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au 07 Jan 09 :
1117 comptes dont 390 auteurs
pour 1451 fics écrites
contenant 3718 chapitres
qui ont générés 7530 reviews
 
     

     
 
Perle Grise
Par Missma
Harry Potter  -  Romance/Humour
6 chapitres - Rating : K (Tout public)
    Chapitre 6     Les chapitres     9 Reviews    
Amitié retrouvée, fin de la tranquilité.

Note: Non, vous ne rêvez pas, j'ai enfin updaté ma fic, en espérant que ce chapitre vous plaira autant que les autres, j'ai moi-même pris beaucoup de plaisir à l'écrire, je dois avouer. Je vous remercie de votre patience et de vos reviews, bonne lecture!

MERCI à

Rika & Lulu
 

Chapitre 5: Amitié retrouvée, fin de la tranquilité.

J’avais regagné l’amitié de Lily. Moi-même, en me répétant cette phrase dans ma tête, je n’y croyais pas. C’était comme dire que le lait de Ronflack allait exploser les records de vente dans les magasins d’alimentation sorcière, ou comme affirmer que bientôt les hiboux seraient remplacés par des rouge-gorge pour le courrier. C’était impossible, impensable, inimaginable, et tant d’autres mots pouvant illustrer cet état de fait. On ne mélange pas l’eau et l’huile, le vinaigre et le yaourt, le chorizo avec le.. Bon, j’arrête ici car je sens que je deviens malade. Mais vous comprenez le principe, non?

Nous étions parties du couloir de la salle commune, après que j’ai mainte et mainte fois vérifié que les alentours étaient vide de toute présence humaine, jusqu’à ce que Lily fronce les sourcils devant tant de paranoïa.

- Tu as peur que les gens nous voient ensemble?

- Eh bien.. Pas exactement mais..

Devant moi, je pouvais sentir ses boucles rousses se changer virtuellement en flammes, signe qu’elle commençait à s’énerver. Aouch, mauvais pour moi ça. Et comme je n’étais pas chanceuse, il n’y avait pas d’extincteur à Poudlard. Cruelle désillusion.

- Pas exactement?

Je ne voulais pas dire ce que je pensais, je n’étais pas faite pour ce genre de mièvrerie sentimentalement niaise et inutile, mais j’avais travaillé si dur pour regagner ne serait-ce qu’un peu de son estime que je ne pouvais pas tout faire basculer d’un seul mot.

- A te voir avec une Serpentard, les gens risqueraient de t’en vouloir.

Je m’étais tournée du côté du mur, mâchant ma langue afin de me trouver une occupation. Un Poufsouffle aurait pû dire ca. Un Gryffondor aussi, un Serdaigle peut-être. Mais moi? J’observais la ma foi fort intéressante tapisserie du couloir lorsque je sentis deux bras m’entourer, et le parfum de Lily envahir mes narines. Ne me dites pas qu’elle avait osé? Aussitôt, je me dégageais en grognant.

- J’embrasse pas les filles et les Gryffondor.

- Même pas un petit peu? Me demanda-t-elle, amusée.

- Nan.

Nullement vexée par ma phrase, elle se détacha et je me frottais vigoureusement les habits. Non, je n’allais pas me changer en fille dégoulinante de bienveillance par tous les pores de ma peau, c’était viscéralement impossible.

Lily s’appuya sur le mur, les bras croisé, et me dévisagea.

- Dis-moi, si tu es venue me parler c’est que tu avais une raison, non?

Euh.. Non? J’avais complètement oublié cette histoire de bal, les évènement récents de cette soirée s’étaient déroulés avec trop de rapidité à mon goût. J’avais d’abord été sur le point de laisser ma sœur gagner son pari, puis Lily était arrivée, elle m’avait presque remise à ma place avant de finir par redevenir mon amie, et maintenant elle me demandait pourquoi j’étais venue la voir. Pourquoi d’ailleurs? Bon, très bien, l’oubli éphémère ne marche pas avec Lily. Mais, en y réfléchissant, lui demande de l’aide pour aller à l’une de ces réceptions sorcières ennuyantes, grotesques, nullissimes à souhait et de plus complètement sans intérêt, c’était un peu essayer moi-même de gâcher ma scolarité. Il me restait encore un an à faire ici, et l’impression que je donnerai dans ce foutu bal serait ce qui me caractériserait durant l’année restante. Trop de risques encourus, je n’allais tout de même pas mettre ma réputation -ou du moins ce qu’il en restait- entre ses mains. Oui, je sais, il faut faire confiance à ses amis, mais admettez que me faire traiter de mangemorte en herbe par cette même personne durant 6 ans n’était pas totalement effacé de ma mémoire. Amie ou pas amie.

