir.

Maintenant, chercher la voie 9 ¾. Je savais parfaitement où elle était, ma famille me l’avait maintes et maintes fois expliqué, mais ce n’était pas mon actuel problème. Là, je regardais d’un air effaré la marée humaine qui déferlait devant moi, jacassante, ne s’apercevant même pas que par leur faute, je n’allais pas pouvoir atteindre mon train à temps. Je regardais ma montre. 10.40. Bien. Je retroussais mes manches -façon de parler, j’étais en tee-shirt-, pris ma valise et la cage de Nimbus, le tout posé sur un chariot. Poussant le tout, je ne me souciais ni des cris de ma sœur qui se plaignait qu’on lui froissait sa robe, ni des protestations des gens que je menaçais avec mon chariot. Oui, j’étais résolue à arriver à mon train coûte que coûte, et ce malgré la masse grouillante devant moi. S’ils ne se poussaient pas, alors qu’ils finissent à Sainte Mangouste, qu’on se le tienne pour dit. On me regardait comme si j’étais un dinosaure dans un modeste troupeaux de chèvres. Epatant.

Elle était là, enfin, cette foutue voie, ou du moins son numéro. Le tout maintenant était de traverser le mur. Polie avant tout -c‘était ma mere qui avait gardé mon porte monnaie-, je lâchais mon chariot et m’assis sur le sol. Quelques minutes après, ils arrivèrent enfin, mon père portant sur ses épaules une Cassandra rouge, vociférante et point de mire de tous les moldus de la gare. J’adore. Dommage que l’on sache que je faisais partie de cette famille lorsque je me retrouvais entourée d’eux. Après une dernière embrassade -mes parents et ma sœur vont mettre du temps à s’en remettre et à se désinfecter- je traversais enfin le mur, et me retrouvais sur la voie.

Devant moi, le Poudlard Express crachait des volutes de fumée, signe d’un départ imminent qui m‘emplissait de joie. Du haut de mon petit mètres 30 et des poussières -on est petit à vie, et dès le début-, traînant un chariot plus haut et plus lourd que moi, ainsi qu’un hibou qui huhulait à la mort, sûrement pour manifester son bonheur de changer d’air. Il détestait ma sœur, et elle le lui rendait bien. J’adorais mon hibou.

Un nouveau coup d’œil à ma montre m’avertit qu’il était 10.55. Le train n’allait pas tarder, je devait me dépêcher. Mais ma valise restait trop lourde pour mon poids plume et mes muscles en guimauve bouillie. Après les avoir posé sur le sol, je m’assis sur mon bagage en réfléchissant. La faire léviter? Bonne idée, mais je ne maîtrisais pas encore assez bien ce sort sans courir le risque de la faire tomber brusquement sur la tête de quelqu’un. Pas que ca me dérange, mais cela signifierait que mes parents devraient revenir et s’excuser en mon nom. Or les voir était la dernière chose que j’avais envie de faire, aussi ai-je proscris cette idée. Au moment où, découragée, j’allais envisager de partir en laissant là malle, bagage, et cage du hibou -en emportant tout de même Nimbus, c’est le seul qui parvient à me supporter- , une ombre vint se placer devant moi. Je levais les yeux et aperçut alors celui qui allait me faire souffrir jusqu’à la fin de ma scolarité. Sirius Black. En personne. Mais je ne le savais pas en le voyant bien sûr. Accompagné de son plus charmant sourire, il avait tendu la main et avait attrapé ma valise comme si elle n’avait rien pesé. Et Dieu sait que pourtant je l’avais remplie jusqu’à ce qu’elle soit à la limite de craquer, histoire de ne pas avoir à revenir au Manoir si quelque chose me manquait. Tout de suite, je l’avais trouvé merveilleusement beau. Peut-être parce que j’étais une gamine, que je ne connaissais rien de la vie. Mais, au fond de moi, je savais que j’avais raison, que ce n’était pas moi qui avait un voile sur les yeux. Et le regard des autres filles me le prouvait.

- Sirius Black, me dit-il en soulevant ma valise et en me faisant signe de le suivre.

- Emily Tomson, avait-je déclaré avec une voix timide.

J’étais complètement transformée par rapport à l’image de Dragonne que je devais donner aux pauvres moldus. Que m’arrivais-t-il?

