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au 10 Mai 20 :
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Shade
Par Drakky
Originales  -  Action/Aventure/Bisounours  -  fr
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    Chapitre 5     Les chapitres     17 Reviews     Illustration    
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Tristan

 Bonjour/soir !

 

*

 

Tristan

 

Tandis qu'il laissait son regard embrasser l'horizon immaculé des Forêts Glaciales, Tristan entendit la voix de son père résonner dans son crâne.

 

Les terres sur lesquelles s'est implanté le peuple d'Aragon sont loin d'être hospitalières. Mais les Hommes se sont adaptés à ces terres et ils sont devenus aussi farouches et sauvages qu'elles.

Ces hommes ne te serviront pas, Tristan, c'est toi qui dois les servir et leur prouver que tu mérites ta couronne car tu es le meilleur d'entre eux.

 

C'était comme si son père était encore là, adossé avec lui au muret du chemin de ronde de la forteresse, tandis qu'il lui dispensait ses enseignements sur l'art d'être un bon roi.

 

Le prince baissa la tête.

 

-Pardon père. J'ai échoué.

 

Un petit vent froid lui répondit en s'insinuant entre ses fourrures pour le faire frisonner.

 

L'horizon était encore blanc de la neige tombée en abondance cet hiver mais la forêt autour du château avait commencé à retrouver sa parure d'aiguilles. C'était comme si un tapis de velours vert sombre enlaçait tendrement la forteresse et la ville adossée à ses remparts pour les protéger du froid environnant.

Les animaux sauvages devaient commencer à sortir se dégourdir les pattes après ce trop long hiver et ce bref printemps. Pendant quelques secondes, le prince songea au plaisir qu'il aurait à être transformé à loup. Simplement courir. Hurler à la lune. Dépecer un ou deux lapins quand la faim se faisait sentir. Aucune responsabilité.

 

Tristan fut interrompu dans sa contemplation par un petit toussotement. Agacé, il découvrit l'air moqueur sur le visage taillé à la serpe de Robyn.

-Vous rêvassez, Sire Tristan ? Cela fait bien quinze ans que je ne vous avais plus surpris ainsi.

-Probablement plus encore. Et d'ailleurs j'en avais bien besoin. J'espère que tu m’annonce au moins la mort de quelqu'un pour oser venir m'interrompre.

Le sourire mutin de Robyn s'évanouit presque aussitôt. Son visage se ferma. Le prince sentit ses propres traits se décomposer. Il prit une grande inspiration et fit son possible pour que sa voix restât ferme et assurée.

-Qui ?

-Le jeune fils de Guymar, l'apothicaire. Il est venu en salle du trône nous l'annoncer en personne. Il y est toujours.

Le jeune seigneur contempla une dernière fois avec envie le tapis velouteux des forêts sauvages et finit par se tourner vers Robyn, le front soucieux.

-Une maladie ?

-Oui. Son père à pourtant utilisé toute sa science et ses herbes pour le soigner mais les enfants nés depuis quelques années sont faibles et leurs os grandissent mais ils sont aussi fragiles que des tiges de fleurs.

Tristan hocha gravement la tête.

-Je sais.

Il passa une main sur son visage fatigué, marqué par les insomnies et la culpabilité.

-Mon peuple meurt à petit feu. Résuma-t-il tandis que Robyn baissait les yeux au sol. Il meurt et moi, je ne peux rien faire.

D'autres chevaliers les rejoignirent. Ils s'amassèrent autour du prince, attendant ses ordres.

-Guymar a ramené un petit attroupement avec lui. Annonça sombrement Oswyn sur sa droite. Ils vous attendent.

Réalisant qu'il n'avait pas d'échappatoire, Tristan quitta à contre-coeur le chemin de ronde pour s'enfoncer dans les entrailles de sa forteresse vers la salle du trône.

Cette dernière n'était pas bien grande, ni bien décorée d'ailleurs. Des murs de pierres, quelques torches, un simple siège de métal fiché en plein milieu d'une petite estrade à un bout de la pièce et, en guise de seule décoration, un bouclier gravé du blason d'Aragon qui surplombait l'estrade.
Mais ce n'était pas important, Mélion était une ancienne forteresse de guerre et pas un palais d’apparat tout enluminé d'or.

La dizaine hommes qui attendaient de pied ferme leur prince suffisait presque à emplir la pièce. Une fois que la garde princière vint à son tour se placer près du siège seigneurial, Tristan eut la sensation de se sentir étouffer tant l'espace lui semblait soudain trop étroit.
Il rejoignit son "trône" en essayant tant bien que mal de faire abstraction des regards de haine qu'on lui lançait.

Un des hommes s'avança. Ses yeux étaient encore rouges de larmes. Tristan ne lui fit pas l'affront de lui demander son nom.

-Au nom de ma sœur, la reine, et le mien, je tiens à vous assurer que nous partageons votre peine, cher Guymar. Nous sommes désolés de ce terrible drame. Si nous pouvons faire quoique ce soit pour alléger votre souffrance...

L'homme rejeta l'offre d'un mouvement brusque de l'épaule. Il avait l'air d'un fou avec ses yeux brillants et les tics nerveux qui agitaient ses mains.