- Eh bien.. En fait.. Pas vraiment, je..

Je croisais son regard nullement dupe et hurlais intérieurement. A grandir dans un environnement comme le mien, les insultes que je connaissais étaientt étendues, et j’en faisais aujourd’hui dans ma tête la vérification. Heureusement que les sortilèges appris aux sixièmes années ne permettaient pas de lire dans les pensées, voilà l’idée qui me traversais entre deux jurons bien placés. Mon visage devait sans doute être tout aussi vide d’émotions qu’il était en temps normal, je ne m’inquiétais donc pas pour le pouvoir de déchiffrage dont savait faire preuve cette rousse diabolique. Pourquoi donc avais-je émis le souhait de tout recommencer comme avant avec elle?

Tout bien sûr ne serait jamais exactement comme lors de cette première année, lorsque nous n’étions que d’innocents enfants, mais nous ferons tout pour. Je n’attendais pas qu’elle me confie ses secrets et ses plus intimes pensées, mais qu’elle ne me regarde plus avec ce regard indifférent et pourtant si accusateur dont elle savait si bien tirer profit. Je crois que j’étais encore moins importante à ses yeux que Potter durant cette période, c’est-à-dire encore pire que rien.

- Disons que j’avais un service à te demander, mais je viens de me rendre compte que ce n’était pas..

- Dis toujours, me coupa-t-elle sans tenir compte de la fin de ma phrase. Ce n’est pas parce que nous avons été ennemies pendant 6 ans que je ne peux pas t’écouter.

Son sourire était sincère mais je ressentis une pointe aux cœur. Elle mettrait du temps à se remettre de ça, je le sentais, et moi aussi. Qu’il était loin, le temps de l’innocence et du naïf oubli enfantin. Les blessures adolescentes étaient bien plus difficiles à combler. En soupirant, je m’accolais au mur et me laissais glisser jusqu’au sol.

- J’ai fais un pari avec ma sœur au sujet du bal, elle reste persuadée que je n’aurais pas le courage d’y aller. Et je dois avouer qu’elle a entièrement raison si je me fie à cet instant présent, ajoutais-je dans la barbe que je n’avais pas.

Elle me rejoignit sur le sol et croisa les jambes de façon à être assise en tailleur devant moi.

- Tu as un cavalier?

Je la regardais avec un regard qui disait, en gros: « Je ne sais pas si tu m’a bien regardé ma petite, mais est-ce que j’ai vraiment la tête de l’emploi? ». Elle dû comprendre car elle fit une petite moue.

- Je vois. Et tu as une robe, quelque chose de particulier que tu aimerais porter?

- A ton avis, pourquoi est-ce que je serais venue te parler si j’avais eu toute une garde-robe remplie de robe et tout un placard de bons conseils à portée de main?

Malgré moi, j’avais élevé la voix. On ne change pas une nature, on en revient toujours au caractère initial. Comme je l’ai déjà dit, ce n’était pas maintenant que j’allais devenir une sainte, et je n’étais même pas sûre d’en avoir envier Attendez voir: Non, j’en suis même persuadée. Mais Lily n’était là que pour m’aider, aussi ai-je fait un effort pour me contrôler ou, disons, ne pas exploser tout de suite. Ce qui, entre nous, était déjà un gros pas en avant.

- Je ne veux pas que ma sœur gagne ce pari.

Quant à plaire aux autres, je m’en moquais comme de la première couche culotte que j’ai enfilé. Ce n’était ni ma préoccupation principale, ni même un but, dans la mesure où je savais pertinemment que la beauté et moi faisaient environ un million.

Elle se leva alors et sembla réfléchir un instant.

- J’aurais bien quelque chose, mais..

- Mais?

Ce « mais » sonnait pour moi aussi agréablement que le glas pour un condamné à mort. Cette condition ne serait pas à mon avantage, je le sentais. Mieux, je le savais. Une Gryffondor quelle qu’elle soit n’avait jamais que des idées loufoques en tête, c’était comme ça.

- Mais? Répétais-je en voyant qu’elle semblait mettre du temps à répondre.