- Tomson. Pourquoi ce nom me semble-t-il familier? On se connaît?

C’est alors que je compris à qui j’avais affaire. L’héritier de la famille Black, une des plus riche et plus puissante famille à cette époque. Curieusement, deux sentiments se mélangèrent en moi. La joie d’abord, de savoir qu’il n’était pas un vulgaire Sang Mêlé ou, pire, un Sang de Bourbe. Mais qu’il soit un Black le rapprochait de ma propre famille, de l’univers que je tentais de fuir.

- La famille Tomson est une famille de Sang Pur depuis ses fondements, elle et les Black ont dû se rencontrer à maintes reprises, approuvais-je.

Son visage se ferma et les muscles de sa mâchoire se contractèrent.

- Je vois.

Je ne comprenais pas, et lui lançais un regard interrogateur. Il me regarda quelques instants, et sembla se détendre, sans pour autant quitter son attitude qui était sur la défensive. Mais qu’avais-je dit, qu’avais-je fait? Sans mot dire, il monta ma valise et la déposa dans un compartiment vide.

- Te voilà arrivée à destination, me dit-il avec un sourire crispé. Je vais rejoindre mes amis. Si.. Si tu as besoin d’aide, demande moi.

Je me contentais d’hocher la tête, encore ébranlée par ce brusque changement d’attitude. Une fois la porte fermée, je soupirais et m’allongeais sur la banquette. Un petit somme ne sera pas de repos après cette matinée de torture, qui avait commencé par le réveil matinal puis au trajet qui fut un véritable calvaire. Mon esprit s’embrumait, le sommeil était proche, lorsque..

- Je peux entrer? Les autres compartiments sont pleins.

Une voix incertaine mais volontaire et ferme. J’ouvris lentement les yeux et aperçut une forme devant la porte de mon compartiment. Qui osait me déranger, moi? Mon regard s’adoucit cependant en voyant la petit fille haute comme trois pommes -entre nains, on se comprend- qui tenait un gros livre entre ses mains et une valise dans l’autre.

- Alors? Me demanda-t-elle, impatientée.

- Oui oui, bien sûr.

Tandis qu’elle s’installait, je me surpris à la détailler attentivement. Petite et mince, portant déjà sa robe de sorcière noire, sa peau pâle et ses cheveux auburn tranchaient avec le tissus sombre. Elle était vraiment très jolie, on aurait dit une poupée de porcelaine. Le caractère décidé en moins.

Elle s’assis en face de moi et me fit un sourire en me tendant la main. Hu? Je la regardais, elle et sa main, comme si j’avais vu un bout de parchemin danser la macaréna devant moi.

- C’est comme ça qu’on se dit bonjour, m’expliqua-t-elle patiemment.

Ah, fallait le dire avant. Je serrais alors sa petit main dans la mienne -petite également, quand je disais que nous étions faites pour nous entendre- tandis qu’elle ajoutait:

- Je m’appelle Lily, et toi?

- Emily.

C’est là que je vis ses yeux. On aurait dit deux émeraudes, tant le vert en était soutenu et brillant. Décidément, une fois grande, elle ferait des ravages. Du moins, sauf si elle se retrouvait à Poufsouffle. Ceux-là avaient la légère tendance à repousser les garçons, étant donné leur capacité à être effrayé par un pot de confiture à la groseille. Voir à essayer de communiquer avec eux, ca s’est déjà vu également. Non, je n’étais pas contre les gens de cette maison, j’étais juste.. Si, j’étais contre eux, et je me suis toujours juré de me jeter de la tour d’Astronomie si je devais appartenir à la maison des Blaireaux. Ou me jeter en pâture aux créatures de la forêt interdite. De toute façon, si je ne le faisais pas moi-même, mes parents s’étaient portés volontaires pour me poursuivre et me faire mourir à petit feu.

- Qu’est-ce que tu lis? Demandais-je en désignant l’énorme ouvrage qu’elle tenait sur ses genoux.

- L’Histoire de Poudlard, c’est passionnant!

- Mouais, je préfère encore «les bonnes vieilles références, du genre « Comment réussir à faire démissionner un professeur que vous n’aimez pas, en dix leçons ».

Voyant son regard choqué, je m’empressais d’ajouter:

- Je plaisante bien sûr, ce livre n’existe même pas.

S’il existait, je serais sans doute la première à me jeter dessus.

