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au 31 Mai 21 :
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Une enfance dans les rues
Par Tobby
Harry Potter  -  Romance/Action/Aventure  -  fr
23 chapitres - Complète - Rating : K (Tout public) Télécharger en PDF Exporter la fiction
    Chapitre 18     Les chapitres     26 Reviews     Illustration    
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Chapitre 17 : Fin d’une cavale

Chapitre 17 : Fin d’une cavale.

 

« Je sais où se trouve Pettigrow. »

 

Un grand silence s’abattit sur la petite assemblée présente.

 

« Juste pour être bien sûr de ce que j’ai entendu, pouvez-vous répéter ce que vous venez de dire Mr Wesley, demanda doucement Remus.
-Je répète : Je sais où se trouve Pettigrow. Il est dans le dortoir des deuxièmes années de Gryffondor.
-Quoi ? S’exclama Moody en se levant brusquement et en renversant la chaise sur laquelle il était assis quelques secondes plus tôt.
-Il est dans la famille Wesley depuis…j’avoue ne jamais avoir compté les années mais cela concorde avec l’année de l’emprisonnement de Sirius Black.
-Et vous ne nous l’avez pas dit ? S’exclama Sonia très surprise.
-Je ne savais pas qu’il avait un doigt manquant, je ne me souvenais même plus qu’il se transformait en rat.
-Mais je l’avais dit.
-Oui maintenant ça me revient, mais avec tout ce qui s’est passé dernièrement j’avoue que j’ai oublié, tout comme l’animagus de James Potter, je suis incapable de m’en souvenir.
-Comment peut-on ne pas se souvenir d’un tel détail ?! Ironisa Severus.
-Ca ne nous dit toujours pas où est Pettigrow ! Déclara calmement Mcgonagal.
-Il est dans le dortoir des Gryffondors.
-Rien que ça...
-Severus nous nous passerons de vos sarcasmes.
-Le rat n’a qu’une seule envie, c’est de finir sa mission, qui je le rappelle est de tuer Harry. Comme par hasard ils se trouvent tout deux dans le même château ! Suis-je le seul inquiet ?
-Vos inquiétudes nous touchent beaucoup Severus, mais maintenant qu’on sait où il est on pourra le capturer très rapidement et ainsi protéger Harry.
-Alors pourquoi reste-t-on tous assis ici au lieu de se rendre dans le dortoir des lions ?
-Parce que nous lui ferions peur, expliqua Dumbledore. Monsieur Pettigrow connaît très bien ce château, bien mieux que la plupart des professeurs.
-Il nous suffit de trouver la carte, proposa Remus.
-Une carte ? En quoi une carte pourrait nous être utile ? Demanda Severus sur un ton glacial.
-C’est une carte très spéciale, nous l’avons crée lors de notre cinquième année. Elle nous a été confisquée lors de notre dernière année.
-Je pense qu’il nous faudrait aller vois dans le bureau de Mr Rusard en espérant qu’elle y soit toujours.
-Ou simplement convoquer Wesley junior et lui demander son rat…
-Lui demander de se rendre dans le bureau du directeur avec son rat ? Bien que Pettigrow soit stupide je suis sûr qu’il prendra peur, ce plan est voué à l’échec.
-Dans ce cas je le convoquerais dans une salle de classe, dit Arthur, il ne transmettra pas sa peur au rat puisqu’il n’a rien à craindre de moi.
-Je me charge de chercher dans le bureau de Rusard pendant ce temps.
-Je ferais une petite diversion avec Mr Rusard pour que tu ais un peu plus de temps Remus.
-Professeur Mcgonagal je ne vous connaissais pas ainsi, s’esclaffa Molly.
-Je crois avant tout en la justice et savoir un meurtrier dans la nature, à fortiori le meurtrier d’une dizaine de moldus… »

 

Sonia acquiesça vigoureusement. C’était en partie grâce à Minerva qu’elle avait eu envie de rendre justice et donc d’entrer au ministère.

 

« La réunion est donc terminée, Arthur il est très important qu’une fois que vous avez Pettigrow vous veniez directement dans mon bureau.
-Il aura cent fois le temps de se transformer et de s’enfuir, ou simplement s’enfuir sous sa forme de rongeur.
-Je connais tout de même les sorts basiques Snape.
-Et s’il s’enfuit au moment où vous sortez votre baguette ? C’est bien trop incertain comme plan. Laissez-moi y aller aussi, juste au cas où.
-Allons Severus, il faut avoir confiance en vos collèges ! Si jamais Pettigrow vous vois il prendra la fuite à coup sûr, déclara Dumbledore.
-Dans ce cas je souhaite être prévenu dès qu’il sera sous contrôle.
-Je pense que Sirius ne doit surtout pas être au courant, il pourrait faire échouer le plan.
-Black n’a jamais su contrôler son sale caractère, je n’avais pas envisagé une seule seconde lui raconter quoi que ce soit.
-Ce n’est pas le seul à avoir un sale caractère marmonna Maugrey, ce qui lui valu un regard noir de la part de Severus.
-Je pense que Remus a raison, Sirius ne doit pas être au courant.
-Rentrez tous chez vous, Arthur vous convoquerez votre fils dès demain dans le bureau de Minerva.
-Très bien.
-Est-ce que je préviens dès maintenant les Aurors du ministère où on attend encore un peu ?
-Attendons d’abord d’être sûr d’avoir Pettigrow. »

 

Sonia acquiesça. Tous se levèrent dans un même mouvement. Severus rentra furieux dans son appartement. Apparemment Harry semblait dormir puisque tout était calme, mais lorsqu’il entra dans sa chambre il le découvrit entrain de lire son livre de potion…encore.

 

‘’’Encore plus accro que moi ! Je ne pensais vraiment pas cela possible.’’’

 

« Tu ne lis jamais autre chose que des potions ?
-Non répliqua Harry le sourire aux lèvres.
-Il est vraiment très tard…ou très tôt, cela dépend de ta façon de voir. Tu devrais dormir depuis déjà bien longtemps.
-J’arrive pas à dormir. »

 

Severus alla chercher un livre d’histoire enfantine et s’assit à côté d’Harry.

 

« Je vais te lire une histoire, mais après je ne veux pas que tu te relèves ! Je veux que tu dormes.
-D’accord, mais tu laisseras une petite lumière ?
-Je laisserais une veilleuse, promis. »

 

Il ne fallut pas plus que cinq minutes d’histoire pour qu’Harry s’endorme. Severus alluma d’un coup de baguette une petite sphère qui emplit la pièce d’une lumière tamisée. Il borda Harry et l’embrassa doucement sur le front.

 

« Bonne nuit Harry. »

 

Ce ne fut qu’à ce moment là que Severus prit conscience que Black était lui aussi dans la pièce. En effet le chien tentait de faire le moins de bruit possible pour sortir de la pièce. Severus en profita pour observer Black. Ce dernier s’était couché dans son panier et semblait lutter de toutes ses forces pour ne pas s’endormir…intéressant. Histoire de tester Black, Severus prit un gros livre de potion et se mit à le lire distraitement. Peu habitué à avoir du public Sirius se sentait mal à l’aise. Il n’aimait pas le fait que Severus l’observe. Il avait mis un point d’honneur à cacher ses cauchemars et son état dépressif, il ne voulait surtout pas que Severus s’en aperçoive. Ce dernier avait déjà bien eu assez de soucis ces derniers temps. Se sentant complètement épuisé et ne voulant pas s’endormir devant Severus Sirius se leva et alla se coucher dans un coin sombre de la chambre d’Harry.

Voyant son petit manège Severus commença à comprendre que premièrement Black avait un sérieux problème autre que sa stupidité et deuxièmement, encore pire, il essayait de le cacher aux yeux de tous. Tout ça signifiait que Black semblait être tombé en pleine dépression post-Azkaban. Encore une fois, ce comportement ne collait pas du tout avec le comportement de son ancien ennemi d’école. Severus savait qu’Azkaban avait changé Black, il l’avait bien vu lorsqu’il avait vu le chien dans les rues de Londres. Après tout Azkaban pouvait être une expérience très traumatisante mais cela semblait avoir profondément changé le caractère de Black. Il s’était attendu à ce que ce dernier se remette plus ou moins rapidement et recommence ses stupides blagues contre lui mais il n’en avait rien fait.

Severus, pour la première fois, consentit à tourner la page du passé et à considérer Black comme un inconnu qu’il était peut-être prêt à connaître.

 

‘’’A la moindre blague, stupidité ou acte de pure gaminerie tu regretteras de t’être échappé d’Azkaban je t’en fais le serment Black.’’’

 

Severus alla chercher un verre d’eau dans lequel il mit quelques gouttes de potion sans rêves.

 

« Black, réveille-toi ! Dit-il en le secouant plus ou moins gentiment »

 

Sirius qui avait doucement sombrer dans les bras de Morphée ouvrit difficilement les yeux. Severus se sentit instantanément coupable et le secoua plus gentiment.

 

« Black, faut que tu te changes ! Transforme-toi. »

 

Sirius trop surprit par le ton que Severus avait employé ne compris pas tout de suite ce qu’il lui demandait.

 

« Black, as-tu la force de te changer ? »

 

Sirius tenta de se transformer mais, à bout de force, il s’écroula trop épuisé par ses vains essais. Pris de pitié Severus transforma son verre en gamelle.

 

« Bois ça rapidement, ça te permettras de mieux dormir. »

 

Sirius lapa mollement la gamelle jusqu’à ce qu’elle soit vide et put enfin s’endormir tranquillement. Severus prit la petite couverture d’Harry et la posa sur le chien.
Une fois tout ce petit monde endormit, Severus s’autorisa à souffler un bon coup et ressentit toute la fatigue accumulée des deux derniers jours…voir plus. Après avoir posé un sort sur Black et Harry il s’endormit dans son lit à côté du petit garçon.

 

OoOoOoOoO

 

Ca ne faisait qu’un mois qu’il était à Poudlard mais il avait fait en sorte d’être déjà un élève modèle, il souhaitait être parfait et faisait exactement ce qu’on lui disait. C’est pourquoi il était très stressé ce matin, son père était à Poudlard et avait demandé à le voir avec Croutard. Jusque là rien de très stressant. Le seul problème était que Croutard avait disparu. Percy avait fouillé partout, il avait rangé trois fois toutes ses affaires, avait défait et refait cinq fois son lit…sans succès. C’est donc la mort dans l’âme qu’il se rendit dans le bureau de Mcgonagal.

 

« Ce n’est pas normal, Percy n’est jamais en retard.
-Arthur, il n’a que cinq minutes de retard.
-Vous ne connaissez pas mon fils, il respecte à la seconde près ses rendez-vous, c’est pourquoi… »

 

Quelques coups timides résonnèrent dans la salle.

 

« Entre Percy, dit joyeusement Arthur. »

 

Bien qu’il essayait de ne pas être nerveux, sa voix avait légèrement tremblée. Percy était mal à l’aise, les larmes lui montaient aux yeux sans qu’il le veuille.

 

« Je n’arrive pas à trouver Croutard, j’ai bien fouillé partout mais depuis que je suis à Poudlard, il part souvent quelques jours en expédition.
-Ce n’est pas grave, le rassura Arthur, nous allons le retrouver, ne t’en fais pas.
-Tu me le rendras alors ? J’en prends bien soin tu sais.
-Je préfèrerais que tu ais un autre animal, Croutard va rester avec Dumbledore.
-D’accord, si jamais je le retrouve je te l’amènerais ou à Dumbledore si tu veux.
-Merci beaucoup Percy. Je suis très fier de toi. »

 

Mcgonagal était restée en retrait, elle ne souhaitait pas interférer avec cette petite réunion de famille. Ce ne fut que lorsqu’un coup fut frappé à sa porte qu’elle prit la parole.

 

« Entrez »

 

Rusard entra et après avoir jeté un regard interrogatif aux deux Wesley, il se dirigea vers le professeur.

 

« Vous m’avez fait demandé ?
-J’envoie un message à un confrère et j’arrive. Je dois vous parler d’un sérieux problème. »

 

Rusard acquiesça et alla s’installer à une chaise. Arthur en profita pour demander à son fils de retourner en cours. Minerva revint quelques minutes plus tard et offrit le thé aux deux hommes.

 

« Alors que souhaitiez vous me dire professeur ?
-Eh bien dernièrement Peeves a été plus insupportable qu’à son habitude. Hier encore j’ai retrouvé des boules de gomme dans les serrures, l’encre de mes encriers n’en était pas et je ne tiens pas à savoir ce que c’était.
-Je sais bien, je fais tout ce que je peux mais il arrive toujours à passer au travers de mes pièges.
-Pourtant quelque chose doit être faite absolument. Je ne peux plus continuer de travailler dans ces conditions. Si j’avais le temps je m’en occuperais bien mais avec toutes ses copies et les cours à préparer…
-Je n’ai pas beaucoup de choses à faire, je pourrais m’en occuper…
-Vraiment ? Ca m’aiderait énormément. Je sais que Peeves n’écoute que le directeur, il faudrait donc aller le voir.
-Justement je devais aller le voir, je lui parlerais des problèmes que Peeves vous posent.
-Je sais que le professeur Dumbledore est en ce moment dans son bureau, c’est le moment idéal pour aller lui parler.
-Dans ce cas j’y vais de ce pas, merci pour le thé professeur. »

 

Rusard s’inclina vers le professeur et sortit de la salle.

 

« Je ne vous connaissais pas de tels talents d’actrices !
-Merci Arthur mais je fais ça avant tout pour protéger les élèves de cet établissement.
-Pensez-vous qu’il soit dangereux ? Je veux dire qu’il est dans notre famille depuis si longtemps…
-Je l’ai sous-estimé une fois, je ne referais pas la même erreur. Il a seulement attendu son heure et aujourd’hui elle est enfin arrivée. Harry ne sera en sécurité qu’une fois Pettigrow sous les verrous ou mieux…à Azkaban, là où il aurait dû être depuis longtemps.
-Je comprends. »

 

Minerva finit sa tasse déjà froide et rangea le tout.