Pour toute réponse, elle m’attrapa brusquement le bras et se mit à courir. Par définition, lorsque quelqu’un courre en vous tenant le bras, vous courrez avec lui. C’est ce qui m’arriva également, me retrouvant entraînée par une bourrasque rousse à travers tout le château. Lentement, je débutais ma prière de fin de vie: « Merlin, si je devais mourir si jeune que ça, pourquoi ne pas m’avoir donné la richesse et la gloire, ne serait-ce qu’un petit peu? Car, voyez-vous, on ne peut pas dire que ma vie ai été vraiment passionnante durant ces 16 ans, j’aurais bien aimé une petite compensation avant de devoir partir à cet âge. Oh, et puis zut, oubliez ce que je viens de dire. Vous n’êtes qu’un sale gnome barbu après tout. »

Ce n’était pas la meilleure façon de m’attirer les grâces de Merlin, c’est vrai. Mais j’avais déjà fait un remarquable effort en lui faisant une prière. Enfin je crois.

Cela faisait déjà quelques longues minutes que nous courrions lorsqu’elle freina soudainement, ne me laissant que quelques secondes pour m’arrêter. Et l’inévitable se produisit, je lui rentrais dedans de plein fouet. Aouch. Me massant le nez avec mauvaise humeur, je me tournais vers elle qui semblait n’avoir rien sentit, lorsque les mots moururent dans la gorge. Devant moi se trouvait le tableau protégeant la salle commune de Gryffondor, ouvert depuis que Lily avait dit le mot de passe. Je restais silencieuse un moment avant de laisser échapper un rire jaune.

- Oh non. Non non non.

Lily me fit un regard larmoyant de poussin à peine sorti de sa coquille d’œuf, mais je crois qu’elle n’avait jamais pris conscience, en 6 ans d’ « ennemitié », que je n’étais sensible ni à la culpabilité, ni au chantage, ni à la corruption, et encore moins aux sentiments. Aussi croisais-je les bras sur ma poitrine avec un air qui disait clairement: « tu peux toujours courir avant que je rentre là-dedans ».

- Emilie, s’il te plaît..

- J’ai dis non. Tu ne me feras pas rentrer dans cet endroit infesté de pouilleux, de fous, de crétins et de.. On rentre!

Je m’engouffrais aussitôt dans le passage et tirais Lily derrière fois avec force, laquelle laissa échapper un cris de surprise avant de me suivre de façon à ne pas se retrouver le nez sur le parquet. Je refermais alors brusquement le passage et me dévissais la tête afin de trouver quelque chose pour me cacher. Un journal trônait sur une table et je m’en saisis avant de me jeter sur le canapé, ledit magazine devant mon visage. Lily me regarda avec des yeux ronds jusqu’à ce qu’elle entende la porte de la salle commune s’ouvrir de nouveau, et le groupe bien connu des Maraudeurs entrer dans la pièce. Leur sujet de conversation était toujours aussi passionnant, c’est fou.

- James, pourquoi tu as encore mangé le dernier morceau de gâteau au chocolat?

- Tu n’avais qu’à être le premier Pat’, il va falloir t’y faire, répliqua le susnommé James en ricanant.

- Mais tu sais que je l’adore! Hurla le brun avec désespoir.

- Mais tu en avais déjà mangé trois grosses parts, l’interrompit timidement Peter.

- Bonjour Lily, dit Rémus avec un sourire fatigué.

Le seul qui avait remarqué que la salle commune n’était pas vide. Décidément, il était la tête pensante des Maraudeurs. Mais ce n’était pas pour cette raison que j’allais le saluer, surtout que je n’étais pas dans la bonne salle commune ni dans le bon état d’esprit. Je me contentais de me tasser un peu plus dans le fauteuil en collant le magazine contre mon visage. Oui, les gens lisaient de cette façon, vous l’ignoriez?

De son côté, Lily tentait d’attirer mon attention afin que je vienne vers elle, mais elle n’avait sans doute pas remarqué à quel point ma situation était critique. C’est en voyant le sourire niais de Potter qu’elle sembla enfin comprendre qu’elle et moi avions un sérieux problème.

- Lily! Ca faisait longtemps.

- Pas assez Potter, pas assez.

Nullement atteint par la remarque, ce qui détonnait soit une profonde débilité soit un sacré courage, il continua sur sa lancée. Pour ma part, je pencherai pour la première solution. Mais ce n’est que mon humble avis.