Et le voyage continua ainsi, jusqu’à l’arrivée à Poudlard.

--

Grande Salle, heure de la répartition. Tous les élèves étaient fébriles, et se demandaient comment ils allaient pouvoir savoir dans quelle maison ils allaient être. Tout simplement pitoyable. Comme si le directeur allait nous laisser affronter un troll des montagnes ou sauter dans le vide avec seulement des plumes d’hippogriffe attachées dans le dos. Certes, c’était un imbécile, un fou, un déglingué même, mais de là à anéantir les effectifs de son école, il ne fallait pas exagérer.

Aussi, c’est confiante que je me tenais au milieu de mes futurs camarades. J’avais 11 ans, mais cela ne signifiaient pas que j’avais le QI d’un lapereau de six semaines.

- Sirius Black!

Le garçon que j’avais rencontré dans le train s’avança, les mains dans les poches, jetant un regard renfrogné à une petite fille brune qui lui adressa quant à elle une expression narquoise. Ce devait être une de ses nombreuses cousines, j’en avais entendu parler par ma mère. A ce qu’il paraît, tous les Black avaient fait leur scolarité à Serpentard, et elle avait parut très fière de cela. Je crois que c’est à partir de cet instant que j’ai compris que je ne parviendrais à garder son estime -du moins, ce qui empêchait de me jeter à la porte du Manoir- qu’en allant moi-même à Serpentard.

- Gryffondor!

Les applaudissements me sortirent de mes pensées, et je grimaçais en voyant le garçon rejoindre la table des rouges et or.

- Il a de la chance, il a atterri dans la maison des courageux, me souffla Lily qui était restée à côté de moi.

- De la chance? Question de point de vue, lui répliquais-je sur le même ton, amusée malgré moi de la naïveté de cet enfant.

Gryffondor supérieur, quelle stupidité.

- Lily Evans!

Joyeusement, la fillette rousse qui fut ma compagne d’infortune durant le trajet se dirigea vers le tabouret, l’enfonçant jusqu’à son nez, ce qui n’était pas difficile. Il sembla réfléchir quelques instants, puis finit par crier:

- Gryffondor!

Et là, ce fut une catastrophe. Evans. Ce n’était pas le nom d’une famille de Sang Pur, je n’en connaissais aucune qui portaient ce patronyme. Elle était donc une Sang de Bourbe, ou une Sang Mêlé. Du pareil au même pour moi. Et elle venait de rejoindre Gryffondor.

Lorsque ce fut mon tour, je croisais le regard confiant de Lily, regard que je ne lui rendit pas. Autant s’y habituer tout de suite.

- Serpentard!

Evitant de La regarder, je me dirigeais à grand pas vers la maison des vert et argent qui applaudissaient. En jetant un coup d’œil derrière moi, je surpris son regard peiné. Pas pour ma maison, mais pour mon attitude. Mais je n’avais pas le choix, mes parents m’auraient tuée s’ils savaient que je pactisais avec une Sang Impur. Une Gryffondor serait sans doute passée, ou aurait été plus aisée à cacher si elle avait été Sang Pur. Mas là, c’était impossible, et dangereux pour elle comme pour moi.

Adieu Lily. Ou devrais-je dire.. Evans.

Voilà l‘histoire, en gros. Bien entendu, j’aurais pû élargir les détails, blablater sur la tenue qu’elle portait, sur la façon dont j’étais coiffée, et même la couleur de ma valise. Cela vous aurait servi à quelque chose?

Beaucoup de personnes doivent s’étonner que j’ai pû avoir un quelconque lien avec Lily Evans. Il est vrai qu’elle et moi faisions partie de deux mondes différents, tant par nos sangs que par nos maisons et nos idées. Et même de par notre côte de popularité. Depuis que le tristement célèbre James Potter lui courrait après, elle était devenue très populaire. Mais je préférais rester inconnue, et ne pas avoir un binoclard sans cervelle à mes trousses, qu’on se le dise. Quoique. Black est un idiot décérébré lui aussi, il n’a juste pas de lunettes. Mais pourquoi pensais-je à lui? J’avais tiré un trait sur lui, pour toujours. Après tout, il ne me restait qu’un an ici, j’allais pouvoir tenir.