 

Pendant ce temps…

 

Remus avait attendu le message de Minerva avec impatience. Cela lui rappelait les nuits où les maraudeurs avaient brisé le couvre-feu et s’étaient promenés dans Poudlard afin d’en connaître chaque recoin. Le moindre bruit était source d’ennui, l’adrénaline était toujours présente dans ce cas là. L’invention de la carte avait rendu ces promenades moins aventurières mais, pour le plus grand bonheur de Lily, leur avait fait perdre moins de points.

Lorsqu’enfin le message arriva Remus sauta de sa chaise et tenta de marcher le plus calmement possible, histoire de ne pas trop attirer l’attention. Une fois arrivé dans le bureau de Rusard une mauvaise surprise l’y attendait : Miss Teigne.
Le fauve lui sauta dessus. Par reflexe Remus réussit à l’endormir d’un sort. Il s’en tira avec juste quelques griffures au niveau de ses deux bras.

 

« Aussi charmante que son maître. Alors petite carte, où te caches-tu ? »

 

Remus fouilla dans les objets confisqués mais fut très rapidement déçu. Il ne trouva rien.

 

« Est-ce que tu as un endroit pour les vieux objets confisqués Rusard ? Marmonna Remus. »

 

Remus trouva une vieille armoire fermée avec un verrou dessus. Curieux, il ouvrit l’armoire sans grande difficulté. A l’intérieur il y découvrit une montagne de dossiers. Ils y avaient plusieurs catégories, en haut se trouvait des dossiers noirs, en dessous des dossiers marrons et ainsi de suite jusqu’au bas de l’armoire où se trouvaient des dossiers blancs. Autant il y avait de nombreux blancs, autant les noirs étaient rares. Remus prit un dossier noir en haut de la pile et constata qu’il s’agissait de celui de James Potter. En l’ouvrant il constata qu’il s’agissait d’un récapitulatif de toutes les blagues, même celles dont on n’avait jamais pu prouver qu’il en était l’auteur, de toutes les heures de colles avec les punitions qu’il avait eu. Sans grande surprise il constata que celui de Sirius Black était juste en dessous. Le nombre d’heures de colle étaient les même. Le dossier de Peter et le sien ne se trouvaient pas dans les dossiers noirs. Les autres dossiers noirs portaient des noms d’étudiants qui lui étaient inconnus. En même temps il n’y avait que cinq dossiers noirs…les pires élèves de Poudlard pour Rusard. Vu que les dossiers de James et Sirius étaient sur le dessus, ils avaient été les derniers pires fauteurs de troubles de Poudlard.

Remus referma l’armoire et le verrou. Un peu découragé, il s’assit sur le fauteuil derrière le bureau et se mit à réfléchir.

 

‘’’Où aurait pu mettre ce bout de papier Rusard ? Un bout de papier vierge en plus…’’’

 

Remus se mit à fouiller le bureau mais ne trouva toujours rien. Abattu, il fouilla les tiroirs sans grande conviction jusqu’à ce qu’un tiroir lui résiste. En l’étudiant de plus près il constata que le tiroir était fermé à clé. Encore une fois il ouvrit sans grande difficulté le mobilier de Rusard. Avec bonheur il constata que le parchemin était bien là avec de nombreux autre objet que Remus n’avait pas le temps d’étudier.

 

‘’’Sûrement des objets qu’il ne comprend pas.’’’

 

Il referma rapidement le tiroir, réveilla Miss Teigne et partit avant qu’elle ne reprenne complètement ses esprits. Il allait renter dans ses appartements lorsque le professeur Vector vint le trouver.

 

« Professeur Lupin, vos élèves vous attendent depuis maintenant plus de dix minutes. Ce n’est pas dans vos habitudes de sécher les cours, dit-il avec un petit sourire en coin.
-Désolé, j’ai oublié l’heure, j’y vais de ce pas. Encore merci professeur.
-Mais de rien. »

 

Un peu frustré de ne pas avoir le temps d’étudier la carte, Remus rejoignit sa salle de classe au pas de course.

 

‘’’Ca fait presque 7 ans que j’attends pour ce moment, ce ne sont pas deux heures de cours qui vont changer quelque choses.’’’

 

OoOoOoOoO

 

Lorsqu’il se réveilla il eu cette impression de s’être couché depuis seulement dix petites minutes seulement. Il avait longuement hésité à se lever mais cela satisferait bien trop les élèves et ce n’était pas dans son caractère de leur faire plaisir.

 

« Harry il faut que tu te lèves.
-Non, pas tout de suite, je veux encore dormir.
-Tu te coucheras plus tôt ce soir, je ne veux pas que tu dormes toute la matinée. Tu risques d’être décalé.
-Mais je suis fatigué gémit Harry les larmes aux yeux. »

 

Severus n’avait jamais été attendri par un enfant, il avait toujours été inflexible, mais comme toujours Potter semblait hors norme en ce qui le concernait.

 

« Tu ne dormiras pas Harry mais je consens à ce que tu restes dans l’appartement. Je te donnerais des chapitres à lire et une mission très très spéciale.
-Une mission spéciale ? S’exclama Harry en se relevant vivement.
-Je te dirais tout si tu te lèves et que tu t’habilles.
-Je réveille aussi Sauveur ?
-Non, laissons-le dormir. »

 

Harry se leva et s’habilla en moins de dix minutes, ce qui était un vrai record en ce qui le concernait.

 

« Alors c’est quoi cette mission ?
-Tu vas surveiller Sauveur.
-C’est tout ? Mais je le surveille tous les jours déjà.
-Je veux que tu le surveilles bien plus que d’habitude. Je veux qu’il mange bien trois fois par jours et que tu verses quelques gouttes de cette potion le matin dans sa gamelle et quelques gouttes de celle-ci le soir. Je peux te faire confiance pour ne pas les confondre ? »

 

Severus tendit les deux fioles au garçon. Après un examen de deux minutes Harry répliqua.

 

« Comment le pourrais-je ?! Elles n’ont pas la même textures ni la même odeur. La couleur ressemble mais on distingue tout de même une légère différence.
-Je suis fier de toi Harry. Celle-ci est une potion nutritive, elle va aider Sauveur à reprendre des forces et du poids. L’autre est une potion pour aider Sauveur à dormir. J’espère qu’il ira mieux après ça.
-Moi aussi j’espère, il est si triste et si fatigué, pire que moi tu sais.
-Oui je sais, c’est pourquoi j’essaie de le soigner.
-Je suis content alors. »

 

Severus et Harry allèrent prendre le petit déjeuner dans la grande salle. A nouveau, Harry se renferma sur lui-même et n’ouvrit pas la bouche du repas. Severus espéra qu’avec les nouveaux cours qu’Harry allait avoir avec Draco changerait un peu la donne. De retour dans l’appartement, Severus tendit la gemme de Sauveur à Harry qui prit  grand soin pour doser la potion.

 

« Tu peux aller le réveiller, il faut bien qu’il mange tout, d’accord ? »

 

Harry hocha de la tête, posa la gamelle par terre et alla réveiller Sauveur. Il ne réapparut que dix minutes plus tard.

 

« Il ne voulait pas se réveiller !
-Je t’ai laissé les instructions de tout de que tu dois faire pour la demi-journée.
-Je suis obligé de travailler encore aujourd’hui ?
-Estime-toi heureux que ce ne soit que théorique. Demain ce sera moi qui t’entrainerais, on fera beaucoup de pratique. Profite donc bien de cette journée et n’oublie pas ta mission. »

 

Avec un claquement de robe Severus partit en cours. Harry chercha Sauveur du regard et le trouve endormit dans son panier.

 

« Si moi je ne peux pas dormir, alors toi non plus ! »

 

Harry secoua Sauveur jusqu'à ce que ce denier baille et daigne se lever.

 

« Tiens, tu n’as pas encore prit ton petit déjeuner. »

 

Sauveur renifla et s’éloigna de sa gamelle.

Sirius n’était pas vraiment d’humeur à manger. Il avait certes bien dormir, étonnamment bien, mais la faim comme toujours le fuyait. En général Harry ne faisait pas trop attention s’il mangeait ou pas.

 

« Non, aujourd’hui je te laisserais pas filer. Je veux que tu manges et si tu ne manges pas je préviendrais Severus et là… »

 

Sirius tenta d’amadouer Harry, ce qui n’était pas bien dur logiquement, en se roulant par terre et en gémissant.

 

« Non, ça ne marchera pas. Mange où je préviens Severus. »

 

Bon gré, mal gré Sirius obtempéra et mangea tout. La nourriture ne semblait pas avoir de goût mais il se sentait un peu mieux. Harry sembla heureux, il put enfin retourner dans son panier pour continuer sa nuit.

A chaque fois que le sommeil le gagnait, des images noires l’assaillaient et il ouvrait les yeux, terrorisé. Harry plongé dans ses bouquins ne remarqua pas le manège de Sauveur. Cependant, au bout d’une heure d’étude Harry en eu marre. La botanique ce n’était pas passionnant aujourd’hui. Pour la première fois, il eut envie de sortir de l’appartement et de se promener. Harry hésitait, il ne voulait pas désobéir à Severus. Il mit une bonne demi-heure à se décider. Il se promit de se promener seulement quelques minutes, juste histoire de se dégourdir les jambes, après il rentrerait directement.

 

« Allez viens Sauveur, on va se promener un peu. »

 

Sirius sachant parfaitement que Severus avait formellement interdit ce genre d’escapade se leva et se plaça devant l’entrée en aboyant.

 

« Ne t’inquiète pas c’est seulement pour cinq minutes parce que j’en peux plus d’étudier dit le petit garçon les larmes aux yeux. »

 

‘’’Reste de marbre Sirius, ne craque pas.’’’

 

Sirius continua d’aboyer. Harry essaya ses petits yeux et regarda la grande porte avec envie.

 

« Allez Sauveur, tu pourrais me surveiller, je ne crains rien dans le château. En plus je ne vais pas loin, juste dans le couloir. »

 

Sirius aboya à nouveau, il ne souhaitait pas faillir dans son rôle de protecteur. Pour une fois que Severus semblait commencer à lui faire confiance, ou au moins il ne semblait plus y avoir de haine entre eux.

 

« Si je peux pas aller me promener je pourrais pas étudier ! Il faut que j’y aille. »

 

Sirius continua d’aboyer. Harry, énervé, fit un geste de la main et le chien tomba instantanément endormi.

 

« Je suis désolé Sauveur, dans deux minutes tu vas te réveiller, j’espère que tu ne m’en voudras pas trop. »

 

Harry se mit à courir pour échapper à Sauveur et il se retrouva dans un couloir inconnu.

 

« Tu es perdu jeune homme ?
-Non, je me promène un peu.
-Tu as le droit de dire que tu es perdu.
-Qui êtes-vous ?
-C’est une excellente question. Tu le découvriras bien assez tôt. Je peux te dire en revanche que tu es un garçon très spécial.
-Ah bon ? C’est parce que je sais faire de la magie ?
-Tu peux en faire à ton âge ?
-Oui mais pas toujours très bien. J’arrive seulement à faire quelques petites choses. Severus il fait beaucoup plus lui.
-Montre-moi. »

 

Harry enleva une de ses chaussures et la fit voler d’un mouvement de poignet.

 

« Je suis très impressionné jeune homme. Tu es encore plus extraordinaire que ce que je pensais. »

 

Harry remit sa chaussure et fit un sourire éclatant au portrait. Il allait rebrousser chemin quand il entendit un petit couinement.

 

« Oh regarde, le petit rat est coincé.
-Il est dangereux de se fier aux apparences jeune homme.
-Ce n’est qu’un rat.
-Et je croyais que tu étais qu’un petit garçon ordinaire.
-Je ne dois pas l’aider alors ?
-A toi de faire tes choix et d’en assumer les conséquences. »

 

Pendant ce temps…

 

Sirius était outré, son filleul avait osé l’endormir. Le chercher prendrait autant de temps que d’aller prévenir Severus mais à deux ils seraient bien plus efficaces. Sans plus réfléchir, Sirius courut à perdre haleine jusqu’à la salle de classe de Severus. Il sauta sur la porte qui s’ouvrit en provoquant un énorme bruit.

 

Severus faisait, comme à son habitude, sa ronde parmi ses élèves lorsque sa porte s’ouvrit à la volée et alla se fracasser contre le mur. Avant qu’il ait pu se mettre à hurler contre l’imbécile qui avait fait cela, un énorme chien noir, qu’il n’avait pas vu entrer, se mit à aboyer comme un fou. Le cœur de Severus s’arrêta pendant un instant.

 

« Eteignez tous les feux, arrêtez vos potions immédiatement. Je veux que tout le monde sorte de cette salle le plus rapidement possible. »

 

Severus quitta la salle d’un pas très rapide et se mit à courir une fois qu’il fût hors de la vue de ses élèves. Il se fit attraper le bras et grâce à ses réflexes réussit à plaquer son adversaire contre le mur et lui pointer sa baguette contre la tempe du malheureux.

 

« Black ?
-Aïe ma tête. Harry s’est enfui, il voulait aller faire une promenade…
-Et tu l’as laissé faire ?!
-Bien sûr que non, je le lui aie interdit. En réponse il m’a endormit.
-Il t’a endormi ? Demanda Severus avec un petit sourire en coin.
-Je suis venu te chercher pour qu’on soit plus efficace dans nos recherches.
-Tu m’étonnes Black, tu réfléchis maintenant en adulte !
-Pas le temps de tergiverser. »

 

Black se transforma et commença ses recherches. Severus se maudit, il s’était comporté comme un gamin dans cette conversation. Il avait beaucoup apprécié le fait que Black vienne le prévenir de la situation mais bien sûr il ne le reconnaîtrait jamais à haute voix. Il partit donc dans un couloir différent et commença, lui aussi, ses recherches.

