manyfics
     
 
Introduction Les news
Les règles Flux RSS
La Faq Questions
Concours Résultats
ManyChat Plume & Crayon
Boutique & Goodies ManyBash
BetaLecture Nous aider
Les crédits
 
     

     
 
Par date
 
Par auteurs
 
Par catégories
Animés/Manga Comics
Crossover Dessins-Animés
Films Jeux
Livres Musiques
Originales Pèle-Mèle
Série ~ Concours ~
~Défis~ ~Manyfics~
 
Par genres
Action/Aventure Amitié
Angoisse Bisounours
Conte Drame
Erotique Fantaisie
Fantastique Général
Horreur Humour
Mystère Parodie
Poésie Romance
S-F Surnaturel
Suspense Tragédie
 
Au hasard
 
     

     
 
au 10 Mai 20 :
29044 comptes dont 1303 auteurs
pour 4059 fics écrites
contenant 15140 chapitres
qui ont générés 24474 reviews
 
     

     
 
Shade
Par Drakky
Originales  -  Action/Aventure/Bisounours  -  fr
8 chapitres - Complète - Rating : T (13ans et plus) Télécharger en PDF Exporter la fiction
    Chapitre 6     Les chapitres     17 Reviews     Illustration    
Partager sur : Facebook | Twitter | Reddit | Tumblr | Blogger
Shaheen

Bonjour/soir !

 

 

*

 

 

Shaheen

 

On le ramena dans ses appartements. Il ne savait pas qui. Il avait l'impression d'avoir de la fièvre. Ses membres glacés s'agitaient tout seuls, en proie à des tremblements incontrôlables. Pourtant, en même temps, sa nuque et son dos étaient trempés d'une sueur brûlante.

 

Des esclaves lui apportèrent de l'eau et des fruits sucrés, on tenta de l'éventer puis de lui proposer des couvertures et du feu. L'odeur de sang qui imprégnait ses vêtements se faisait aigre et écœurante mais il refusa qu'on le lave. Il finit par tous les chasser même si la solitude de sa chambre ne lui apporta pas non plus de soulagement.

 

Il ne percevait de l'agitation qui régnait dans le palais qu'un murmure, étouffé par les murs et les tentures épaisses. Il ferma les yeux, assis à même le sol, et resta ainsi de longues heures.

Sa tristesse se mit à refluer doucement alors que la lune déclinait dans le ciel sombre. A la place, une rage glaciale et insatiable se mit à grignoter son âme.

 

Il pensa au blason cousu sur les tuniques de cuir des meurtriers de sa famille : un cerf d'argent sur un fond émeraude.

 

Le blason d'Aragon.

 

La délégation devait amener la réponse de Tristan, ce fameux prince qui avait perdu Alès, dix ans auparavant, aux mains d'Ashkan.

 

Tout le monde savait que lors de cette guerre, le prince aragonien n'avait pas seulement perdu un territoire stratégique : la bataille de Camlonn lui avait coûté la vie de son père, alors roi. Honteux de sa défaite et haït par son peuple, le jeune héritier avait renoncé au trône au profit de sa sœur Lumen.

Il se terrait désormais dans sa forteresse de Mélion et d'étranges rumeurs circulaient à son sujet et parvenaient parfois jusqu'au palais de Sajara. On le disait devenu fou et empli de rage au point de priver de nourriture ses propres sujets et les laisser mourir de faim.

 

La réponse du prince était claire ainsi. De toute évidence, malgré le traité de paix signé précipitamment par sa sœur pour éviter davantage de pertes, il avait considéré la demande de mariage venant de Sajara comme une insulte et le sang qui souillait maintenant les tapis de la salle du conseil était une déclaration de guerre en bonne et due forme.

 

Une bouffé de colère et de passion saisit brusquement Shaheen qui se leva, agité. Si la guerre contre Aragon était déclarée, il voulait en être. Il serait même en première ligne, vengeant chaque goutte du sang de sa famille avec la mort de dizaines de soldats aragoniens.

C'était de cette manière là qu'il ferait son deuil. La tristesse qui comprimait ses tripes ne s'évanouirait que lorsqu'il planterait son cimeterre dans la poitrine de ce prince cruel et fourbe.

 

Les lueurs blanchâtres de l'aube commençaient à peine à teinter les murs quand Amir se présenta devant sa porte.

 

-Il faut que tu viennes Shaheen.

 

Il hocha la tête et s'avança vers son frère sans une pensée pour ses vêtements de cérémonie souillés. Trois gardes se tenaient derrière le nouveau roi, la main sur le pommeau de leur sabre. Shaheen s'arrêta brusquement, surpris.

 

-Nous les avons fouillés, ce n'étaient pas des messagers du Prince.

 

La voix de l’aîné était éteinte, il ne le regardait pas dans les yeux.

 

-La véritable délégation d'Aragon vient tout juste d'arriver. Les meurtriers étaient des mercenaires et quelqu'un les a payé pour faire ça.

