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au 10 Mai 20 :
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Shade
Par Drakky
Originales  -  Action/Aventure/Bisounours  -  fr
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    Chapitre 3     Les chapitres     17 Reviews     Illustration    
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Eon

Bonjour/soir !

 

Enjoy !

 

*

 

 

Le navire atteignit les eaux du port de Lamira en début d'après-midi. Ce dernier, étriqué, permettait l'accostage simultanée de tout au plus trois bateaux de commerce. Et encore, si on savait bien manœuvrer.

 

Sur le pont, Eon regardait sans la voir la petite place face au port. Le monde grouillait dans les quelques dizaines de mètre carré de terre battue. On s'invectivait, on marchandait, on déchargeait des caisses de tissus, d'épices et de grains. De là où il était l'homme pouvait entendre des bribes d'Ilérosyiens corrompu par la langue de ce peuple qu'il détestait plus que tout au monde. Les jahandarans.

 

Pourtant il était là, chez l'ennemi.

 

On tapota son épaule.

 

-Prépares toi. Nous y sommes. Fais semblant de décharger quelques caisses et, à mon signal, suit les autres.

 

Eon hocha la tête. Ses doigts cherchèrent quelques secondes le contact rassurant du peigne d'os qu'il avait caché sur sa poitrine. C'était son bien le plus précieux. C'était la seule chose qu'il voulait amener avec lui dans la mort.

Il repensa quelques secondes à la jeune oracle qu'il avait consulté lors de leur escale à Polaris. « Vous allez mourir » avait-elle dit.

 

Malgré le soleil qui frappait fort, un frisson le parcourut. Il enfila le couvre-chef préféré des marins : un béret de laine grossière qui, à défaut d'être esthétique, possédait l'avantage de protéger son crâne des rayons du soleil et ses cheveux trop clairs des regards scrutateurs. Fort heureusement, la traversée de l'Océan Apseus avait donné à sa peau pâle des reflets de miel masquant un tant soit peu ses origines aragoniennes. Prenant tout son temps, il se mêla aux marins qu'ils avaient engagé pour parfaire leur couverture.

 

Petit à petit, ils se mirent à décharger les tonneaux de vins de mûre qui emplissaient les cales. Le manège dura plusieurs heures, Eon en était trempé de sueur. Le travail physique ne lui faisait pas peur habituellement mais il n'avait jamais travaillé sous une chaleur aussi intense. Comment faisaient-ils ses diables de jahandaran pour vivre perpétuellement sous un tel soleil de plomb ?

 

Il repensa à son pays : ses immenses forêts à perte de vue, la neige qui les recouvrait et peinait à fondre entièrement même au plus fort de l'été. Son cœur se serra. Il ne les reverrait plus jamais. Ni les forêts, ni la neige et encore moins Alana. Douce et belle Alana.

 

Du coup de l'oeil, il repéra un mouvement inhabituel sur sa gauche. Cinq marins avaient lâché leurs caisses pour traverser tranquillement la place. Il déposa à son tour sa marchandise et les rejoignit dans l'indifférence générale.

 

L'homme qui avait tapoté l'épaule d'Eon un peu plus tôt prit la tête de la marche, un tonneau de vin sur l'épaule. Il les guida à travers les petites ruelles miteuses de la ville. Des odeurs de poissons grillés et d'épices firent tourner la tête de l'aragonien. Une vieille sensation, maintes fois éprouvée creusa son ventre. La faim. Comme d'habitude il l'ignora royalement.

 

Les gens passaient à côté d'eux sans même leur jeter un regard. Après tout, qu'y avait-il d'étrange à voir un groupe de marin profiter des quelques heures que durait leur escale pour visiter la ville et s'enivrer avec le vin qu'ils avaient si durement transporté ? Finalement l'homme à la tête du groupe jeta son dévolu sur une petite auberge.

 

Comme prévu, l'endroit était désert. Eon suivit le mouvement quand l'aubergiste fit le tour de son comptoir crasseux pour ouvrir une portedans le fond de la salle.

Ils gravirent un escalier étroit qui les obligea à progresser l'un derrière l'autre et atterrirent dans une salle spacieuse simplement meublée d'une table en bois. Pas de fenêtres, pas d'autre porte. Juste quelques bougies sur la table. C'était parfait.

 

Sans un mot, l'homme qui portait le tonneau le posa au sol. Il en fit glisser le couvercle révélant son contenu. Des armes. Ils s'équipèrent chacun leur tour et l'attente commença.

 

L'aubergiste vint leur apporter du vin sucré et d'étranges pains plats avec un parfum d'épices indéfinissables. Ça avait l'air bon mais ils n'y touchèrent pas. Ils étaient en territoire ennemi.

 

Les hommes qu'ils attendaient arrivèrent au bout de ce qu'il semblait une éternité. A la vue de l'uniforme des soldats jahandarans, Eon fut prit d'une brusque envie de saisir son épée. Il se maîtrisa avec beaucoup d'effort et attendit calmement que celui qui les devançait -leur chef probablement- prenne la parole.

Ce dernier, un type grand et maigre avec un sourire moqueur très agaçant, s'adressa à eux en aragonien mais avec un accent à couper au couteau.

 

-Nous devons faire vite, il faut que vous soyez parti dans une heure au maximum. Les autres arrivent aussi.

 

Il fit un signe de la main et un homme qui n'était pas habillé en soldat s'avança avec milles précautions. Avec sa peau brune, sa barbe noire et ses vêtements de lin, il avait tout du simple jahandaran. Il posa sur la table le paquet soigneusement recouvert d'un drap sombre qu'il portait avec difficulté.

 

Il déballa sa marchandise et leur présenta non sans fierté les six uniformes de l'armée aragonienne qu'il avait passé tout un mois à confectionner dans le plus grand secret. La vue du cerf d'argent, source de tant de fierté pour Eon, ne lui laissa cette fois qu'un vague goût amer dans la bouche. Ils se levèrent et se vêtirent chacun leur tour, abandonnant leurs frusques de marins. Bientôt le soldat qui s'était adressé à eux en premier eut un sourire appréciateur.

 

-Parfait. Ne manque plus qu'une chose.

 

Il fouilla dans une de ses poches et en tira une lettre au sceau brisé.

 

-Assurez vous qu'on la trouve. Nous allons vous escorter jusqu'au palais. Des chevaux attendent à l'entrée de la ville.

 

Alors qu'ils s'apprêtaient à redescendre l'escalier, le chef des soldats jahandarans adressa un étrange signe à ses homme. Figé de surprise, Eon vit l'un des soldats saisir le poignard à sa ceinture et transpercer la gorge du tailleur jahandaran dans le même mouvement fluide. L'homme s'écroula au sol dans un borborygme nauséeux alors qu'un flot de sang s'échappait de la plaie.

 

-Pas de témoin. Précisa inutilement le chef jahandaran avec son sourire mauvais. Suivez nous.

 

Un autre soldat fit subir le même sort à l'aubergiste et ils quittèrent l'établissement. Une marche rapide dans les rues désertes de la ville les amenèrent aux chevaux cachés derrière le mur d'une ferme à l'extérieur des portes. Ils prirent quelques minutes pour les harnacher de vert et d'argent et finalement, les aragoniens et leur escorte empruntèrent la route royale qui menait au palais de Sajara.

 

*

 

 
 
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