 

-Je me fiche de combien vous partagez ma peine. Cela ne me rendra pas mon fils !

Robyn fit un pas vers lui, la main sur l'épée.

-Le Sire Tristan est votre prince. Vous devez vous adressez à lui avec respect !

Le jeune seigneur leva une main pour apaiser son chevalier. Robyn recula mais il ne lâchait plus le provocateur des yeux et sa main restât agrippée au pommeau de son arme.

-Quelle est votre requête ?

-Ma requête ? L'apothicaire eut un rire nerveux. Ma requête, cher prince, est des plus simples. Nous -il désigna les hommes derrière lui- demandons de la nourriture pour nos familles, nous demandons du bois pour chauffer nos maisons et nous demandons des plantes médicinales qui ne poussent pas sur cette foutue terre afin que plus aucun de nos enfants ne meurt de maladie ! En sommes, nous demandons d'arrêter de payer pour cette satanée guerre que vous n'avez pas été foutu de gagner !

Une clameur monta parmi les hommes. Plusieurs chevaliers saisirent leurs épées tandis que Tristan devenait livide en apercevant la conclusion funeste que tout ceci annonçait.

Il se leva pour calmer ses soldats et descendit de l'estrade pour venir se placer face à Guymar. Une détermination farouche habitait les yeux sombres de l'apothicaire. A ce moment précis, Tristan eut l'impression que le père de famille se fichait de mourir ou finir en prison. Il se tenait, droit et fier, en homme qui n'avait plus rien à perdre, drapé dans ses fourrures sombres de deuil.


Ils ne te serviront pas.

 

Les mots résonnaient en Tristan. Ils se répercutaient dans sa poitrine et trouvaient un écho quelque part dans ses tripes.

 

Il était temps. Il était plus que temps de commencer à les mettre en application. Le jeune prince s'était gardé depuis bien longtemps à agir en meneur l'homme. Il était conscient qu'il n'en avait ni l'étoffe, ni la réputation. Il l'avait magnifiquement prouvé dix ans plus tôt à Camlonn.

Depuis il avait laissé la situation se maintenir telle quelle était, se contentant d'écouter d'un air absent les plaintes de son peuple et maudissant le funeste jour qui l'avait mis à cette place là.

Pourtant, il savait qu'il pouvait -qu'il devait- agir. Il attendait simplement le bon moment. Le moment où son peuple lui ferait confiance et le regarderait avec respect. Ce temps allait arriver sous peu et mettre un terme à sa culpabilité pour les fautes passées.

 

Il planta son regard dans celui haineux de Guymar.

 

-Je pourrais vous faire exécuter pour ce que vous venez de dire. Commença-t-il avec froideur.

 

Un silence de mort s'empara de la salle.

 

-Mais je ne le ferais pas car vous dites vrai.

 

L'étonnement se peignit sur les visages tandis que Tristan avançait en dépassant l'apothicaire pour s'adresser à ses sujets.

 

-Vous avez tous fait preuve de courage en venant m'annoncer cette vérité malgré le risque d'être accusés de trahison. Je vous en remercie et c'est à mon tour de faire preuve de bravoure en prenant mes responsabilités et en m’attelant à la tâche qui m'incombe : servir mon peuple et garantir sa protection. D’ici quelques jours, une nouvelle nous parviendra de Sajara. Je peux d'ores et déjà vous annoncer que ce sera une bonne nouvelle et qu'elle signera la fin de nos tourments.

 

Des exclamations surprises. Tristan se dressa de toute sa hauteur.

 

-En attendant, je sais que l'hiver a été dur et que l'été se fait attendre. Dès demain j'irais avec mes hommes couper plus de bois pour les réserves du château et chaque homme et femme sous ma protection pourra venir se servir à sa guise. J'irais aussi contrôler l'avancée des travaux sur le moulin qui a été détruit durant la tempête afin d'être sûr qu'il soit réparé d'ici la nouvelle lune. Nous devons aussi dégager la neige qui obstrue la route royale, toute aide sera la bienvenue et je recruterai des volontaire en fin de semaine. Nous allons rendre à Aragon sa grandeur passé. Et nous commençons dès ce jour.

 

Il n'y eut pas de hourra ou d'applaudissement, mais Tristan s'y était attendu : les aragagoniens n'étaient pas très démonstratifs. Il prit le silence respectueux pour une petite victoire et sentit l'ombre d'un sourire venir éclairer quelques secondes son visage.

Ce dernier disparut presque aussitôt quand il se tourna à nouveau vers Guymar. Il posa sa main sur l'épaule de l'apothicaire.

 

-Je vais venir avec toi. Poursuivit-il à voix basse. Je vais t'aider à veiller et enterrer ton fils avec tous le respect et les honneurs que mérite un enfant d'Aragon.

 

L'autre le regarda un long moment sans rien dire. Le jeune seigneur eut presque l'impression qu'il cherchait à lire dans son esprit.

Il hocha finalement la tête, raide comme un piqué.

 

-Soit. Dit-il simplement.

 

Et il n'y avait plus de haine dans ses yeux.

 

*

 
 
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