 

-Qui ?

 

Un étrange frisson parcourut les épaules du jeune prince. Les soldats le regardaient avec hargne. Son frère avait baissé la tête, abattu.

 

-Nous avons trouvé une lettre leur expliquant comment se faire passer pour la délégation officielle et à quel moment ils devaient arriver pour réussir à accéder au roi et ses plus proches conseillers avec un minimum de gardes.

 

Un moment de silence. La tension était palpable chez les soldats qui semblaient n'attendre qu'un mouvement de la part d'Amir pour sauter sur le jeune prince, arme au poing.

 

-Cette lettre portait ta signature, Shaheen. Tu es accusé de régicide, meurtres de membres de la famille royale et trahison envers ton royaume et ton rang. Ces gardes vont t'escorter jusqu'à la salle du procès.

 

Puis il eut un mouvement de recul, celui que tous attendaient avec impatience. Les hommes attrapèrent brutalement Shaheen qui se débattit avec vigueur.

 

Il hurla, ivre de rage, durant toute la traversée du palais.

 

Ce n'était pas possible. Il y avait une erreur. Un complot. Ne voyaient-ils pas qu'on l'accusait à tort ? C'était le prince aragonien ! Il avait tout orchestré pour faire accuser quelqu'un d'autre et ainsi s'en tirer sans représailles. Comment pouvaient-ils croire une seule seconde qu'il était capable de faire tuer sa propre sœur !?

 

Malgré ses cris et sous la contrainte, Shaheen arriva finalement à la salle de jugement royal. Au centre de la pièce circulaire se tenait un petit bassin de pierres rempli d'eau claire : la Fontaine de la Justice dont on prétendait qu'à l'époque où le palais avait été construit, elle auréolait d'un brouillard sombre le reflet des coupables. Maintenant, c'était une simple flaque d'eau sans grand intérêt. Les yeux verts du jeune prince restèrent néanmoins fixés sur une autre particularité de la pièce. Là, juste à côté du bassin, une lourde chaîne de métal était fixée à un bloc de pierre : c'était l'endroit où on attachait les personnes jugées.

 

Les gardes le dirigèrent vers la chaîne.

 

Un sursaut de fureur et d'indignation lui permit presque de réussir à s'échapper en frappant au visage un des soldats. Il sentit la menace d'un sabre sur sa poitrine et ce fut la seule chose qui l'empêcha de lâcher sa colère sur l'homme en uniforme.

 

Deux autres gardes venus pour prêter main-forte le tirèrent violemment par le bras et la froideur du métal autour de son poignet le plongea dans une honte insupportable.

 

Il bouillait littéralement sur place toujours menacé par une lame contre sa nuque et contraint par la longueur de la chaîne de rester accroupis comme un vulgaire meurtrier. Néanmoins, il se débattit suffisamment pour que les gardes abandonnent l'idée de lui attacher l'autre poignet.

 

De l'autre côté du bassin se tenait un siège destiné à accueillir les témoins venus pour plaider son innocence ou sa culpabilité tandis qu'en face trônaient les trois fauteuils dorés du jury sélectionné pour le juger.

 

Tout ceci était une farce.

 

Il cria à nouveau son innocence à la dizaine de soldats présents dans la salle comme si cela pouvait changer quelque chose. Sa voix en était devenue rauque et brisée.

 

-Faites le taire immédiatement !

 

Les trois jury arrivèrent. Il s'agissait d'Amir au visage grave et fermé, Rhyda dont l'épaule était bandée et les yeux rouges de larmes et enfin celle qui avait parlé : Sharzad drapée de son arrogance habituelle.

 

Ils s'installèrent sur les fauteuils dorés tandis qu'un soldat menottait l'autre poignet de Shaheen et qu'un autre enfonçait un carré de tissu dans sa bouche. Non, sans s'être fait mordre sévèrement les doigts.

 

Shaheen tenta de croiser le regard de son frère puis de Rhyda, essayant de leur faire comprendre qu'ils avaient tout faux et qu'on les manipulait mais ils conservèrent leurs yeux froidement posés sur les portes d'entrée.

Celles-ci furent ouvertes et les membres de la cour entrèrent par dizaines et se pressèrent contre les murs. Habituellement les jugements se faisaient à huis-clos, aussi la pièce n'était pas prévue pour du public. De ce fait, les premiers spectateurs ne se trouvaient qu'à un ou deux pas de Shaheen. Il entendit quelqu'un cracher à quelques centimètres de son genou avant qu'un soldat ne le fasse sortir mais c'était trop tard, il se sentait humilié jusqu'au plus profond de son âme et des larmes d'impuissance commencèrent à s’agglutiner sous ses paupières.

 

*

 
 
Chapitre précédent
 
 
Chapitre suivant
 
 
 
     
     
 
Pseudo :
Mot de Passe :
Se souvenir de moi?
Se connecter >>
S'enregistrer >>