- Mais c’est bon de voir qu’il y a des moments où nous pouvons être réunis.

Le sourire ravi de Potter contrastait avec le regard noir de Lily.

- Je t’arrête tout de suite Potter. Si j’avais été une tapette à mouche et toi un vulgaire moucheron, alors oui, nous aurions eu une chance d’être réunis. Mais pour l’instant, tu es encore moins important qu’un moucheron à mes yeux et je te prierai de me laisser tranquille. Emily, on y va.

C’est entendant mon nom que les autres prirent conscience qu’ils n’étaient pas seuls avec Lily dans la salle commune. Le seul problème, c’est que j’étais entrée dans cette foutue pièce justement pour les éviter, et sentir leurs regards sur moi n’était pas ce que j’avais voulu. Lily, si tu m’entends.. Tu es morte. Je serrais les pages du pauvre journal qui n’avait rien demandé et me dirigeais vers Lily tout en continuant de le tenir devant ma tête.

- Lily, murmurais-je, on peut savoir pourquoi tu m’a appelé?

- Tout simplement pour que tu me rejoigne, quelle question, me répliqua-t-elle sur le même ton.

- Ah oui? Et je fais comment si l’un de ces zigotos me demande qui je suis? Tu y a pensé?

L’air qu’elle me montra me renforça dans l’idée que non, elle n’y avait nullement songé. N’oublions pas que j’étais toujours cachée derrière le magazine et que j’étais en train de parler à Lily tout en le maintenant devant nous. Même moi, à leur place, j’aurais trouvé ça louche. Et pourtant, Merlin sait que je me mets rarement à leur place étant donné que je fais partie de ces gens qui sont persuadés que la connerie est contagieuse. Ils commençaient d’ailleurs à chuchoter entre eux, le magazine m’ayant rendue aveugle mais pas sourde. Mauvais ça, très mauvais. Ce fut Lupin qui, le premier, enfonça le clou qui allait causer ma perte.

- C’est une de tes amies Lily?

- Je fais quoi, je fais quoi, je fais quoi?

Lily Evans paniquait. Mon dieu, étais-je réellement fichue? Je lui lançais un regard meurtrier et elle se décida à enlever sa tête de ma cachette improvisée.

- Hé bien, oui. On peut dire ça comme ça.

- Tu es en quelle classe?

Lily? Elle était en sixième année, pourq.. Oh. C’était une question à mon attention. Génial, tout simplement génial. Je fais quoi maintenant? Oui, j’improvise. Prenant une voix plus aiguë qu’à l’ordinaire, je consentis ) répondre.

- En sixième année, comme Lily.

- Vraiment? Je ne me souviens pourquoi pas qu’il y ait une Emily dans notre classe. Et toi James?

- Non plus. Tu es sûre qu’elle s’appelle Emily? Tu as dû mal comprendre.

Et zut. J’avais complètement oublié que la classe de Lily comprenait également la présence des Maraudeurs. Idiote, idiote, idiote.

- Emily? Si tu continue à te taper la tête avec ce magazine ils vont vraiment se poser des questions, me souffla Lily en profitant d’un moment d’inattention de la part des garçons.

- Et toi Sirius? Tu te souviens d’une Emily à Gryffondor?

Ah non, pas lui. Tout, mais pas lui. Prenant la main de Lily avec brusquerie, je l’entraînais vers les escaliers des dortoirs avant qu’ils ne se rendent compte de la supercherie.

- Emily, m’interpella de nouveau discrètement Lily, ce sont les escaliers menant au dortoir des garçons.

Mais je le savais.

Je bifurquais en exécutant un magnifique dérapage, lorsque nous vîmes les Maraudeurs courir après nous.

- Hé! Dis nous qui tu es!

La voix du pouilleux, je pouvais la reconnaître entre mille.

- Rêve, grommelais-je entre mes dents.

L’escalier était proche, encore plus proche, toujours plus proche. Ca y est, nous étions dessus. Je montais les marches à toute vitesse et me retournais juste à temps pour les voir dégringoler sur le toboggan. Justice est faite. Je me laissais alors sur le haut des marches, à l’abris des regards, et poussais un grand soupir. Bon sang, c’est dans des moments comme ceux-là que je bénissais l’invention des escaliers magiques.

Peu de temps après, Lily me rejoignit.