 

Harry se rapprocha du rat et le retira de son trou.

 

« Je vais bien l’emmailloter, arrête de bouger je n’arrive pas à te tenir. »

 

Au contraire, le rat tenta de se libérer avec encore plus de force et de conviction.

 

« Bouge pas, commanda Harry. »

 

Le rat s’immobilisa d’un coup. Harry constata avec stupeur qu’il était totalement rigide.

 

« Faut vite que j’aille voir Severus, je crois que je l’ai tué s’exclama-t-il les larmes aux yeux. »

 

Harry mit le rat dans sa poche et se mit à courir au hasard espérant tomber sur quelqu’un qui pourrait l’aider.

 

Remus avait bien cru que ce cours ne terminerait jamais. C’est comme si la carte l’avait appelé pendant ces deux heures. Il avait voulu la consulter au moins quinze fois mais il s’était retenu de le faire face aux élèves. Une fois le dernier élève sortit, Remus plongea sa main dans sa poche et prit la carte.

 

« Je jure que mes intentions sont mauvaises »

 

La carte apparut sous ses yeux, ravivant d’anciens souvenirs heureux. Il se mit à chercher frénétiquement le nom de Pettigrow et son cœur rata un battement lorsqu’il constata que les noms Pettigrow et Potter se chevauchait. Il remarqua aussi que Severus n’était qu’à quelques mètres d’eux et Sirius n’était pas très loin non plus mais semblait arriver par l’opposé. Remus prit la carte et se mit à courir dans la direction d’Harry.

 

Severus appelait Harry sans cesse, tentant aussi des sorts de localisation qui l’avaient amené dans cet étrange couloir. C’est à ce moment là qu’il entendit des pleurs d’enfant.

 

« Harry ?
-Severus ?! »

 

Harry se précipita dans les bras de Severus qui le serra très fort. Harry semblait pleurer depuis longtemps, les larmes avaient tracés de larges sillons tout le long de ses joues.

 

« Harry, calme-toi. Arrête de pleurer. C’est bon, c’est fini je t’ai retrouvé. »

 

A ce moment là Sirius arriva sous sa forme canine.

 

« Regarde même Sauveurs t’a retrouvé, tu peux te calmer. »

 

Harry continuait de pleurer et ne semblait pas prêt de s’arrêter. Severus s’installa par terre et serra Harry contre lui. Severus récita une vieille recette compliquée de potion d’une voix douce et calme. Cela sembla marcher puisque quelques secondes plus tard Harry s’arrêta de pleurer.

 

« C’est bon, tu es plus calme ? Raconte-moi ce qui t’a mis dans cet état ! »

 

A ce moment là un Remus rouge et en nage arriva et tenta de reprendre son souffle.

 

« J’ai tué un animal avec ma magie, mais je voulait pas, dit Harry qui recommença à pleurer.
-Je ne pense pas que cela soit…
-Pettigrow, s’exclama Remus entre deux inspirations.
-Quoi ? S’exclama Severus.
-J’ai tué le rat, continua Harry, pas content que Remus lui coupe ainsi la parole. »

 

Severus s’emmêlait les pinceaux, il y avait les deux conversations à la fois et il fallait qu’il arrive à suivre les deux. Sirius grognait férocement contre Harry.

 

« Tu peux le faire revivre, demanda Harry en sortant le rat de sa poche. »

 

En voyant le rat pétrifié dans les mains d’Harry, Severus le prit et le jeta vers Remus. Ce dernier, vif comme l’éclair, attrapa le rat et conjura une petite boite dans laquelle il le plaça. Il ferma ensuite la boite d’un puissant sort.

 

« Ne t’inquiète pas Harry, il n’est pas mort, mais tu as eu beaucoup de chance. Il ne faut pas que tu te fies aux apparences, elles sont souvent trompeuses.
-Pourquoi ?
-Dans le monde de la magie, certains sorciers sont capables de se transformer en animaux. Ce rat est en réalité un sorcier qui a fait de très mauvaises choses, il va être jugé pour ces crimes.
-Alors moi aussi je peux me transformer ?
-Un jour peut-être, pour le moment on va emmener ce rat dans le bureau du directeur. »

 

Sauveur ne cessait de grogner contre le rat, il souhaitait se retransformer et étrangler ce traitre de ses propres mains. Lorsque tout ce petit monde débarqua dans le bureau du directeur, ce dernier ne sembla pas surpris.

 

« Il ne nous aura pas fallu longtemps pour l’attraper une fois qu’on a su qu’il était entre ces murs.
-Si peu…marmonna Severus.
-Alors qui a eu le privilège de l’attraper ?
-Harry.
-Je suis très impressionné par toi jeune homme. »

 

Harry s’était à nouveau renfermé et ne semblait pas vouloir parler. Severus raconta ce qu’il avait vécu, en passant sous silence sa conversation avec Black. Remus parla de la carte, ce qui intrigua Severus.

 

« Et pourrait-on voir cette fameuse carte ? »

 

Remus hésita quelques secondes avant de la donner à Severus. Bien sûr, ce dernier, ne montra aucune émotion mais il trouva cette carte extraordinaire, elle montrait le vrai nom des personnes quelque soit leur apparences. Que des élèves de cinquième année ait réussi à créer un tel chef d’œuvres l’étonnait énormément.

 

« C’est bientôt l’heure de déjeuner et j’aimerais avoir une discussion avec Harry avant de vous rejoindre dans la grande salle.
-Très bien, j’envoie notre petit rongeur au ministère, sous bonne garde.
-Dans combien de temps pourra avoir lieu le procès ? Demanda Remus, impatient que son ami soit enfin déclaré innocent.
-Avec l’administration on ne sait jamais. Au fait, les cours pour Harry commenceront la semaine prochaine. »

 

Severus acquiesça de la tête et partit avec Harry et Sauveur dans leur appartement.

 

« Harry j’aimerais savoir ce qu’il t’est passé par la tête ! Je t’avais dit que sortir en dehors de l’appartement était interdit. Pourquoi ne m’as-tu pas écouté ?
-J’avais juste envie de faire une pause et je voulais me promener juste cinq minutes.
-Le château est dangereux pour un enfant de ton âge. Sauveur t’a empêché de sortir, tu aurais dû l’écouter.
-Je sais, dit-il les larmes aux yeux.
-Je pense que tu as eu assez peur, tu as été bien assez puni par toi-même.
-Plus jamais je referais de magie.
-Ce n’est pas ta magie qui est en cause ici Harry. Au contraire, c’est elle qui t’a sauvé aujourd’hui, si tu n’avais pas immobilisé ce rat il se serait transformé et aurais pu te faire beaucoup de mal. Je te le répète c’est un magicien puissant et très méchant.
-Les apparences sont trompeuses. Dis, toi aussi tu peux te transformer ?
-Non, mais je sais que ton père le pouvait.
-C’était quoi comme animal ?
-C’était un cerf.
-J’espère que j’y arriverais moi aussi un jour.
-Sans aucun doute. Mais aujourd’hui Harry, je veux ta parole que plus jamais tu ne me désobéiras comme tu l’as fait aujourd’hui. Est-ce que c’est bien compris ?
-Oui, approuva Harry en secouant énergétiquement sa tête de haut en bas.
-Je veux ta parole.
-Tu as ma parole.
-Tu sais, j’ai vraiment eu peur pour toi aujourd’hui et Sauveur aussi. Tu devrais aller lui demander pardon. »

 

Harry serra fort Severus dans ses petits bras et fit de même pour Sauveur.

 

« Tu sais je suis désolé, je ne voulais pas t’endormir. Enfin si…mais…enfin bon, désolé. »

 

Sauveur lui fit une grosse léchouille sur la joue.

 

‘’’Espèce de maraudeur en herbe va. J’espère que tu ne m’en feras pas tous les jours des comme ça. M’endormir, non mais quelle honte…’’’

 

Lorsqu’ils descendirent dans la grande salle, Harry ne dérogea pas à la règle et ne dit rien. Sirius n’avait pas faim, il se répétait la scène sans cesse. Il n’arrêtait pas de s’en vouloir, Harry aurait pu avoir de très grave problème et il n’avait pas su gérer la situation. Cela le tracassait énormément. Harry repéra immédiatement le trouble de son chien et lui mit sa gamelle sous son nez. Sirius refusa dans un premier temps puis sous l’insistance du petit garçon mangea.
Severus qui avait regardé toute la scène fit un petit sourire en coin, donner cette mission à Harry était une très bonne idée, si ça avait été lui, Sirius n’aurait jamais accepté aussi facilement.

 

Harry passa son après-midi dans la salle de classe de Severus, il buvait les paroles du professeur et se concentrait fortement sur son travail ? Vu son âge, il ne devait qu’appliquer théoriquement ce que les autres faisaient en pratique. Le temps passa très rapidement, bien trop d’ailleurs pour le petit garçon. Sirius pendant ce temps là restait dans la salle de classe de Remus, il se cachait sous le bureau puisqu’il s’agissait de première année qui ne savait pas très bien viser.

 

Lors du dîner Sirius mangea directement sa gamelle, il avait bien vu que Harry le surveillait depuis le matin, mais il se dit que ce n’est qu’une lubie de petit garçon, ça lui passerait surement très rapidement.
Après avoir mangé, Sirius se sentit soudainement très fatigué et il s’effondra une fois qu’ils furent rentrés dans l’appartement.
Severus fut rassuré quand il vit que sa potion avait fait effet, il ne lui restait plus qu’un petit garçon à coucher et ce n’était pas gagné.

 

« Harry, pour cette nuit j’aimerais que tu dormes dans ta chambre.
-Tout seul ?
-Oui tout seul Harry, mais ne t’inquiètes pas je serais juste dans la chambre d’à côté.
-Tu veux plus de moi ?
-Si Harry, mais j’aimerais que tu essaies quand même de dormir seul.
-D’accord, dit-il la mine basse.
-Allez viens, on va aller lire une histoire, ça t’aidera surement à t’endormir. »

 

Harry alla dans sa chambre pour se changer pendant que Severus choisissait l’histoire. Une bonne demi-heure plus tard Harry dormait paisiblement et Severus était content de lui. Severus en profita pour allumer la veilleuse et alla se coucher, heureux de pouvoir se coucher tôt. Il ne souhaitait qu’une chose, passer une bonne nuit, mais hélas pour lui ce n’était pas pour lui cette nuit.

 

Sirius se repassait sans cesse la scène où Harry avait sortit le traitre de sa poche. Le choc qu’il avait ressentit, la peur profonde qu’il avait eue pour Harry. Il ne s’estimait pas digne de pouvoir garder Harry, tout était allé de travers et il avait bien failli perdre Harry. Il se retourna sans cesse sur lui-même, il faisait les cent pas espérant que le sommeil vienne enfin le prendre. Ce ne fut qu’au cœur de la nuit qu’il s’endormit. Le sommeil était enfin là, mais les cauchemars aussi. Ils furent bien plus violents qu’à leur habitude et enfermé dans sa propre culpabilité il n’arrivait pas à émerger.

 

Harry dormait seulement d’un œil, sa visite à l’hôpital avait fait resurgir sa famille qu’il croyait avoir effacé de sa mémoire. Bien sûr il avait confiance en Severus, il savait que ce dernier ferait tout pour que personne ne les sépare. Seulement il semblerait que d’autres adultes avaient plus de pouvoir que Severus et qu’ils étaient capable de les séparer.
A ce moment Harry entendit des gémissements qui n’étaient pas les siens et qui ne correspondait pas à ses rêves tourmentés. Il ouvrit doucement les yeux et resta immobile. A nouveau des gémissements se firent entendre. Reconnaissant les gémissements de son chien, Harry se leva, toute peur envolée, et se précipita dans le salon. Il trouva Sauveur en proie à un violent cauchemar. Le chien gémissait et se tournait et se retournait dans son sommeil. Lorsqu’Harry le secoua gentiment le chien était tout chaud et ne se réveillait pas.

 

«  Sauveur, c’est Harry, il faut que tu te réveilles. Tu fais un cauchemar. »

 

Mai le chien ne s’éveillait toujours pas, c’était pire, il bougeait de plus en plus violement manquant de griffer Harry au passage. Au moment où Harry se décida à aller chercher Severus, la chose la plus étrange se passa sous ses yeux. Le chien grandit d’un seul coup, ses pattes devinrent des membres, son museau se rapetissa et devint un nez. En l’espace de quelques secondes Harry avait sous les yeux un homme et non un chien. Il s’approcha de l’homme mais ce dernier était toujours en proie à ses cauchemars et se débattait contre quelque chose connue de lui seul. Harry aurait sûrement paniqué s’il n’avait pas entendu parler des animagus mais maintenant il était fasciné par l’homme. Ce ne fut que lorsque ce dernier se mit à hurler que Harry se précipita dans la chambre de Severus. Le temps qu’il arrive devant la porte de la chambre, Severus sortait déjà de sa chambre. Lorsqu’il vit qu’Harry était debout et bien réveillé, il sut que ce n’était pas le garçon qui avait hurlé.

 

« Severus, Sauveur, tu sais c’est un sorcier aussi et je crois qu’il ne va pas bien du tout.
-On va aller voir ça. »

 

Bien sûr Severus était rassuré du fait que ce ne soit pas Harry qui aille mal mais au fond de lui une sourde douleur s’était réveillée en sachant qu’il s’agissait de Sirius. Il ne s’expliquait pas cette douleur et surtout il n’avait pas le temps de l’analyser. Severus secoua gentiment Sirius et évita de peu une claque involontaire. Sirius semblait prisonnier de ses cauchemars et c’en était très effrayant.