Je n'avais plus jamais revu Lily. Ou du moins, pas de la même façon que ce jour de Septembre, où deux fillettes avaient fait connaissance sans savoir qui elles étaient. Désormais, c'était "Evans" par ci, "Tomson" par là. Et encore, pas toujours, car toutes deux nous nous évitions du mieux possibles. Ce n'était même pas de la haine, enfin de mon côté. Juste l'envie de sauvegarder la maigre tranquilité que je m'étais bâtie. Mes parents savaient être très persuasifs lorsqu'ils le voulaient. Au fond de moi, je savais que je ne l'oublierai pas, cette fillette rousse, qui était devenue cette jolie fille aux boucles aubunr, courtisée par un des garçons les plus populaires du collège. Quand je disais qu'elle allait faire des ravages. Je n'ai jamais tort, c'est un fait.

Voilà pourquoi j'avais autant d'appréhension. Après toutes ces années, je ne savais pas comment elle allait accueillir cette demande à l'aide. Qui vivra verra, comme on dit. Mais j'espère voir rapidement, le bal n'était que dans une semaine.

Je respirais un grand coup pour essayer de me calmer, et me mis à marcher vers mon destin. Ou plutôt vers celle qui allait peut-être pouvoir le changer.

--

POV Sirius

- Sirius? Sirius? SIRIUS?

Je sursautais brusquement en entendant la voix de James m’appeler, et portait la main à mon oreille avec une grimace. S’il ne m’avait pas brisé un tympan, il n’en n’avait pas été loin. Rappelez-moi pourquoi je continue à rester avec lui? Ah, oui, c’est mon meilleur ami et je loge en ce moment chez lui. Bon, l’émancipation sera pour plus tard alors.

- Qu’est-ce que tu veux? Grognais-je du fond de ma couette.

Un bruit suivi d’un soudain mouvement de mon matelas me fit comprendre que ledit meilleur ami venait de sauter sur mon lit. Décidément, je m’étonnais chaque jour que les lattes du sommier ne se soient toujours pas brisées. Pas qu’il soit gros, c’est d’ailleurs frustrant en vue de toute ce qu’il mange, mais il ne fait preuve d’aucune douceur. Pas étonnant qu’Evans ne veuille pas de lui tiens, elle aurait peur qu’il ne lui brise une côte rien qu’en voulant la serrer dans ses bras. Je devrais lui raconter l’épisode de la peluche qu’il avait explosé rien qu’en jouant avec.

- Tu es dans ce lit depuis une heure, sans bouger, sans rien faire. Tu ne ronfle même pas, ce qui est première.

Parce que moi je ronfle? Il ne s’est pas vu baver la nuit lorsque je murmure le prénom de Lily dans son oreille.

- Je médite, ai-je répliqué pour seule explication, me retournant de l’autre côté en plaquant mon oreiller sur le visage.

- Tu médite sur la façon de sortir avec plusieurs filles à la fois? Ricana-t-il.

J’y avais déjà réfléchi, mais ca n’avait donné aucun résultat. Trop d’effort à fournir. Finalement, je me redressais sur mon séant et le regardais sérieusement.

- Comment faire pour se venger de quelqu’un?

Aussitôt, un regard intéressé remplaça le sourire moqueur.

- Un Serpentard?

Une, mais il n’avait pas besoin de le savoir.

- Je veux lui faire payer, mais je ne sais pas comment.

A deux cerveaux, on devrait aller plus vite.

20 minutes plus tard

- Tu n’as toujours rien trouvé?

- C’est toi qui te venge, je te signale. Je ne sais même pas comment tu compte lui faire payer, donne-moi une piste!

Bonne question. Comment puis-je espérer faire payer sa mauvaise langue à Tomson? Elle semblait détester beaucoup de choses, le choix était large. Mais il fallait que je trouve LA chose qu’elle haïssait plus que tout, et ca, c’était moins évident. Inutile de songer à demander à une de ses amies, elle n’en a pas. Décidément, Merlin n’est pas de mon côté.

Je fis tourner ma baguette quelques minutes entre mes mains, l’air pensif. Vu la façon dont elle me parlait, elle devait avoir une dent toute particulière contre les Gryffondor. Et c’est là que j’ai eu l’idée. Me tournant vers James avec un sourire carnassier, je lui demandais:

- Dis-moi James, tu connais quelques sortilèges pour les cheveux?

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