- Tout va bien?

J’ai faillis me faire repérer en pleine salle commune des Gryffondor par quatre imbéciles, je venais d’être la plus ridicule qui soit, et par-dessus le marché le magazine que je tenais encore en main n’était même pas intéressant. Mais oui, tout baigne. Elle sembla intercepter le plus gros de mes pensées car elle ne me reposa pas la question.

Je m’assis sur le premier lit qui arrivait.

- On peut savoir pourquoi tu m’a amenée ici, dans ce.. Cet endroit?

J’allais dire ce cauchemar, mais cela n’aurait pas été très poli. Réaliste, mais pas poli. Elle commença alors à ouvrir son armoire et à jeter des tonnes d’affaires sur son lit. Moi, en totale ignorante sur le sujet, je la laissais faire. Mais en voyant le lit prêt à se craquer sous le poids, je me permis un léger, un riquiqui, un minuscule commentaire. Paix à mon âme.

- Hem.. Lily?

- Oui?

- Qu’est-ce que tu fais?

- Je cherche.

Ah. Celui qui avait affirmé que poser des questions permettaient de mieux savoir avait totalement raison, j’étais beaucoup plus avancée que tout à l’heure.

- Tu cherche quoi?

- Des vêtements à ta taille.

- Hein?

Je la regardais comme une demeurée, me demandant en quoi chercher des vêtements à ma taille allait m’aider pour le bal. A mon grand soulagement, elle consentit à m’expliquer.

- Tu vas les enfiler afin que je sache quelle est ta taille, et surtout pour que je vois quel est ton style de vêtement.

Je n’ai pas vraiment de style de vêtement, étant donné que je reste en uniforme 90 pour cent de mes journées, les 10 pour cent restant étant les nuits où je portais mon pyjama. Et encore, c’était également le pyjama fourni par Poudlard.

Et c’est ainsi que je me suis retrouvée debout sur le lit, dans un dortoir à l’air pollué par les respirations de bouffondor, les bras en l’air tandis que ma « nouvelle ancienne amie » prenait mes mesures. Chouette alors, j’ai toujours rêvé d’avoir un styliste personnel. Sauf que je commençais à avoir sérieusement envie de me gratter le nez, et les tissus entravaient mes bras de façon à ce que je ne puisse pas bouger. Douleur, ô douleur. Je finis par profiter d’un moment d’inattention de la part de Lily pour déplacer mon bras sans bruit et calmer la démangeaison. Heureusement, elle ne s’en est pas aperçue. C’était donc finalement de la chance, non? Pourtant, j’avais un mauvais, très mauvais ressentiment.

--

POV SIRIUS:

Il avait osé. Il avait osé manger le dernier morceau de gâteau au chocolat, sous mes yeux et avant même que je puisse effectuer un mouvement pour le reprendre. Il l’avait avalé sans même se préoccuper de mon intense douleur à imaginer tout ce merveilleux nectar broyé entre ses mâchoires et descendant à toute vitesse vers son estomac.

- James..

- Oui?

Avec son air le plus innocent, mon ex meilleur ami s’était essayé la bouche et m’avait regardé comme si de rien n’était.

- Tu avoue tout de suite ton crime pour que je sois indulgent, ou tu préfère mourir tout de suite?

- Mais de quel crime parle-tu donc? Si c’est celui de me nourrir à ma faim, alors j’avoue.

A ces mots, je reconnus bien la capacité de James à changer de sujet ou à détourner les conversation. Si l’image de l’assiette vide ne s’était pas trouvée devant mes yeux en cet instant, j’aurais sans doute éclaté de rire. Mais les pauvres miettes sur la blancheur de la porcelaine me hantaient. Il dû le comprendre car il se leva brusquement et commença à courir hors de la Grande Salle. Pris par surprise, j’avoue que j’ai mis un peu de temps avant de réagir, assez pour lui permettre d’atteindre la porte juste au moment où je me suis levé. Les professeurs, habitués depuis longtemps, n’avaient même pas réagi, et le pauvre James eut un Sirius enragé à ses trousses. Paix à son âme.

La course poursuite dura jusque devant la salle commune où, essoufflé, je n’avais pas la force de me venger. Aussitôt me suis-je contenté de gémir tristement sur mon sort, jusqu’à ce que Rémus, qui avait suivi le carnage de loin et qui pourtant était arrivé avant nous, donne le mot de passe. Il m’étonnera toujours.