 

« Sirius, réveille-toi ! Dit-il en le secouant un peu plus fortement. »

 

Sirius ne répondait pas et son état empirait. Severus avait bien une idée mais premièrement ce n’était pas moral et contrairement à ce que certaines personnes pouvaient penser il avait une morale. Deuxièmement c’était plus ou moins illégal mais c’était aussi un cas d’extrême urgence.

 

« Legilimens »

 

Entrer dans le conscient d’une personne consentante était une chose aisée, mais pénétrer dans un esprit prisonnier de ses propres cauchemars était tout autre chose. Il dû s’y reprendre à trois fois avant de réussir à pénétrer dans la tête de Sirius. Il regretta très rapidement son entrée dans l’esprit tourmenté d’un homme profondément rongé par le remord. Comme s’il n’avait pas lui aussi ses propres problèmes à gérer, il fallait qu’il s’occupe aussi des autres. Etrangement ça ne le dérangeait pas tant que ça d’aider cet homme ci mais il ne chercha pas plus loin et se concentra sur Sirius.

Tout était très chaotique mais un très fort sentiment de culpabilité émanait de l’esprit en général. En règle générale lorsqu’il intervenait dans l’esprit d’un homme entraîné, comme un ancien auror par exemple, il ne voyait jamais de bribes de mémoires flottant un peu partout. De plus les hommes entraînés savaient se matérialiser face à l’intrus et même l’éjecter violemment s’il le voulait. Ici au contraire l’esprit était absent et des souvenirs s’imposaient à lui sans qu’il ait eu envie de les voir.

 

Souvenir

« James ! J’ai trouvé une idée géniale pour Snivellus. Tiens regarde dit-il tout excité en tendant un papier à son meilleure amie.
-C’est excellent ça ! Si ça marche il aura une sacrée honte.
-Il ne va pas comprendre ce qui va lui tomber dessus. »

 

Quelques jours plus tard les deux maraudeurs attendaient que Severus sorte enfin de la bibliothèque. Lorsqu’il le fit James et Sirius lui barrèrent le passage.

 

« Alors Snivellus on étudie ? Tu sais pourtant qu’à part les potions tu es un cas désespéré.
-Sortez de mon chemin, vous n’avez donc rien d’autres à faire ?
-Contrairement à toi, nous n’avons nul besoin de nous enfermer dans cette bibliothèque pour tenter d’apprendre quelque chose. Regarde toi, tu n’as même plus le temps de te laver, tes cheveux sont dans un état lamentable.
-C’est bon ?! Tu as fini avec tes gamineries Black ?
-Justement on a trouvé un sort juste pour toi et tes cheveux.
-Ils sont très bien ainsi. Sortez de mon chemin !
-Coloris siccus capillus. Bien sûr on en est qu’au stade expérimental mais qu’est-ce que tu en dis ? »

 

Les cheveux de Severus devinrent si sec qu’ils ressemblaient à la texture de la paille brûlée par le soleil, pire encore sa couleur noir corbeau était devenue blond très clair avec des mèches rouges.

 

« Tu vois, je pense à toi, tu n’es pas encore ce qu’on pourrait appeler beau et entre nous ne rêve pas ça n’arrivera jamais, mais au moins tu es beaucoup moins huileux. La couleur c’est pour que tu te souviennes de nous, s’exclama Sirius entre deux fou rire.
-Très sympathique de votre part, je constate que votre coefficient intellectuel n’a pas augmenté et ne rêve pas Black, ça n’arrivera jamais. »

 

Severus partit furieux dans un couloir tandis que Sirius et James étaient hilares.

Fin de souvenir

 

Bien sûr Severus se rappelait de cet épisode, il s’était fait détesté par sa maison pendant une très longue semaine, le temps que le sort ne fasse plus effet. Lorsque le souvenir disparut Severus ressentit un fort sentiment de honte et de dégoût de soi-même. Il savait qu’il n’avait pas ressentit ses sentiments là au moment où cette scène s’était déroulée. Il comprit rapidement que ces sentiments étaient éprouvés par Sirius lui-même. Regrettait-il son geste ? S’en voulait-il à ce point pour cette vieille histoire ? Il n’eut pas le temps d’y réfléchir plus longtemps qu’un autre souvenir surgit.

 

Souvenir

« Tu as fait quoi ?! S’exclama horrifié James.
-Juste une petite blague, je suis persuadé qu’il n’aura pas le courage d’y aller.
-Sirius, mais tu es stupide ! Bien sûr qu’il va y aller.
-Snivellus est un Serpentard, il n’ira jamais près de l’arbre.
-Sirius c’est très grave ! »

 

James sortit en courant de leur dortoir, Sirius sur ses talons. Lorsqu’ils arrivèrent à côté du Saule cogneur, l’entrée venait à peine de se refermer. Lorsque James l’ouvrit à nouveau et ce fut pour trouver un Severus la main sur la poignée de la porte qui menant à Remus.

 

« N’ouvre pas Snape !
-Oh ! Tu as peur que je découvre votre petit secret ?
-Non, je ne plaisante pas, n’ouvre surtout pas cette porte et faisons très vite demi-tour.
-Jamais, dit-il en ouvrant la porte. »

 

Le loup-garou venait juste de se transformer et voir trois humains devant lui le faisait déjà bavé d’envie. Il adorait la chasse et il sentit l’excitation courir dans ses veines. Blanc comme un linge, Severus se tenait immobile et n’arrivait pas à bouger. James courut vers Severus, referma la porte avec un sort, attrapa Severus par la main et l’entraîna brusquement hors du tunnel. Severus suivit docilement James, il n’était pas en état de faire quoi que ce soit. Le sort fut brisé par le loup-garou qui explosa la porte et se mit à courir derrière les adolescents. James sortit brusquement du tunnel tenant toujours Severus par la main, Sirius étant en tête.

 

« Occupes toi du loup, je m’occupe de Snape. »

 

James continua de courir jusqu’à ce qu’ils atteignent la porte du château.

Fin du souvenir

 

Severus se souvenait très clairement de cette nuit et de tout ce qui avait suivi. Il se sentit soudainement submergé par une vague de culpabilité qui lui coupa le souffle pendant quelques secondes. Sirius regrettait amèrement son geste aujourd’hui et Severus ressentit de la joie qu’il décida à nouveau de ne pas expliquer. Un autre souvenir lui tomba dessus.

 

Souvenir

« James, j’ai résolu le problème qui me tracassait !
-Quel problème ? Demanda James très sérieusement.
-Tout le monde sait que je suis votre gardien et j’ai pensé qu’on pourrait avoir tout le monde en échangeant de gardien.
-Sirius tu sais que tu es le seul en qui j’ai parfaitement confiance. Je comprends qu’on te demande beaucoup en étant notre gardien mais…
-James, je pourrais mourir sans aucune hésitation pour toute ta famille et tu le sais, je pense juste que vous serez encore plus en sécurité et j’ai exactement la personne qui nous faut. Personne ne verra le coup venir et ça me rassurerais de vous savoir encore plus en sécurité.
-A qui penses-tu ?
-A une personne qui est invisible aux yeux de tous, Peter.
-Tu crois vraiment qu’il va accepter, demanda-t-il sceptiquement, Sirius je ne sais pas…
-Tu n’as pas confiance en Peter ?
-Pas autant qu’avec toi, tu sais que je n’aime pas parler de Peter en ces termes mais il est faible, il pourrait dire n’importe quoi s’il tombait dans un piège.
-Il suffit de la garder à l’écart, tu sais que personne ne fait vraiment attention à lui, je pourrais passer pour lui apporter de la nourriture et parler un peu avec lui.
-Je ne sais pas Sirius…
-Ca me rassurerait tellement si je pouvais être certain de votre sécurité…
-D’accord, si tu es sûr que ton plan marche.
-Je n’en doute pas. »

Fin du souvenir

 

Le sentiment de culpabilité sembla atteindre des sommets et même Severus se sentit très mal face à ce dernier souvenir. Une idée qui aurait pu être bonne à la base c’était transformée en vrai cauchemar. Cependant le caractère égoïste et supérieur de Sirius transparaissait dans ce souvenir. James et lui avaient sous-estimé Pettigrow, ils n’avaient pas une seule fois envisagé qu’ils pourraient se tromper.

Severus sentit que s’il devait encore supporter un souvenir déprimant de Sirius il ne s’en remettrait pas et il tenait, mine de rien, à sa santé mentale. Il bloqua l’arrivée des souvenirs et les maintint derrière une barrière dans un recoin de l’esprit de Sirius. Il se mit ensuite à chercher la présence ‘’saine’’ de Sirius. Il ne le trouva qu’après un long moment. Il était recroquevillé sur lui-même et était toujours aussi maigre qu’au moment de son arrivée à Poudlard avec Harry, des larmes coulaient le long des ses joues et ses yeux étaient voilés et regardaient fixement le vide.

Severus n’avait jamais été doué avec les sentiments humains c’est pourquoi il fut étonné que son corps sache exactement quoi faire. Il prit Sirius dans ses bras et le berça doucement. Il préféra ne pas penser à ce qu’il faisait et se contentait de suivre son instinct. Au bout d’un moment Sirius sembla enfin émerger, ses yeux fixèrent Severus avec étonnement.

 

‘’’Tu es dans ma tête ?
-Je n’ai rien trouvé d’autre pour te faire émerger de tes cauchemars. Je peux partir maintenant si tu veux.’’’

 

Severus se fit éjecter en douceur de la tête de Sirius, ce fut bien plus doux que toutes les fois où il s’était retiré de la tête de quelqu’un. Lorsqu’il ouvrit les yeux il remarqua qu’Harry les regardait tous les deux avec inquiétude.

 

« C’est bon Harry, il est réveillé.
-Il va mieux ? Demanda doucement le petit garçon.
-Oui, je vais bien mieux, murmura faiblement Sirius.
-On va attendre demain pour les questions Harry, répliqua Severus en voyant que le petit garçon commençait à ouvrir la bouche. »

 

Ils s’endormirent tous les trois sur le canapé, trop épuisé pour aller ailleurs. Personne ne fit d’autres cauchemars cette nuit là. Sirius se trouvait entre Harry et Severus, leurs présences le calmèrent. Profitant de ce moment de réconfort et trop fatigué pour réfléchir il se blottit contre Severus qui par reflexe le prit dans ses bras.

Le lendemain ce fut Harry qui se réveilla en premier. L’intrusion dans la tête de Sirius avait épuisé les deux adultes. Il remarqua alors que ces deux derniers dormaient dans les bras l’un de l’autre et il ressentit deux émotions contradictoires. Il était content mais en même temps très jaloux, après tout Severus était à lui…

La première fois qu’il avait vu deux hommes ensembles il avait trouvé ça très bizarre et il en avait discuté pendant de nombreux soirs avec Ted sur ce qu’il avait vu. Ted l’avait convaincu que finalement du moment que deux personnes s’aimaient vraiment, il ne fallait pas les juger.
Bien qu’Harry soit très jaloux du nouvel arrivant, qui en plus était son propre chien, il préférait réserver son jugement et se promit d’étudier très sérieusement ce nouveau sorcier.

Harry alla s’habiller mais lorsqu’il revint dans le salon les deux hommes dormaient toujours et Harry hésitait beaucoup à les réveiller.
Il tenta de faire beaucoup de bruit en marchant bruyamment et en faisant tomber des livres mais même cela ne marcha pas.

 

« Severus, il est l’heure d’aller prendre le petit déjeuner, dit Harry à l’oreille du maître des potions. »

 

N’obtenant pas de réponse, il essaya une chose qui énervait beaucoup Severus lorsqu’il était réveillé.

 

« J’ai cassé plusieurs fioles dans le labo, ce n’est pas trop grave hein ?! »

 

Severus ouvrit les yeux d’un coup.

 

« Tu as quoi ?
-J’ai faim, dit Harry en faisant des yeux larmoyants à Severus. »

 

Severus émergea doucement et constata avec horreur que Sirius dormait paisiblement…dans ses bras ! Il transporta Sirius jusque dans son lit, s’habilla et rejoignit Harry dans le salon un bon quart d’heure plus tard. Ils partirent après que Severus ait laissé un petit mot pour que Sirius ne panique pas si jamais il se réveillait pendant leur absence.

 

« Harry, pour le moment il ne faut parler à personne de ce que tu as vu hier soir d’accord ?
-D’accord, mais…
-Tu pourras parler avec Sirius après d’accord ? Mais pour le moment il faut qu’on aille déjeuner pour ne pas inquiéter les autres professeurs. »

 

Harry acquiesça et ils prirent le chemin de la grande salle. Les élèves étaient toujours aussi bruyants mais Harry s’y était habitué maintenant. Cependant, pour la première fois depuis l’hôpital il avait bien envie de reparler aux autres professeurs.

 

« Severus c’est bien la première fois que tu arrives si tard au petit-déjeuner. Tu n’as pas entendu ton réveil peut-être ?
-En quoi ça te regarde Lupin ?
-Et en plus tu es de bonne humeur !
-J’ai même dû lui dire que j’avais cassé une fiole du laboratoire pour le réveiller, s’exclama Harry souriant.
-Toi, tu as bien choisi ton moment pour reparler aux autres, marmonna Severus dans sa barbe, ravit au fond que Harry parle à nouveau aux autres. »

 

Tous les professeurs eurent un sourire aux lèvres suite à la remarque pertinente d’Harry. Cependant Harry ne continua pas à parler et Severus était plongé dans ses pensées.

 

‘’’J’ai pris Sirius dans mes bras…je n’arrive pas à le croire ! Mais qu’est-ce qui m’arrive ?! J’ai même réussi à pardonner à Sirius ! Je lui ais pardonné toutes ces années d’enfer et j’en suis…heureux ?! Je n’éprouve tout de même pas des sentiments pour lui ?! Ou…peut-être…Oh par Merlin je suis perdu !’’’

 

Lorsqu’ils revinrent à l’appartement, Sirius dormait toujours et Severus n’osa pas le réveiller, il n’avait aucune envie de l’affronter, il fallait d’abord qu’il fasse le point sur ses propres sentiments. Ensuite et seulement à ce moment là il pourrait affronter Sirius…
De toute façon pour le moment il avait une journée chargée à assumer puisqu’il devait entraîner Harry. Les premiers cours d’occlumencie commençaient et il appréhendait beaucoup, il n’aimait pas toucher l’esprit d’enfants aussi jeunes qu’Harry, mais il lui fallait cela pour arriver à maîtriser sa magie. Cela ne ferait que renforcer son contrôle.
A nouveau il laissa un message pour Sirius et demanda à un elfe de bien surveiller Sirius afin que ce dernier se nourrisse correctement.

 

La matinée fut particulièrement difficile. Le manque de sommeil empêchait Harry de bien se concentrer, chose plus qu’importante dans cette matière difficile. La magie d’Harry n’en faisait qu’à sa tête et plus d’une fois Severus avait vu une chaise ou un livre se déplacer sur plusieurs mètres.

 

‘’’Mieux vaut que les objets se déplacent plutôt qu’explose.’’’

 

« Harry, il faut au moins que tu réussisses l’exercice une fois, après tu pourras aller te reposer.
-Je suis fatigué…
-Je sais, allez on recommence. »

 

Ce ne fut qu’une fois qu’Harry ait légèrement résisté que Severus lui permit de retourner à l’appartement. Severus revint bien moins rapidement. Il n’avait pas envie d’affronter Sirius, il en savait beaucoup trop et se sentait très mal à l’aise. Lorsqu’il arriva dans l’appartement Sirius était sortit. Ce ne fut que lorsqu’il trouva la petite note que Sirius avait laissé qu’il comprit que ce dernier était allé voir Lupin.
Severus n’était pas certain que Sirius soit réellement allé voir son ami, bien qu’il soit un ancien gryffondors, Severus doutait qu’il ait eu assez de courage pour se montrer ainsi au loup-garou. Ayant l’après-midi pour eux seul, Severus décida de faire plaisir à Harry en l’emmenant voir l’une de ses amies.

 

« Cet après-midi nous irons voir quelqu’un à qui tu manques beaucoup, mais je ne t’en dirais pas plus, c’est une surprise.
-Oh ! Tu es sûr que tu ne peux rien me dire de plus ? Même pas un petit indice ?
-Non, ce serait bien trop facile Harry. »

 

Harry questionna très longuement Severus mais bien sûr n’obtint aucune réponse. Ils déjeunèrent donc avec tout le monde dans la grande salle. Severus remarqua tout de suite que Sirius n’était pas présent et s’efforça de ne pas se montrer inquiet, après tout Sirius était un grand garçon…

 

‘’’Oui mais en ce moment il ne va pas bien, il faudrait que quelqu’un le surveille ! Mais par Merlin pourquoi je m’en soucie autant…je ne suis pas sa nourrice tout de même !! Le loup-garou n’a qu’à s’en occuper…enfin pour le moment il n’a rien remarqué quand même.’’’

 

Il se concentra sur son repas, mais ne pouvait pas s’empêcher de regarder les portes de la grande salle. Une fois le déjeuner terminé, et toujours pas de Sirius, Severus interpella Lupin.

 

« J’emmène Harry en ville cet après-midi, surveille le chien pour nous.
-Sais-tu où il est ? Ca fait déjà bien longtemps que je ne lui aie pas parlé.
-Ca ce n’est pas mon problème. »

 

Sur ce, Severus sortit de la grande salle suivit par un Harry très enthousiaste pour sa surprise. Severus avait reprit contact avec Isabelle peu de temps après qu’Harry ait recommencé à parler. Elle n’avait jamais cessé de s’inquiéter pour lui et se sentait vraiment coupable de sa disparition. Elle s’était sentie tellement soulagée lorsque Severus lui avait dit qu’Harry était sain et sauf qu’elle en avait pleuré. Elle avait accepté avec joie de le revoir mais avait peur de la réaction du jeune garçon. Il avait prit pour une trahison le fait qu’elle prévienne la police et elle avait peur qu’il ne le lui pardonne pas.

Lorsqu’ils transplanèrent, Harry reconnu immédiatement le quartier et comprit qui ils allaient voir. Severus toqua à la porte et ce fut sans surprise qu’Isabelle y répondit  quasiment immédiatement.

 

« Oh Harry, dit-elle les larmes aux yeux, j’ai eu tellement peur pour toi ! »

 

Harry s’empressa de serrer Isabelle dans ses bras, il n’aimait pas voir des larmes dans les yeux des personnes qu’il aimait.

 

OoOoOoOoOoOoO

 

Pendant ce temps, au Manoir Malfoy, Narcissa se préparait à affronter Dumbledore. Elle voulait enseigner à son fils mais elle n’était pas vraiment sûre que Dumbledore accepte qu’elle enseigne en même temps le Survivant. Elle était habillée impeccablement, elle avait choisie sa toilette avec soin et elle se sentait confiante. Après avoir mis en place le fameux masque « Malfoy », elle rejoignit Poudlard. Lorsqu’elle fut devant l’immense bâtisse elle fut assaillie de souvenir de jeunesse. La plupart d’entre eux n’était d’ailleurs pas forcément joyeux, elle avait due sans cesse se comporter en bonne sang pure issue de la haute lignée des Black. Elle ne devait jamais faire quoi que ce soit qui puisse faire honte à leur famille, Sirius en ayant déjà fait beaucoup trop pour de nombreuses générations à venir. Puis elle avait été promise, elle avait eu beau lutter contre Malfoy elle n’avait jamais gagné. C’est seulement aujourd’hui qu’elle envisageait pour la première fois que ce mariage n’était peut-être pas une si mauvaise chose. Il lui suffisait juste de faire craquer Lucius et elle s’en sentait parfaitement capable.

Lorsqu’elle arriva devant le bureau de Dumbledore, elle constata sans grande surprise que le directeur l’attendait puisque la porte de son bureau était grande ouverte.

 

« Mme Malfoy, que me vaut le plaisir d’une si prestigieuse visite ?
-J’ai une requête.
-Un bonbon au citron ?
-Non merci. Vous savez que mon mari a émit le souhaite d’éduquer le jeune Potter en même temps que notre fils. »

 

Dumbledore acquiesça et attendit la suite.

 

« Ce que vous ne savez peut-être pas c’est qu’il a renvoyé les tuteurs de Draco et qu’aujourd’hui c’est moi qui  me charge de son éducation.
-Effectivement je n’en savais rien.
-Mon mari aussi s’occupe de Draco, mais je ne suis pas ici pour plaider en sa faveur. Je souhaite continuer l’éducation de mon fils.
-Vous savez sûrement que Poudlard possède les meilleurs professeurs du pays.
-Je n’ai pas dit que je voulais m’occuper exclusivement de mon fils, mais je souhaite continuer mes cours avec lui.
-Je ne vois pas pourquoi je vous en empêcherais d’éduquer votre fils, ce serait bien ingrat de ma part. Quels sont les enseignements que vous lui prodiguez ?
-Je lui enseigne l’histoire, les traditions et la botanique.
-Un très bon programme, cela fera beaucoup de bien à Harry d’en apprendre un peu plus sur notre monde. Je vous ferais transférer l’emploi du temps de votre fils sous peu afin que vous sachiez quand vous êtes nécessaire à Poudlard. Le jeune Malfoy pourra aussi assister à d’autres cours avec Harry si vous n’y voyiez aucunes objections.
-J’en parlerais avec mon mari. Sur ce Directeur. »

 

Narcissa se leva et, après un signe discret de tête, sortit du bureau de Dumbledore, un léger sourire aux lèvres.
Lorsqu’elle rentra, elle constata que le manoir était très calme, ce qui ne changeait pas des habitudes. Elle alla ouvrir le plus discrètement possible la salle d’étude de Draco et le découvrit en pleine discussion avec son père à propos des illustres ancêtres de la famille Malfoy. Ce qui la frappa ce fut le petit sourire que Lucius tentait en vain de retenir. Ce n’était pas les sourires méprisant ou condescendant qu’elle lui connaissait, c’était au contraire un sourire attendrit et sincère pour son fils. Lorsqu’il avait ce sourire il ressemblait presque à un ange, et cela, c’était bien la première fois qu’elle le voyait. Elle quitta la salle aussi discrètement qu’elle y était entrée et alla se changer. Aujourd’hui elle voulait être belle, pas pour la population sorcière mais juste pour elle, et peut-être un peu pour impressionner son mari. Elle ne l’admettrait jamais à haute voix, mais elle souhaitait que son mari la regarde, pas seulement comme un objet, comme il n’avait toujours fait jusqu’à récemment, mais vraiment pour elle.

Un étrange lien c’était formé entre eux récemment, elle avait bien sûr remarqué les petits regards en coin que Lucius lui lançait quand il pensait qu’elle ne regardait pas et intérieurement elle souhaitait que ce lien se développe bien plus.

Quelques longues minutes plus tard Narcissa entra dans la salle d’étude.

 

« A table. »

 

Lucius releva la tête et fut figé devant la femme qui se tenait dans l’encadrement de la porte. La jeune femme qui se tenait devant lui était vraiment belle. Elle avait des yeux pétillants et un joli sourire qui ferait fondre n’importe qui. Il était inconcevable pour Lucius qu’une telle femme qui avoir été à ses côtés aussi longtemps sans qu’il ne l’ait jamais vraiment regardé. Elle fit un magnifique sourire à Draco qui se précipita dans ses bras.

 

« Tu es magnifique, s’exclama Draco à l’oreille de sa mère. »

 

Se rendant compte qu’il avait vraiment faim, Draco prit la direction de la salle à manger, laissant ses deux parents derrière lui. Draco n’était pas aveugle, il avait bien vu qu’en seulement quelques semaines, tout son petit monde était parti en éclat, pas d’une manière négative, au contraire…
Son père était devenu quelqu’un de très différent, il n’y avait pas d’autre mot pour le qualifier, et cela lui plaisait beaucoup. Il avait même le droit de le tutoyer, en privé bien sûr, mais quand même, cela faisait un énorme changement.
Sa mère avait aussi subi un grand changement, fini les yeux vides, le regard toujours pointé vers l’extérieur en espérant il ne savait pas quoi, aujourd’hui ses yeux étaient pétillants de vie, son sourire lui réchauffait le cœur et elle prenait un grand soin à sa toilette. Elle sortait les robes magnifique qu’elle gardait uniquement pour les grandes occasions, qui au passage n’étaient que très rares, et cela lui allait vraiment bien. De plus elle participait avec un air enjoué aux conversations qui avaient lieu à table ce qui n’était jamais arrivé auparavant.
Draco sentait qu’il y avait une certaine tension entre ses parents mais, sans se l’expliquer pourquoi, il savait que ce n’était pas une mauvaise chose.

 

Lucius n’arrivait pas à décrocher son regard de Narcissa, elle était tout simplement magnifique et il ne savait pas quoi dire pour engager la discussion. En ce moment même, il se sentait particulièrement bête, mais jamais il ne l’aurait admis à voix haute.

Fière de l’effet qu’elle semblait faire à Lucius, elle se retira dans la salle à manger où Draco était déjà assis et semblait les attendre avec une impatience qu’il n’arrivait pas à garder.

 

OoOoOoOoOoOoO

 

L’après midi chez Isabelle passa bien trop vite pour le petit garçon. Maintenant qu’il était avec Severus, il ne lui en voulait plus de ce qui c’était passé il y a si longtemps. Il avait passé tout l’après-midi à lui raconter ce qui lui était arrivé depuis la dernière fois qu’il c’était vu, en omettant bien sûr tout ce qui avait rapport avec la magie comme le lui avait dit Severus.

 

Lorsqu’ils rentrèrent à Poudlard, Severus marchait si lentement qu’Harry dû le réprimander pour sa lenteur. Cependant une fois dans l’appartement, il fût presque déçu de constater que Sirius n’avait pas réapparu.

 

« J’ai toujours su que le fameux courage des Gryffondors n’était qu’une légende. »

 

Harry, lui aussi, était déçu de constater que Sauveur n’était pas revenu. Ce ne fut que bien plus tard que ce dernier refit son apparition la tête basse.

 

« Transforme-toi Black. »

 

Sous l’intonation sèche de Severus, Sirius n’osa pas désobéir. Sous le regard admiratif d’Harry et soucieux de Severus, il se transforma.

 

Au plus grand désespoir de Severus, la condition de Black n’avait pas évolué depuis qu’il était sorti d’Azkaban, même en étant surveillé il ne reprenait pas de poids. Il avait les yeux rouges de fatigue et des cernes si noires qu’elles faisaient peur, son regard était fuyant et soumis lorsqu’il regardait quelqu’un d’autre dans les yeux. Severus poussa un soupir d’exaspération en voyant l’état dans lequel les vêtements de Black se trouvaient et sortit du salon.

 

Sirius avait passé sa journée à se cacher, ou plus exactement à tout faire pour ne pas se trouver sur le chemin de Severus. Il avait honte de son comportement lors de la nuit dernière, il s’était mis à hurler comme un gamin qui a peur du fantôme qui se cache dans l’armoire, sans parler du fait que Severus avait été le témoin de tout ce qui lui faisait honte dans sa vie. Il n’osait donc pas affronter le maître des potions, ce qui expliquait son comportement de la journée, et voir toutes les questions des les yeux d’Harry l’effrayait tout autant. C’est à ce moment là que Severus revint dans le salon.