En entrant, je sentis que l’attention que James me portait s’en allait inexorablement, et se concentrait sur un point précis. Ca, c’est le signe que Lily n’était pas loin, j’en mettrais ma patte à couper. Et, forcément, comme j’ai toujours raison et que je le sais, c’était bien elle qui était là, seule. Seule? Merlin, James ne va tout de même pas..

Si, il a osé. Aussi naturellement qu’il avait osé me piquer mon morceau de gâteau -car il me revenait de droit, c’est un fait, même si je ne sais pas pourquoi- il avait engagé la conversation avec Lily. Qui n’avait pas tardé à répliquer de cette façon si douce et si charmante qui était la sienne. Mentalement, je comptais: James Potter, 0. Lily Evans, beaucoup plus. J’ai arrêté de compter après 100. Mais la plus grande surprise fut sans doute d’entendre une autre voix que celle de Lily, une voix féminine. Aussitôt, les regards s’étaient tournés vers elle, ou plutôt vers le journal qui la cachait. Pourquoi se cachait-elle d‘ailleurs? Peter était le plus curieux, et on sentait à son nez qui frémissait qu’il cherchait à en savoir plus. Et elle s’était enfuie. Hein, quoi?

Evidemment, nous nous sommes mis à la poursuivre, en vain. Vous avais-je déjà dit que je haïssais les escaliers des filles? Ces fichus morceaux de marbre s’étaient changés en toboggan sitôt nos pieds posés sur eux. Alors que les filles ont, elles, le droit de venir dans le dortoir des garçons à leur guise. Je trouve ça injuste, surtout lorsqu’on sait quelles furies se cachent derrière toutes ces filles. Mais enfin. Je peux comprendre qu’elles m’aiment, je suis irrésistible!

La salle commune vide, je repris le fil de la conversation précédemment eu avec James, avant l’épisode malencontreux du bout de gâteau volé dont je persiste à dire qu’il était ma propriété personnelle. D’une main, je sortis ma baguette magique et, de l’autre, un vieux bout de parchemin, celui-là même qu‘il m‘avait donné lorsque je lui avais parlé de ma future vengeance. Le parchemin permettant de changer la couleur des cheveux de n’importe qui. Un simple sortilège qui pourtant allait avoir des effets ravageurs. Surtout qu’elle ne pourrait jamais prouver que c’était moi qui avais fait ça. Et le plus avantageux c’était qu’il pouvait s’exécuter à distance, il suffisait d’avoir l’image de la personne en tête. Un peu comme le sortilège Accio, mais avec des résultats différents.

- Sirius? Sirius tu rêve?

- Hein? Non, je suis là.

Je sortis de mes pensées et serrais le parchemin d’un air mauvais.

- En revanche, c’est elle qui va bientôt ne pas y croire.

Nonchalant, Rémus se laissa tomber sur le fauteuil et feuilleta sans le regarder un livre de cours laissé sur la table.

- Je ne sais pas ce que vous mijotez tous les deux, mais je suis persuadé que c’est une mauvaise idée.

Avec un sourire, James et moi avons échangé un regard.

- Mais comme tu nous aimes, tu ne vas pas nous dénoncer, n’est-ce pas? Dit James d’un ton cajoleur.

- Surtout que tout est prévu pour qu’on ne nous accuse pas, ai-je renchéri à la suite.

- Et puis ca a l’air vraiment cool, couina Peter en prenant parti pour James et moi, ce qu’il avait toujours fait.

Il soupira un instant avant de refermer le livre dont il n’avait même pas regardé le titre.

- Bien sûr que non, mais cela ne m’empêche pas de ne pas être d’accord avec ça.

- Je t’aime, criais-je en lui broyant les côtes.

- Moi aussi! Ajouta à son tour mon compagnon de vengeance.

- Comme toutes les autres fois, répliqua alors le loup-garou d’un air amusé.

Mais, au fond de moi, je savais qu’il serait toujours de nôtre côté. Et nous le savions tous.

- Bon alors, tu le fais?

Le ton de la voix du garçon à lunettes était surexcité, comme à chaque fois que étions prêts à faire un mauvais coup, et je sentis que même Rémus voulait savoir ce que nous réservions. Je pris le parchemin de façon à l’avoir devant les yeux et saisis ma baguette magique.

- Je le fais?

- Oui! Crièrent-ils en chœur.