 

« Tiens, voilà des affaires décentes, prends une douche et revient, nous avons de nombreuses choses à dire à Harry. »

 

La gorge trop nouée pour pouvoir dire un mot, Sirius prit les affaires et se dirigea vers la salle de bain. Un bon quart d’heure plus tard il en sortit, propre et avec des vêtements sans trou. La douche lui avait permit de réfléchir un peu, de préparer à ce qu’il allait bien pouvoir dire à l’homme et au garçon qu’il avait peu à peu apprit à aimer. Les vêtements bien qu’un peu trop grand était assez classe et chose incroyable pour Severus, ils n’étaient pas noirs.
En pensant à Severus, Sirius savait qu’il était tombé sous le charme du sombre professeur qui bien que n’étant pas attirant physiquement, possédait des qualités que peu d’hommes avaient. Le seul problème était qu’il savait que son affection ne lui serait retournée, après tout il n’avait vraiment rien fait pour la mériter.

 

« Harry je te présente Sirius Black.
-Bonjour, je m’appelle Harry Potter. Pourquoi tu ne m’as jamais dit que toi aussi tu étais un sorcier ? Pourquoi es-tu resté sous la forme d’un chien ?
-Vas-y doucement avec tes questions Harry, lui murmura gentiment Severus.
-C’est assez compliqué Harry, commença Sirius. Je me suis enfuit d’une prison pour sorcier et comme personne ne connaissait ma forme de chien, je passais inaperçu dans les rues.
-Pourquoi tu étais en prison ?
-On m’a accusé d’une chose horrible dont je n’étais pas coupable. »

 

Harry vit une lueur de tristesse passer dans les yeux de son interlocuteur.

 

« Pourquoi tu n’as rien dit aux autres ? Ils t’auraient cru non ?
-A l’époque, Harry, je venais de perdre tous ceux que j’aimais à cause d’une personne très méchante. Je me sentais très coupable parce que si je les ais perdu c’est en partie ma faute. Tu comprends pour moi je méritais vraiment ce qui m’est arrivé. »

 

Harry ne comprenait pas exactement tout ce que lui disait cet homme mais il ressentait sa tristesse quand il évoquait ses amis perdus.

 

« Et comment tu connais Severus ?
-On était ensemble à Poudlard, on a fait notre scolarité ensemble.
-Vous étiez amis alors ? S’exclama Harry plein de joie à cette constatation.
-Lorsque nous étions jeunes, nous avions des amis différents, mais aujourd’hui je regrette beaucoup, dit Sirius d’une petite voix en regardant Severus dans les yeux. »

 

La voix de Sirius était caverneuse et ses yeux avaient perdu l’éclat de malice et de charme que leur connaissait Severus. Lorsqu’il était encore à Poudlard il avait souvent admiré les beaux yeux de Black mais il n’exprimait que de la haine pour lui et toute sa petite bande qui s’amusait sans cesse à ses dépends. Même lors de leur duel, Black avait cette petite étincelle et Severus avait toujours voulu voir cette dernière disparaître. Aujourd’hui il regrettait, cette petite étincelle faisait partie de la personnalité de Black et aujourd’hui, il n’était plus que l’ombre de lui-même.

 

« Allez Harry, il est l’heure d’aller dormir.
-Oh Severus, pas tout de suite, je voudrais encore parler avec Sirius !
-Non Harry, Severus a raison, il est tard et tu as besoin de te reposer.
-Tu viens me lire une histoire alors ? »

 

Sirius regarda Severus dans les yeux afin de savoir s’il avait son autorisation, il ne se serait jamais permit de s’immiscer entre la relation qu’entretenait Harry et Severus.

Bien qu’un peu jaloux, Severus donna son accord, il savait très bien qu’il ne pourrait jamais rien refuser à Harry, dans les limites de la convenance bien entendu. Ce ne fut qu’une bonne demi-heure plus tard que Sirius revint dans le salon. Severus lisait tranquillement un livre, quand Sirius prit la parole.

 

« Il te demande, il ne s’endormira pas tant que tu ne lui auras pas souhaité une bonne nuit. »

 

Quelques minutes plus tard, Severus sortait de la chambre du petit garçon, un léger sourire aux lèvres.

 

« Tu peux dormir sur le canapé pour cette nuit, nous irons voir Dumbledore dès demain afin de prendre des nouveaux arrangements pour toi Black. »

 

Trop surpris pour parler dans un premier temps, Sirius dévisagea Severus afin de savoir s’il avait bien compris.

 

« Tu veux bien que j’habite dans le même appartement que toi et Harry ?
-Il faut bien que quelqu’un te surveille. Vu ton apparence tu te nourris très mal, voir pas du tout et côté hygiène on repassera. »

 

Severus se garda bien de dire qu’il avait commencé à bien aimer avoir Sauveur à ses côtés et qu’il ne souhaitait pas vraiment qu’il s’en aille. Il c’était bien trop habitué à sa présence dans cet appartement, mais bien sûr il ne l’admettrait surement pas à haute voix.

 

Le week-end passa très rapidement, Sirius obtint une nouvelle chambre et une place dans cette étrange famille. Les deux adultes prirent l’habitude de faire travailler Harry le matin sur son contrôle de la magie et de parler ensemble l’après-midi. Bien que Sirius n’ait toujours pas avoué à Harry qu’il connaissait très bien ses parents, la conversation entre eux ne se tarissait jamais, enfin sauf quand le petit garçon abordait les potions et là, bien heureusement, c’était Severus qui prenait en charge la conversation.

 

OoOoOoOoOoOoO

 

Les soirées mondaines n’étaient pas rares, voir fréquentes dans la grande aristocratie sorcière. En général Lucius recevait une à deux invitation par mois, il se forçait à assister à chacune d’elle afin d’appuyer sa position au niveau du ministère, et donc plus particulièrement sur le ministre. Il s’y rendait systématiquement seul. D’une part parce que Narcissa n’avait jamais émis le souhait d’y participer et d’autres part parce qu’il était simplement persuadé qu’elle ne connaissait rien au monde de la politique et de ses pièges. Pour lui Narcissa n’était qu’un poids lourd lors de ces grandes soirées.

Pourtant, depuis quelques mois il avait revu sa façon de penser et intérieurement il souhaitait vraiment qu’elle l’accompagne, il voulait passer une soirée avec elle et quoi de mieux comme prétexte qu’une grande soirée mondaine ? C’est pourquoi lorsqu’il avait reçu une invitation pour une soirée au ministère de la magie en l’honneur du ministre, il avait pensé à sa femme. Il ne savait juste pas comment lui demander et si cela allait lui plaire. Il tenta sa chance lors du dîner.

 

« Le ministre organise un grand bal samedi soir. Souhaiterais-tu m’y accompagner ? »

 

‘’’Bravo pour la demande Lucius, plus maladroit que ça on ne fait pas…Par Salazar heureusement que tu ne t’y prends pas aussi maladroitement pour te mettre le ministre dans la poche sinon ce serait catastrophique…’’’

 

Narcissa était très étonnée, elle n’avait été qu’à une ou deux grandes soirées où les hommes devait obligatoirement être accompagné et jamais Lucius ne lui avait demandé, au contraire il lui avait exigé sa présence. Seulement aujourd’hui il lui demandait et elle sentait que l’invitation n’obligeait pas la présence des épouses. Elle se sentit flatté et empêcha de justesse une rougeur d’apparaître sur ses joues.

 

« Avec plaisir, lui répondit-elle sincèrement en lui offrant un jolie sourire.
-Et moi, demanda Draco timidement.
-Quand tu seras un peu plus grand, lui répondit son père gentiment. De toute façon ces soirées sont d’un ennui mortel pour un garçon de ton âge. »

 

Draco ne chercha même pas à contester son père, il était déjà très étonné de la réponse qu’il avait obtenue. Son père venait, après tout, de lui promettre de l’emmener un jour prochain avec lui dans une grande soirée.

 

Le lendemain soir, Lucius fut à nouveau charmé par la beauté de sa femme, et se donna à nouveau un claque mentale pour ne pas l’avoir aperçu durant toutes ces dernières années. Il ne fut donc pas étonné outre mesure lorsqu’il remarqua qu’à leur arrivé ce n’était pas lui, mais sa femme que tous les convives regardèrent avec une fascination non dissimulée.

Narcissa, sentit tous les regards se poser sur elle et cela la mis instantanément mal à l’aise, cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait assisté à une telle soirée. Bien sûr, en bonne Malfoy qu’elle était, elle ne laissa rien transparaître de ses angoisses. Elle avait seulement peur que Lucius s’en aille parler directement politique avec les hommes, l’abandonnant à une foule qui commençait déjà à se précipiter sur elle.

Lucius, bien au contraire, n’avait aucune envie de laisser sa femme seule, surtout lorsqu’il capta le regard gourmant que certains hommes ne prenaient même pas la peine de cacher.

 

« Lucius, tu nous avais caché que ta femme était toujours aussi belle après toutes ces années où je ne l’ais pas aperçu, s’exclama Fudge. »

 

Ce dernier s’approcha de Mme Malfoy et lui fit un baise main en gentleman qu’il était.

 

« C’est pourtant bien connu Mr le ministre, le vieil adage ne dit-il pas qu’on cache toujours ce qui nous est le plus précieux ?
-Oh quel charmeur vous faîtes Mr Malfoy soupira une femme qui semblait littéralement collée aux bras du ministre. »

 

Narcissa avait un sourire hypocrite collé aux lèvres, comme le lui avait si bien apprit sa mère, mais elle avait été très touchée par ce que venait de dire Lucius.

 

« Il est bien vrai que j’ai un mari charmant, dit Narcissa d’un ton posé et légèrement hautain, histoire de bien montrer à cette femme à qui elle s’adressait. »

 

Narcissa avait toujours eu un don inné pour les intrigues, cela avait déjà commencé lorsqu’elle était enfant, étant la petite dernière il avait bien fallu qu’elle survive dans sa famille et elle était passé maître dans l’intrigue, surtout pour ne pas se faire prendre et reporter tous les torts sur ses deux plus grandes sœurs. Puis ensuite cela avait été à Poudlard, son don avait fait merveille et bientôt elle avait un réseau d’information qui couvrait toutes les maisons. Elle était très fière d’elle, elle n’était jamais dans les élèves les plus visibles et c’est ce qui était encore mieux pour elle, non seulement elle savait tout mais personne ne savait rien d’elle. Bien sûr depuis son mariage elle avait dû mettre son don de côté et supporter les humeurs et le bon vouloir de son mari, cela elle ne l’avait jamais vraiment accepté mais elle ne pouvait pas y faire grand-chose.

Seulement aujourd’hui, Lucius lui donnait l’occasion d’utiliser ses facultés, il fallait tout de même déjà qu’elle rattrape toutes ces années de perdues lorsqu’elle avait été enfermés dans ce si sombre manoir.

Bien qu’un peu jaloux, Lucius fut ravi de constater que sa femme semblait être tout à fait à son aise dans cette foule. Tous le complimentèrent sur sa beauté et sa pertinence à certaines de leur remarque, Lucius sut alors qu’il avait eu encore une fois tort à propos de Narcissa. Non seulement elle était très intelligente mais en plus en semblait avoir déjà en son pouvoir de nombreuses personnes influentes.

Lorsqu’ils s’en allèrent  Narcissa était ravie mais aussi très fatiguée, ce n’était pas de tout repos d’être aimable face aux gens qu’on savait être hypocrite. Au moment où ils se séparèrent pour aller se coucher, Narcissa retint Lucius par le bras.

 

« Tu pensais vraiment ce que tu as dit ce soir ?
-A quel moment ? Demanda-t-il intrigué.
-Lorsque tu as dit que j’étais précieuse pour toi.
-Oui, je le pensais répliqua-t-il en la regardant droit dans les yeux. »

 

Narcissa embrassa Lucius et partit vers sa chambre sans se retourner. Peut-être aurait-elle dû car elle aurait pu voir apparaître une petite rougeur sur les joues de se mari. Lucius resta quelques minutes dans le couloir sans pouvoir bouger, puis repartit lentement vers sa chambre, un sourire heureux sur le visage.

 

OoOoOoOoOoOoO

 

Lundi matin arriva bien trop vite au goût d’Harry, en effet ce dernier n’avait aucune envie de voir Severus partir en cours et Sirius se transformer en Sauveur. Retarder au maximum le moment de se lever ne fit que mettre à rude épreuve la patience, pas si grande que ça, de Severus et Harry le comprit très vite.

 

« Harry, je te promets que tu vas adorer cette journée, tu verras tu auras une grande surprise, mais pour cela encore faudrait-il que tu te lèves.
-Pour de vrai ?
-Dépêche-toi. »

 

Harry ne se le fit pas dire deux fois, il adorait les surprises de Severus, elle lui faisait toujours énormément plaisir.
Ce fut au moment où il entra dans sa salle de cours qu’il comprit qu’elle était sa surprise : Draco.

 

« Draco, s’écria-t-il en se jetant les bras de son ami. »

 

Bien que surprit, Draco serra Harry dans ses bras en se mettant à rire. Cela ne fit que provoquer le rire d’Harry et ce fut bientôt deux garçons en pleines crises de fou rire qui se retrouvèrent dans une salle d’étude.
Face à tant de joie, Narcissa hésita à entrer et briser ce moment entre les deux garçons. Une fois les garçons un peu calmé, elle ferma la porte en faisant un peu de bruit. Elle fut instantanément surprise par la profondeur de la couleur des yeux du jeune Potter.

 

« Bonjour Harry, je suis ton nouveau professeur. Je t’enseignerai l’histoire du monde sorcier, les grandes traditions qui sont encore utilisées de nos jours et si ça t’intéresse celles qui n’existent plus et pour finir la botanique.. »

 

Harry trouvait son nouveau professeur magnifique, il regarda Draco puis à nouveau son professeur, passant souvent de l’un à l’autre ce qui provoqua un nouveau fou rire de la part de Draco.

 

« Harry je te présente ma mère, Narcissa Malfoy.
-Pas de formalité entre nous d’accord ! Appelle-moi juste Narcissa. »

 

Le cours passa bien trop rapidement, Narcissa avait une façon d’enseigner qui captivait complètement Harry.

 

« Nous avons de cours ensemble tous les jours de la semaine, mais seulement lors des matinées Harry. Draco va rester avec toi pour certaines matières mais je ne serais pas l’enseignante, par contre il y aura aussi des matières que Draco ne peux pas suivre avec toi. Attention, j’interroge l’un de vous deux à chaque début de cours et je ne serais pas plus gentille avec toi Draco, que ce soit bien clair. »

 

OoOoOoOoOoOoO

 

Les jours devinrent vite des semaines qui se transformèrent en mois. Harry apprenait énormément aux côtés de Narcissa et redoublait d’effort dans ces autres matières, même celles où Draco n’était pas présent, pour la plus grande joie de Severus et de Sirius.

Ce dernier, sous l’œil vigilent de Severus, mangeait un peu mieux et reprenait un peu de poids, pendant l’absence du garçon et du maître des potions il entretenait l’appartement, ayant toujours une petite attention pour Severus et Harry. En général il s’agissait d’un nouveau livre pour Harry, autre que les potions, de l’encre rouge et une nouvelle plume râleuse pour Severus. En plus de l’appartement Sirius allait souvent voir son ami Remus, il c’était excuser de son comportement et lui avait expliqué assez succinctement la raison derrière ses agissements sans tout lui dire, un jour peut-être mais pour le moment il avait encore bien trop honte.

Ce que Sirius ne savait pas c’est que Severus était en général très touché de ces petites attentions et se prenait souvent à sourire, quand il n’y avait personne dans les environs, cela va de soi.

Au cours de ces deux derniers mois, Severus retrouvait enfin, petit à petit, son ancien rival, seule l’étincelle de ces yeux manquait encore.

 

OoOoOoOoOoOoO

 

Au cours de ces deux derniers mois, la jeune médicomage revint voir Harry plusieurs fois, elle constata avec une certaine joie que le jeune garçon commençait un peu à s’ouvrir aux autres et semblait vraiment heureux. Cependant, de nombreux accidents de magies arrivaient lorsqu’elle était présente et c’était avec le cœur léger qu’elle marquait sur ses rapports qu’il n’était pas encore apte. Pendant ces visites elle avait souvent remarqué le jeune professeur Lupin qui était toujours très poli et souriant avec elle contrairement aux autres. En effet, comment sourire à la personne qui pourrait décider de leur enlever le jeune Potter ? Pourtant, Lupin avait toujours été très correct et cela la touchait beaucoup. En général ils parlaient souvent ensemble après qu’elle ait fait passer quelques tests à Harry. Au début leur conversation ne concernait qu’Harry, puis peu à peu elle avait dévié sur leur vie et leur travail de tous les jours. Elle avait fini par vraiment apprécier Lupin et elle souhaitait que cela soit réciproque. Malheureusement pour elle, les excuses pour venir à Poudlard n’étaient pas nombreuse et c’est pourquoi elle fut agréablement surprise et ravie de trouver un Remus Lupin un soir à la sortie de l’hôpital.

 

« Un problème avec Harry ? Demanda-t-elle inquiète.
-Non, c’est juste que…Laissez tomber, il faut que j’y aille de toute façon. C’était une mauvaise idée. »

 

Remus se dirigea vers la zone de transplannage la plus proche lorsqu’un bras l’arrêta.

 

« Je reçois quelques amis ce soir et j’aimerais beaucoup que tu te joigne à nous.
-Je ne voudrais pas déranger.
-Tu sais en général je n’invite pas les gens qui me dérange, donc tu peux en déduire en toute logique que tu ne dérange pas, bien au contraire… »

 

Remus savait que lorsque Cybèle lui faisait ce sourire il lui était impossible de dire non.

 

« D’accord. »

 

La soirée débuta sur une conversation médicale, ce qui ne sembla guère étonnant puisque tous les amis de Cybèle semblaient appartenir à ce milieu. Remus ne se sentait pas vraiment à l’aise et Cybèle le sentit.

 

« Nous pourrions parler autre chose que ce qu’on voit tous les jours, ça changerais.
-Et de quoi veux-tu qu’on parle ? Je passe ma vie au travail, je n’ai guère le temps de faire autre chose.
-N’avez-vous pas d’ami en dehors de l’hôpital, demanda poliment Remus.
-Quand on ne peut pas voir les gens, les amis s’en vont, c’est pourquoi je préfère rester avec d’autres médicomages.
-C’est dommage.
-C’est sûr que quand on est professeur, la vie est bien moins compliqué.
-Nadia, un peu de respect tout de même, gronda Cybèle.
-Je sais qu’il n’y a que la vérité qui blesse.
-Contrairement à ce qu’on pourrait penser, être professeur à Poudlard n’est pas de tout repos.
-Tout de même, on n’était pas des monstres, vous devriez arriver à bout de quelques élèves un peu turbulent. »

 

Les amis en question ne plurent pas à Remus mais il conserva sa bonne humeur jusqu’à la fin de soirée. Les amis en question ne restèrent pas tard ce qui permit à Remus de pouvoir parler un peu avec Cybèle.

 

« Désolé pour cette soirée, je…
-Tu n’as pas à t’excuser pour tes amis tu sais.
-Sache que je ne pense pas forcément comme eux.
-Je sais, tu dois être la seule élève de Poudlard qui ait dû aimer Severus comme professeur.
-Même à Poudlard je n’avais déjà pas beaucoup d’ami, alors avec le travail à l’hôpital, mais je ne suis pas du genre à m’apitoyer sur moi-même.
-Je ne pense pas que ces gens te mérite vraiment, tu es vraiment d’une autre trempe.
-Merci dit-elle avec un sourire aux lèvres. »

 

Un silence un peu gênant s’installa entre eux.

 

« J’ai toujours cru que les gryffondors étaient les courageux !
-De quoi tu parles ?
-Du moment où tu allais te décider à m’embrasser.
-Quoi ?! »

 

Remus devint écarlate d’un coup et fut encore plus surpris lorsqu’il sentit une paire de lèvres se poser sur les siennes. Le contact fut bref mais Remus attrapa Cybèle au niveau du bas du dos et la rapprocha avant qu’elle s’enfuit. Après tout elle était une Serpentard, et ils connaissaient particulièrement bien la fuite.

 

« Je dois rentrer à Poudlard. Mais j’aimerais vraiment te revoir.
-Tu sais où je travaille et maintenant où j’habite… »

 

Remus embrassa à nouveau Cybèle avant de transplanner.

 

OoOoOoOoOoOoO

 

Lucius travaillait toujours activement à infiltrer le ministère, ce qui s’avérait être beaucoup plus facile depuis que Narcissa venait avec lui lors des soirées, mais quelque chose lui manquait. Bien sûr il avait sentit que sa femme était plus heureuse, elle lui souriait beaucoup plus et parfois leur conversation contenait de nombreuses réplique à double sens qu’il n’osait jamais approfondir. Il l’avait déjà tellement fait souffrir qu’il n’osait plus rien tenté de peur…en fait par simple peur, il n’avait jamais été un Gryffondor, encore heureux d’ailleurs, mais dans ces situations là il aurait aimé être un peu plus téméraire. Il se satisfaisait parfaitement de la situation actuelle bien qu’elle soit assez frustrante.

 

Narcissa au contraire ne supportait plus cette tension qui existait entre eux. C’était tellement difficile, en général les couples tombaient amoureux, se courtisaient, se mariaient et faisaient des enfants. Pour eux bien au contraire, tout avait été fait à l’envers, et c’était d’autant plus frustrant. Bien sûr elle n’avait jamais connu aucun plaisir sexuel avec Lucius, cela avait plutôt été une corvée et pourtant aujourd’hui elle le désirait ardemment tandis que lui semblait juste bien heureux de cette situation là. Si elle ne faisait pas quelque chose elle était certaine que ce ne serait pas Lucius qui oserait quoi que ce soit, il était le plus Serpentard des deux.

 

OoOoOoOoOoOoO

 

L’Ordre c’était à nouveau réunit, les réunions, bien que bien moins fréquentes depuis la découverte de Pettigrow, avaient toujours lieu. En effet, depuis que Peter Pettigrow avait été livré au Ministère il n’y avait eu aucune avancée au niveau d’un quelconque jugement. De plus Fudge semblait préférer capturer Black et non emprisonner un Pettigrow qui était censé être mort depuis plusieurs années. Il avait été interrogé bien sûr mais n’avait rien avoué et Fudge refusait l’administration du Véritasérum.

 

« Nous sommes dans une impasse Dumbledore, s’écria Maugrey furieux contre Fudge.
-Je ne comprends pas pourquoi cet abruti a été élu, mais être aussi stupide alors là ça dépasse la longueur de la barbe de Merlin.
-Fol œil, veuillez vous calmez, déclara calmement Minerva.
-Que faut-il faire pour que Fudge fasse accélérer les choses, demanda doucement Remus.
-Je ne sais pas, j’ai demandé à plusieurs haut juge d’appuyer ma demande, mais depuis quelques mois ma crédibilité à été mise à rude épreuve.
-Tout de même, voir apparaître Pettigrow alors qu’il était mort ! Cela n’a choqué personne ?
-Il faut croire que non, à part Mme Pettigrow qui semble ravie de la tournure de la situation. La pauvre femme ne sait pas ce qui va lui tomber dessus.
-On manque de temps, Dumbledore, grogna Severus, Harry commence à bien maîtriser sa magie, si jamais la médicomage le déclare maître de sa magie, Fudge pourra faire ce qu’il veut d’Harry.
-Je le sais bien Severus, je sais aussi que si on arrive à innocenter Sirius, il pourra faire jouer son rôle de parrain et ainsi réclamer la garde exclusive d’Harry.
-C’est pourquoi il faut faire pression sur Fudge !
-Par quels moyens ? Je n’ai aucun moyen de pression pour le moment. »

 

Furieux, Severus se leva et sortit brusquement de la salle. De toute façon, il avait déjà une petite idée et avoir une discussion qui ne mènerait nulle part avec le directeur ne l’intéressait pas. Il y avait un petit garçon endormit dans son lit et un homme qui veillait sur ce dernier qui l’attendait dans ses appartements. Il réfléchirait un peu plus tard à ce qu’il pourrait faire pour que la situation s’améliore.

 

« Pour le moment, je pense que la médicomage qui surveille Harry comprend parfaitement la situation et elle pourra retarder autant que possible le fait qu’Harry maîtrise parfaitement sa magie.
-Je connais bien Mlle Gates, elle a toujours été très intelligente et intuitive, mais elle dépend aussi de ses supérieurs et cela vous ne pourrez rien y changer. Je vais continuer de demander le procès de Pettigrow mais sans grand espoir. Je vous recontacterais dès que j’aurais de plus amples informations. »

 

Remus savait que Dumbledore avait raison, Cybèle dépendait de sa hiérarchie mais elle était aussi très rusée, il savait qu’elle pourrait réussir à berner assez longtemps ses supérieurs mais à quels risques ? Lui faire perdre son travail n’était pas l’objectif de Remus. Il se mit à sourire à l’évocation de la médicomage. Il comptait l’inviter à dîner à Pré-au-Lard, il fallait seulement qu’il trouve le courage de le lui demander.

 

OoOoOoOoOoOoO

 

Lucius se trouvait à nouveau avec Fudge et ils discutaient ensemble des différentes affaires que le ministre se devait de traiter. Lucius était étonné de la facilité avec laquelle Fudge discutait des affaires les plus confidentielles, une en particulier avait retenu son attention : l’affaire Pettigrow.

 

« Dumbledore a encore fait une requête auprès des Haut juges. Ce vieux fou a encore une théorie complètement délirante.
-J’aimerais en savoir un peu plus sur cette affaire, pour vous aider bien sûr !
-Je vous confie le dossier, il faut qu’il soit de retour dès demain, mais de toute façon toute cette histoire est complètement rocambolesque. Pettigrow est un héros de guerre et non un meurtrier comme semble le croire Dumbledore, nous l’avons interrogé et je suis certain de son innocence. Pourtant à cause de la pression que provoque Dumbledore je ne peux pas le relâcher. Quand au Véritasérum, on ne l’utilise que sur des criminels comme Black, et non sur des héros tel que Pettigrow. On devrait faire enfermer Dumbledore à Ste Mangouste une bonne fois pour toute. »

 

Lucius prit le dossier tout en s’efforçant de ne pas sauter de joie, décidément Fudge était si facile à berner ce qui, pour le moment, collait parfaitement à ses plans.

 

Lucius avait été le bras droit du Seigneur des Ténèbres, il avait eu connaissance de tous ses plans dans les moindres détails, il avait enrôlé de nombreuses personnes, par la force ou la ruse, de toute manière une fois qu’il avait accepté ils étaient fichus. Il avait été le seul mangemort au courant du traitre Pettigrow, c’était une information bien trop importante pour la révéler, et savoir qu’en plus ce traitre avait été fait Gardien du Secret. Seul le Lord Noir et lui-même avait eu cette information. Aujourd’hui il pouvait utiliser cette information pour le bien de sa famille et les protéger de ses mauvais choix. Aujourd’hui il avait la possibilité de tirer un trait sur son ancienne vie et donner une meilleure vie à sa femme et son fils. Ce choix était simple mais impliquait pour lui beaucoup de courage, si jamais le Seigneur des Ténèbres revenait à la vie, lui ne s’en sortirait surement pas, en tout cas pas après ce qu’il allait faire.