- Vous êtes sûr?

Je le répétais surtout par amusement, car eux comme moi n’attendaient que ça. Je parcourus la page rapidement. Il s’agissait d’une version plus élaborée du sortilège que nous avions appris pour colorer des objets, et je me tournais vers James d’un air surpris.

- Où as-tu déniché ça?

- Secret, me dit-il avec un sourire mystérieux. Maintenant, jette ce sort ou nous allons y passer la nuit.

Après avoir pris une grande inspiration, je levais ma baguette, et prononçais la formule. Je crut sentir mes cheveux se soulever légèrement, mais ce n’était que le fruit de mon imagination. Nul doute qu’à l’heure qu’il est, elle devait avoir la surprise de sa vie. J’aurais tout donné pour l’entendre crier. Mais on ne peut pas tout avoir, n’est-ce pas?

- AAAAAAAH!

--

POV EMILY:

Bon, ça aurait pû être pire. Elle aurait pû me faire enfiler des horreurs et me rendre passablement ridicule, en m’infligeant de plus des souvenirs traumatisants en mémoire. Pourtant, lorsque je me suis regardé dans le miroir, je n’étais pas aussi défigurée que je ne le pensais. La tenue était tout ce qu’il y avait de plus classique, et Lily semblait ravie. Tant qu’elle est contente, je le suis aussi, cela signifie qu’elle va me laisser tranquille pour un bout de temps…

- Tiens, pendant que j’y pense.

…Ou pas.

- Elle sera parfaite pour la sortie à Pré au Lard de ce week-end, qu’en penses-tu?

- La.. sortie? Quelle sortie?

J’étais allée si peu de fois dans le village sorcier que j’en venais à oublier les dates. Je n’avais pas besoin d’y aller pour me procurer les montagnes de sucreries que j’engloutissais, il me suffisait d’effrayer un ou deux petit cornichons de première année et j’avais ce que je désirais. A quoi bon se déplacer, très franchement? Mais elle semblait réjouie de son idée, ce qui signifiait que j’étais dans de beaux draps.

- La sortie à Pré au lard, m’expliqua-t-elle patiemment. Si tu veux gagner tes Gallions, et bien que je n’approuve pas ce genre de choses immatures tel que les paris, il va falloir t’acheter une robe.

Elle l’avait dit. Le mot honnis. Celui que j’avais relégué dans un coin de mon cerveau, entre l’espace réservé à la bonté et celui réservé à l’amour des Gryffondor, autant dire très, très loin. Je détestais les robes, les jupes, et quoi que ce soit de féminin. J’étais déjà assez infortuné avec mon paillasson crânien et ma mauvaise humeur sans, en plus, devoir traumatiser les élèves plus que nécessaire.

- Non. Je n’irai pas à Pré au Lard, il n’en est pas question.

- Tu n’as pas le choix.

J’admirais l’air tranquille et surtout sûr qu’elle prenait, mais c’était non. Jusqu’à ce que j'ai l’air méprisant et triomphant de ma sœur sous les yeux. Je fronçais les sourcils, essayant de chasser cette horrible image, en vain. En face de moi, les bras croisé et un petit sourire au coin des lèvres, Lily rangeait les affaires non portées, sachant pertinemment ce que j’étais en train de penser, et sachant également que je finirais pas accepter. Les rousses sont diaboliques.

Alors que je pesais le pour et le contre, un léger souffle de vent s’engouffra dans la pièce, me soulevant les cheveux. Je jetais un coup d’œil aux fenêtres pourtant fermées et me tournais vers Lily.

- Tu n’as rien senti?

- Non, pourquoi?

Je fronçais les sourcils, mon mauvais pressentiment étant revenu.

- Pour rien.

C’est alors qu’elle referma la porte de l’armoire s’assit en face de moi, avant de pouffer. Comment ça de pouffer? Qu’est-ce que j’avais? Tout de suite après, son regard passa d’amusé à sérieusement perplexe, car elle voyait que je ne partageais pas sa gaîté.

- Comment as-tu fais ça?

Décidément, tout le monde était décidé à me parler par code aujourd’hui. Effrayant.

- Fais quoi?