 

Il se tenait devant ce grand château qu’était Poudlard et il se remémora ses jeunes années. Il avait vécu sous la coupe de son père à cette époque là, mais à Poudlard il avait été libre de faire ce qu’il voulait même sous la surveillance des espions de son père il avait plus libre que le reste de sa vie jusqu’à ce que le Seigneur des Ténèbres disparaisse, et encore, il se sentait libre que seulement depuis qu’il avait commencé à regarder autrement sa propre famille. Et dire qu’il avait failli passer à côté de cela…

 

Il était très tenté de chercher Draco mais il avait une mission, ce n’était pas une visite de courtoisie, bien au contraire. Lorsqu’il arriva devant la gargouille qui gardait l’entrée du bureau de Dumbledore, cette dernière pivota avant qu’il ait pu dire quoi que ce soit. Apparemment Dumbledore savait qu’il avait de la visite.

 

« Mr Malfoy, que me vaut l’honneur d’une telle visite ? »

 

Dumbledore ne semblait pas inquiet, mais Lucius n’avait jamais vraiment su décrypter ce vieux fou, ce qui le rendait assez nerveux lui aussi, mais bien sûr cela ne se voyait pas. Lucius lâcha le dossier de l’affaire Pettigrow devant Dumbledore qui se mit à le feuilleter comme si de rien n’était.

 

« C’est un dossier très intéressant, bien que je sois surpris de le trouver entre vos mains.
-J’ai beaucoup de pouvoir au sein du ministère et je viens vous proposer un marché… »

 

OoOoOoOoOoOoO

 

Narcissa réfléchissait à un plan digne d’une Serpentarde pour montrer à Lucius qu’elle existait et qu’elle était plus que prête à faire de leur couple…eh bien, un vrai couple avec les activités nocturnes qui sont fournies. Elle avait beau s’habiller avec classe, lui faire des sourires ou des clins d’œil, rien ne semblait fonctionner. Il n’y avait eu entre eux qu’un baiser et Lucius n’y avait même pas participé. Elle refusait de le croire, mais peut-être Lucius n’était-il pas du tout attiré par elle, malgré les œillades peu discrètes qu’il lui lançait.

Réfléchir à Lucius la frustrait toujours plus qu’autre chose, elle se concentra donc sur autre chose, ses cours par exemple. Ces derniers se déroulaient parfaitement bien, Draco et Harry apprenaient à une vitesse qui ne cessait de l’étonner, surtout Harry. Il suffisait qu’il lise une fois une chose pour la retenir, il était avide de savoir et cela était donc un vrai plaisir d’être son professeur. Pendant les quelques pauses qu’elle autorisait, Harry ne cessait de parler de potion, Severus devait être fier du petit garçon qui semblait aimer les potions encore plus que le maître des potions lui-même.

Harry était un garçon plein de vie ce qui avait un effet des plus positif sur Draco. Elle avait toujours été triste de voir son petit garçon si sérieux pour son âge, aujourd’hui il ressemblait vraiment à un petit garçon et cela faisait plaisir à voir. Elle savait que Lucius avait pris une excellente décision de faire étudier Harry et Draco ensemble mais elle se demandait encore pourquoi ? Après tout, elle savait que Draco avait rencontré Harry pendant ses vacances à Poudlard il y avait de cela deux ans maintenant, mais Lucius, lui, n’en savait rien, elle se demandait donc ce qui avait poussé Lucius à faire cela. Elle espérait au plus profond d’elle-même que ce n’était pas pour entraîner Harry vers le côté du Seigneur des Ténèbres. Elle savait maintenant que l’amitié entre Draco et Harry permettrait à Draco d’être protéger contre le monstre qu’était le maître de son mari mais qui le protégerait lui ?

Et voilà, elle pensait encore à Lucius, décidément, il ne sortait jamais vraiment de son esprit. Il fallait qu’elle lui parle et qu’elle comprenne les motivations de son mari et peut-être qu’après, si les réponses lui convenait, ils iraient plus loin dans leur relation.

 

Elle fut sortie de ses pensées par un hibou qui portait une édition spéciale de la Gazette. Intriguée elle retira le journal de ses serres et le laissa repartir.

 

~*~*~*

Edition exceptionnelle : Le procès de Pettigrow !!

Nous connaissons tous le tragique destin du héros de guerre Peter Pettigrow. Ce dernier, fidèle ami de la famille Potter s’est fait tué par le tristement célèbre Sirius Black, un ancien ami, en essayant de protéger une douzaine de Moldus. Tous nous l’avions cru mort dans la déflagration qui a suivi le sort mortel de Black, qui n’avait laissé du héros que son doigt. Cependant, aujourd’hui le ministère nous annonce qu’ils ont retrouvé Peter Pettigrow, qui est terrifié, depuis l’évasion de Sirius Black, qui semblerait être à ses trousses.

 

« Je suis obligé de me cacher comme un prisonnier au sein du ministère afin de ne pas être retrouvé par Black » Nous as-t-il raconté derrière les barreaux d’une cellule.

 

Pourquoi alors lui faire un procès ? Cela semble irréaliste que nous fassions un procès à ce héros de guerre qui a tenté, au péril de sa propre vie, de sauver des Moldus. Eh bien il semblerait que le directeur de l’école de magie Poudlard, Albus Dumbledore, soit derrière cette triste affaire. En effet, ce dernier affirme que Peter Pettigrow n’est pas ce qu’il semble être et demande son procès.

 

« Dumbledore fait pression sur le ministère depuis maintenant plus de deux mois. Afin que les choses soit clair pour la population sorcière, j’ai décidé de faire un procès publique afin de montrer qu’il est ridicule d’accuser un héros de guerre. »

 

Ce procès aura lieu dans une semaine jour pour jour et nous suivrons en direct chaque interrogation et chaque plaidoyer des deux parties. Ce procès est unique en son genre, en effet, c’est la première fois qu’un héros de guerre est accusé d’avoir pactiser avec le Seigneur des Ténèbres.

~*~*~*

 

Narcissa replia le journal. Ce qui se préparait ne semblait pas de bon augure. Si Dumbledore avait demandé ce procès ce n’était pas pour rien, elle savait que bien qu’il soit vieux, le directeur n’était pas encore gâteux, quoique…
Elle se promit d’être au première loge du procès, Lucius y serait sûrement de toute manière, soit dans les jurés, soit dans la défense. Quel rôle allait-il jouer ? Elle était soucieuse et ne savait plus vraiment quoi penser de ce procès.

 

OoOoOoOoOoOoO

 

La veille du procès, un groupe c’était réuni dans la prestigieuse école de sorcellerie d’Angleterre.

 

« Vous passez pour un excentrique, s’exclama furieuse Minerva.
-Nous avons ce que nous voulions, soupira Dumbledore.
-Avez-vous lu la série d’article qu’on fait sur vous ? C’est horrible, s’écria Molly Wesley.
-L’opinion est clairement pour l’acquittement de Pettigrow, grogna Remus. Pas la peine de faire de procès dans ces conditions là, Fudge fait plus sa promotion qu’il ne fera de procès.
-Vous ne semblez pas inquiet Dumbledore, marmonna Severus.
-En effet, j’ai confiance en la justice.
-L’utilisation du Véritasérum a été proscrit du procès, Pettigrow pourra s’en tirer comme il voudra, continua Remus.
-Sachez que vous pouvez tous être appelé à témoigner, commença Dumbledore, c’est pourquoi j’ai besoin que vous soyez le plus reposé possible, en particulier toi Remus et toi Severus.
-Vous croyiez vraiment que les avocats vont prendre la peine de demander à un Loup-garou et un ancien mangemort de témoigner, demanda dubitatif Remus.
-Nous verrons bien. Pour le moment j’ai réussi à ce que Pettigrow soit étroitement surveillé, les Aurors qui le surveillent font parti de l’Ordre et savent qu’il peut se transformer, c’est pourquoi il est toujours enfermé, je pense que sinon nous l’aurions perdu depuis longtemps.
-Espérons alors que nous n’allons pas perdre demain, soupira doucement Severus. »

 

Sur ces bonnes paroles ils se retirèrent tous du bureau directoriale et retournèrent dans leurs appartements. Severus n’était pas un optimiste de nature, mais vu la tournure des choses, on ne pouvait pas être optimiste du tout. Comment Dumbledore pouvait-il être aussi calme ? Qu’avait-il comme pion dans sa manche pour que Pettigrow soit accusé et Sirius acquitté de toute charge ? Car il avait intérêt à ce que ce soit le cas car sinon, il irait personnellement le torturer jusqu’à ce qu’il avoue être coupable, et ce n’était pas du tout pour innocenter Sirius, ça n’avait rien à voir, juste qu’il n’aimait pas l’injustice. Oui c’était surement ça !

 

Le lendemain, toute la population sorcière semblait s’être donné rendez-vous au ministère, de nombreuses boutiques avaient même fermées pour la journée. Tout l’Ordre, sauf Sirius, était présent, éparpillé aux quatre coins du tribunal afin d’empêcher Pettigrow de s’échapper si jamais il tentait quoi que ce soit.

Comme promis, Narcissa était aussi présente au procès et à son plus grand étonnement, Lucius se tenait à ses côtés, aucun regard en coins entre eux en public mais Narcissa arrivait à sentir que ce dernier était tendu et c’était plutôt étonnant de sa part.

 

Tout les membres du Magenmagot étaient présents, tous dans leur couleur pourpres et leur M brodés sur leur robes étaient assis et semblaient impatients. Le ministre Fudge était assis sur le plus haut siège mais il n’était pas pour autant le juge. Cet honneur revenait au président du Magenmagot qui se trouvait être une femme, Mme Bones. Cette dernière bien qu’ayant un air sévère, semblait impressionnée par la foule.

 

« Je demande la silence, s’écria-t-elle après avoir lancé un sonorus sur ses cordes vocales. »

 

La salle se tut d’un seul coup.

 

« Qu’on fasse entrer le prisonnier. »

 

C’est un Peter Pettigrow, propre et sans entraves qui s’avança lestement vers la chaise qui lui était réservée.

 

« Mr Pettigrow, on vous accuse d’avoir trahi la famille Potter les conduisant vers une mort certaine, ainsi que du meurtre de 12 moldus puis de vous être fait passer pour mort pendant ses 7 dernières années. Que répondez-vous à ces accusations ?
-Non coupable, répliqua haut et fort Peter. »

 

Dumbledore savait que ce procès pouvait tourner largement en sa défaveur puisque Peter savait que Sirius était à Poudlard, si jamais la population sorcière apprenait qu’il hébergeait un meurtrier avec la plupart des enfants, s’en était fini de la confiance de tous en ses capacités de directeur.

 

« Bien Mr Pettigrow, donnez nous votre version des faits dans ce cas ?
-Comme vous le saviez tous, puisque c’était de notoriété publique à l’époque, je n’étais pas le gardien du secret des Potter, il s’agissait de Sirius Black. De plus James Potter était un ami très cher pour moi et jamais je n’aurais pu lui faire le moindre mal, expliqua-t-il une larme au coin des yeux. »

 

Remus fulminait, comment pouvait-il être aussi sûr de lui ce traître ? Jouez la comédie d’une telle façon ne lui ressemblait pas du tout, qu’était-il arrivé au Peter de sa jeunesse à Poudlard, le timide et renfermé Peter ? Il avait disparut pour laisser place à un être humain de la pire espèce. Restez assis là et regarder Pettigrow dire autant de mensonges lui donnait des envies de meurtres. Heureusement Sirius n’était pas là, sinon il l’aurait achevé sur place pour ce qu’il venait de dire.

 

« Pourquoi avoir fait croire à vôtre mort ? Demanda alors la juge Bones.
-J’avais peur, je connais Sirius depuis Poudlard et je savais de quoi il était capable, la preuve est qu’il a réussi à s’échapper d’Azkaban, ce que personne n’a jamais fait !
-Oui mais il ne s’en est échappé que depuis plusieurs mois, pourquoi être resté caché pendant plus de 7 ans ? »

 

Dumbledore se demanda si Pettigrow allait dévoiler son secret où s’il allait encore le garder ? Après tout être un animagus non déclaré lui avait permit d’échapper à la justice, s’il révélait ce secret il ne pourrait plus se cacher aussi facilement.

 

« J’ai construit ma vie ailleurs où j’étais sûr qu’on ne me retrouverait pas. Vous savez au début c’était très dur mais aujourd’hui j’ai trouvé un certain équilibre et c’est pour cela que je n’ai rien dit. C’est Dumbledore qui m’a forcé à sortir de ma nouvelle vie en me jetant en prison au ministère. »

 

De nombreux sifflements de mécontentement se firent entendre dans le tribunal. Dumbledore se contenta de rester fixer sur Peter qui commençait à se sentir un peu mal à l’aise.

 

« Bien. Je vous laisse aux mains de Sonia Ernet, magistrate pour la partie adverse.
-Merci madame le juge. »

 

Sonia était assez nerveuse, bien qu’étant rodée au niveau des tribunaux, un procès de cette ampleur la mettait plutôt mal à l’aise. Il n’y avait jamais eu autant de monde à ses autres procès et si jamais elle n’arrivait pas à le faire condamner, sa carrière serait sûrement mise à mal. Elle n’avait qu’un seul témoin pour cette affaire contre toute une population persuadée que cet homme était un héros.

 

Aujourd’hui, tout dépendait de son plaidoyer…

 

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