Sans mot dire, elle me tendit un miroir, et j’eu devant les yeux le spectacle le plus horrible qui soit. Mes cheveux blonds s’étaient transformés en une hideuse couleur rouge flamboyante, encore plus coloré que les cheveux pourtant roux de Lily. Qu’est-ce qui m’étais arrivé? J’entendis des éclats de rire venant d’en bas et n’y prêtais pas attention, jusqu’à ce que je me souvienne qui était en bas. Le pouilleux. Ses amis. Et 4 cerveaux prêts à tout.

- AAAAAAAH!

Je jetais le miroir sur le lit et me précipitais vers la porte.

- Ou vas-tu?

- Le tuer!

- Hein?

Elle me suivit avec peine tandis que je dévalais les marches à toute vitesse, manquant de me casser la figure à chaque pas. Ils étaient bien là, calés dans les fauteuils, et riaient sûrement de leur blague idiote. Mais un seul retenait mon attention. Sans crier gare, je me jetais sur lui et le plaquais au sol. Je n’avais aucune illusion, j’y étais parvenu grâce à l’effet de surprise, pas grâce à ma force semblable à un sachet de pomme de terre lyophilisées.

- Black, tu es mort!

Il était au sol, moi assise sur lui, et mes mains entouraient son cou avec toute la haine dont j’étais capable. Je serrais si fort que mes jointures en étaient blanches, si fort que même ses amis commençaient à s’inquiéter, mais personne n’osa venir me dire de partir. Peut-être car il était trop abasourdis de voir débarquer une folle aux cheveux rouges, qui plus est portant l’uniforme de Serpentard, dans leur salle commune. J’en étais passé au stade de « je secoue la tête tout en continuant de l’étrangler », et le visage de Black commençait à devenu bleu.

- Tu m’entends? Je te hais, je te déteste, et si cette saloperie de couleur ne s’en va pas d’ici 5 minutes, je te tue!

- Emily.. commença Lily.

- Quoi?

- S’il meurt avant d’avoir levé le sort, ta menace n’en est pas vraiment une, tu ne crois pas?

Lentement, je détachais mes mains se façon à le laisser respirer un peu. Ah, pas faux. Je regardais un instant Black, et l’envie de continuer mon oeuvre me démangeait sérieusement. Puis une longue mèche rouge et ondulée vint se mettre devant mes yeux, et je hurlais de nouveau, n’ayant aucune gêne à le faire devant les autres. Je hais le rouge, je hais les Gryffondor, et je hais Black. Alors que je pesais le pour et le contre, j’entendis un murmure étouffé du côté de l’un des amis du pouilleux.

- Ne sont-ils pas mignons comme ça?

Même Black, malgré que j’ai été à deux doigts de l’étouffer, avait son petit sourire arrogant. C’est alors que je pris conscience de la position dans laquelle je me trouvais, et que je songeais sérieusement à me suicider.

Bouton « pause », please?

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Extrait du chapitre suivant:

« - Tu as intérêt à être jolie pour le bal, j’ai décidé de t’inviter.

Je regardais la personne en face de moi avec des yeux ronds. Moi, avoir l’air stupide? Ca se pourrait bien. Mais me dire ça comme ça, sans même me saluer avant, avouez que c’est un peu fort.

- Comment ça au bal avec toi? Non mais tu te prend pour qui?

Je ne le connaissais ni d’Eve ni d’Adam, juste de réputation, et celle-ci disait qu’il était un odieux personnage qui traitait les filles comme de la bouse de dragon. Pas que le fait que ces greluches qui peuplaient le château soient remises à leur place me dérange, mais il ne fallait pas que cela me concerne. Et puis d’ailleurs, pourquoi se décidait-il à m’inviter, hein?

C’est alors qu’Il arriva. Merlin, je n’avais pas assez de soucis comme ça.

- On s’amuse bien ici? Quelqu’un embêterait-il une demoiselle?

- Black, ce n’est pas le moment. Je peux parfaitement me débrouiller comme une grande, dégage!

Il me jaugea un instant, des pieds à la tête, j’avais réellement l’impression qu’un rayon X me traversait. Saleté de Gryffondor.

- Comme une grande, vraiment? Pourtant, tu es toujours aussi petite que d‘habitude, de loin je t‘avais prise pour un elfe de maison.

- Je vais te.. te.. BLACK! Reviens ici!

Abandonnant là paquets, futur ex cavalier, et nouvelle ancienne amie, je me mis à la poursuite de ma victime. Jusqu’à ce que je me rende compte que tout le monde nous regardait, y compris ses crétins d’amis.»

 
 
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